Idéal Guyane à Maripasoula et Papaïchton

19 janvier 2015 de Maurice Pindard

Comme prévu, la quatrième rencontre publique a eu lieu sur les bords du Haut Maroni, les 16 et 17 janvier 2015. La pluie était au rendez-vous et il fallait être motivé pour venir écouter la quatrième conférence-débat dont le titre était « De l’Idéal au Rêve ». Certaines personnes pensaient même que la manifestation était annulée. Et bien que le message ait largement circulé dans les foyers, le conférencier a exposé le thème devant une quinzaine d’assistants à Maripasoula tandis qu’à Papaichton il s’agissait d’avantage d’une causerie devant une poignée de courageux qui avaient bravé les intempéries.

Comme dans les rencontres précédentes, la démarche du Blog Idéal Guyane interpelle de prime abord. Ensuite au fur et à mesure du développement des idées, l’assistance admet puis comprend. Une partie adhère déjà.

La question de l’Idéal d’abord puis surtout celle du rêve provoque le questionnement. Mais une fois admise cette possibilité intellectuelle que nous avons, nous aussi en tant que Guyanais, de partager nos rêves, l’assistance s’est livrée au jeu et chacun a décliné le sien. Bien sûr, en se projetant d’abord sur son territoire, la vallée du Haut Maroni.

L’une des aspirations les plus fortes est celle de voir les communes de l’intérieur reliées par voie terrestre au reste de la Guyane. La route Belizon-Saul-Maripasoula par exemple. Sur la question de l’éducation, la création d’un lycée polyvalent à Maripasoula est revenue, vécue comme un mirage. Au passage, la faible participation des enseignants guyanais à l’éducation des enfants de l’intérieur a été soulignée. Le problème des communications est mis en exergue, dans un pays qui lance les satellites, comme un souhait basique qui vire au cauchemar quotidien : avoir le téléphone et internet régulièrement et non pas par à-coups, pouvoir passer une communication hors des limites des bourgs ou sur le fleuve. Une des personnes présente émet le rêve du changement des mentalités, notamment pour que les habitants de Maripasoula qui arrivent à Cayenne ne soit pas tous considérés sous le vocable caricatural de « Samaka ». La circulation des marchandises a été évoquée, plus de trente euros la caisse de cuisses de poulet, 40-50 euros la bouteille de gaz, le prix de affrètement d’une pirogue depuis St Laurent, le prix du fret sur la compagnie aérienne, celui du carburant. Le déficit en service public et la carence de ceux qui existent sur place ont été pointés du doigt.

Finalement, les frustrations diverses accumulées nourrissent des rancœurs vis à vis des gens de la côte au point qu’à Papaïchton notamment, un ami considère qu’il y a un préalable au rêve commun des guyanais. Il faut faire disparaître ces différences de niveau de vie inacceptables entre les habitants d’un même pays pour qu’ils puissent se parler tranquillement, sans rancune et pouvoir, après, rêver ensemble.

Les élus ont été pris à parti dans le sens où ils seraient les guides de la population qui les a mis en place et ne rempliraient pas leur mission. On a tendance à s’en remettre à eux, à les rendre responsables de notre propre immobilisme. Un intervenant a souligné pour sa part que l’implication des citoyens était primordiale et qu’ils pouvaient user de leur droit à manifester, à interpeller, à bloquer.

Une partie de l’exposé a capté l’attention à Papaïchton, c’était la lecture des paroles de l’Hymne à la Communauté de Destin Guyanaise. Les participants ont unanimement salué le texte et lui ont souhaité bon vent.

Nous retiendrons, en conclusion, l’appel à des conférences publiques au micro dans la rue afin de « dire au gens qu’ils peuvent rêver et qu’ils en ont le droit ».

La parole a été posée, plantée au bord du Haut Maroni et l’assistance a commencé à l’arroser. Chacun a convenu de la faire circuler. Un auditeur de Papaichton a fait le pari qu’elle germe…

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