Mon rêve de Guyane

28 janvier 2015 de Maurice Pindard

Comme prévu Idéal Guyane publiera pendant quelques temps des contributions d’amis sur le thème du Rêve. C’est Alsaxa qui nous fait partager aujourd’hui « Mon rêve de Guyane ».

Hier soir j’ai rêvé de ma Guyane… A mon réveil, rien que des morceaux de Guyane et puis les infos à la radio au petit matin pour me ramener à la réalité. Comme il est plus dur d’écrire son rêve que de le vivre j’aurais aimé vous y emmener plutôt que d’avoir à vous le raconter. Mais il n’existe que dans ma tête où du moins je le croyais jusqu’à ce que quelqu’un d’autre me raconte le sien.
J’ai rêvé d’une Guyane où le peuple serait instruit selon cette ancienne formule si régénératrice pourtant, qui veut que ne soit pas séparées science, spiritualité et pratique d’une activité physique. Parce qu’en dissociant les savoirs et les pratiques on oblige l’être à se spécialiser et ainsi on l’ampute de sa capacité à vivre son unité universelle profonde
Toi aussi, lui dis-je, tu rêves de cela ?
Non ce n’est tout simplement pas possible.
To té la annan mo rèv ! Atò kisa to té ka fè pou mo pa wè to.
Mo té ka révé ! to menm osi ! Mo pa té annan topa, mo té annan mopa rèv !
épi kisa ankò !
Kisa to té ta révé, kisa to té ka wè ?

J’ai vu un peuple instruit où du plus grand au plus petit, tous œuvraient à ce que les infrastructures toujours anticipent les besoins en déplacement des populations et orientent ce besoin de façon à faire sens avec notre volonté de vivre ensemble. Et j’ai vu un peuple où dès le plus jeune âge on apprend aux enfants à bannir le mot  » impossible  » ou « difficile » ou « compliqué » de leur vocabulaire, de leur mode de pensée.
Alors ma Guyane a commencé à briller sur la pointe Est de l’Amazonie. Elle a brillé parce qu’elle devenait jour après jour plus hospitalière, elle s’offrait à travers un réseau de transport fluvial de personnes permettant d’aller et venir à toute heure et sans contraintes en toute sécurité d’une ville à l’autre. Nos fleuves étaient devenues des « permavoies » où l’on apprenait à se connaître, à se respecter, à échanger. Un grand chantier de canal reliant l’Oyapock au Maroni venait de démarrer qui offrait travail et dignité à toute une industrie du BTP : Le fleuve Respibo naîtrait de l’Amazonie guyanaise, comme un chemin inaltérable, une marque laissée au présent pour dire au passé : nous avons compris tes leçons. En même temps que se développait la navigation fluviale intérieure, de nouveaux modes de déplacement seraient testés ici chez nous, au fil de l’eau. Ah! Ma Guyane, riche de sa diversité humaine, offrait enfin au monde ce à quoi elle a toujours été destinée : Faire exister la quintessence de l’esprit humain tourné résolument vers l’émancipation de l’Homme par le savoir, la connaissance et la spiritualité.
Le Pétrole, dans mon rêve!
Il arrive trop tard !
Déjà ! Je suis éveillé ! C’est pas vrai …
AAAAAh! lésé mo révé !
Du coup, les voitures sont des vestiges d’une époque révolue où l’Homme se cherchait encore. Du coup, nos routes, délabrées, bitumées, apparaissent elles aussi si lointaines.
Attend, il y a des gens qui s’y promènent avec des audio-guides qui racontent comment tous les 5 ans il fallait revenir à l’ouvrage pour empêcher la nature de nous submerger. Tout le monde sourit !
Non ! définitivement non ! Ma Guyane je te vois plus forte et plus splendide que tout simplement enrobé de ce gris bitume après lequel tu cours à retardement comme pour te convaincre d’être au goût du jour…
En phase avec ton temps, ma Guyane je te vois en avance ou tu disparaît. Je vois des hydroglisseurs qui relient toutes les villes de la côte à des vitesses permettant d’assurer un Cayenne-St Laurent en 20 minutes. Et pour le reste, se déplacer pour voir quoi, se déplacer pour voir qui, quand le monde entier est connecté à cette matrice de conscience collective, Gaya-na.
Eh , oh réveilles-toi !
Lévé mo di to !
Annou ! lévé !
Kisa i gen ankò.
Enben to té ka palé pannan to té ka dronmi monfi !
Bien sûr je rêvais. Et alors ! Tant pis pour ceux qui ne rêvent plus.

Ouais bon ! Mais à la base c’est moi qui voulais te raconter mon rêve et je m’en souviens plus.
Peut-être une autre fois je te le raconterai, si ça me revient…

Réagir

Post a Comment

Your email is never published or shared. Required fields are marked *

  1.