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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Corona virus, rentrée scolaire et désenclavement

21 septembre 2020 de Maurice Pindard
reprenonsla route

Maurice Pindard, la Guyane et le monde sont toujours en crise sanitaire et cela depuis bientôt sept mois. La Guyane est restée en confinement depuis le début mars avant de connaître une explosion des cas à la mi-mai.
A ce jour nous avons dépassé la soixantaine de morts dans le pays et nous sommes encore sous un couvre feu durant le weekend.
Et la rentrée scolaire c’est aujourd’hui.

Comment voyez la situation dans deux semaines ?

Il est difficile de prédire l’avenir, mais la rentrée scolaire va entrainer un regroupement de personnes et particulièrement d’enfants qui sont, d’après les observations des médecins, des porteurs sains de virus. Ils vont donc s’infecter les uns les autres et par contamination successive les agents dans l’école, les professeurs et les parents. Il y aura donc, logiquement, une recrudescence des cas de Covid 19 une quinzaine de jours après la rentrée.
Alors que le nombre de cas diminuait partout en Guyane. Il nous faut redoubler de vigilance, respecter le port du masque, le lavage fréquent des mains et la distance physique.

En fait étant donné que nous approchons les 10 000 personnes recensées positives, il y a vraisemblablement beaucoup plus de personnes touchées qui ont peu ou pas de symptômes. Ce qui veut dire, comme nous le disions dans l’article précédent, que la population guyanaise expérimente malgré elle ce que l’on appelle l’immunité collective. Les égarements des autorités françaises en Guyane ont conduit à la circulation généralisée du virus, nous sommes donc nombreux à avoir été touchés par la maladie. Les plus fragiles sont frappés durement, hospitalisés et mis en réanimation. Une partie d’entre eux y décède. Nous en sommes à 63 morts.
(68 à la date de publication de cet article)
Ainsi, dans deux semaines, puisque le virus est partout présent, il faudra s’attendre à des rebonds de l’épidémie mais que l’on pourra maitriser plus facilement parce que la résistance collective au virus s’est renforcée parallèlement.

Quant aux mesures prise par le préfet et l’ARS, les couvre-feux par exemple, nous avons déjà dit que les autorités françaises n’ont pas pris de décisions radicales pour freiner la propagation du virus, par exemple la fermeture rapide des frontières, la mise en quarantaine obligatoire des passagers dans des lieux réservés, le dépistage massif, le traitement précoce des malades. Alors la préfecture court derrière le virus et prend des mesurettes en rapport avec un confinement partiel, tel les couvre-feux modulables selon les régions, la présentation d’attestation pour passer les chek-points (barrages illégaux) d’Iracoubo et de Régina.

N’avez-vous pas l’impression que durant cette crise sanitaire, le pays colonisateur (La France) et ses représentants sur place nous ont pris pour des moins que rien comme d’habitude ?

Il ne s’agit pas d’impression. C’est la réalité, c’est la doctrine coloniale. Et afin de pouvoir l’appliquer en toutes circonstances sans état d’âmes, le colonisateur remplace les cadres guyanais par des fonctionnaires français de passage que l’on renouvelle tous les 2, 3 ou 4 ans. Ce qui fait que malgré leur bonne volonté ou leur sympathie pour le territoire, ils n’y comprennent rien et appliquent les directives bêtement en pensant à leur carrière. C’est un véritable génocide par substitution qui est subtilement réalisé et que la société guyanaise apprend à accepter.

Pendant ce temps la collectivité et son président se congratulent pour la construction d’une route qui devrait relier le bourg d’Apatou à celui de Grand-Santi : « Maurice Pindard, on nous prend pour des moutons ? »

Il y a une caste au pouvoir depuis 50 ans en Guyane. C’est un réseau de personnages politiques et de cadres qui sont soit reliés à la droite soit à la gauche. Parfois, on ne situe pas la frontière entre ces deux courants politiques et ils peuvent passer de l’un à l’autre sans aucune honte. C’est le cas de Rodolphe Alexandre, le président de la Collectivité Territoriale de Guyane. Tout le monde sait qu’il était un des cadres dirigeants et candidat politique du Parti socialiste guyanais, le PSG et qu’il a dit publiquement qu’il votait Sarkozy, leader de la droite française ! Tout en se disant « homme de gauche » …
C’est en tenant compte de ce fonctionnement en réseau, en quasi mafia, de ces personnages politiques que l’on comprend comment il est possible d’annoncer le désenclavement d’un pays par la construction d’une route parallèle à une voie de navigation déjà couramment utilisée.
Seules les combines politiques peuvent expliquer que la majorité PSG-UMP, gauche-droite, à la Région-Guyane décide, de construire la route St Laurent-Apatou longeant la portion du fleuve où il n’y aucun saut (rapides) et qui était donc pratiquée sans encombre en pirogue. Seules les combines politiques peuvent expliquer qu’ils refusent de prolonger la route de Paul Isnard qui aurait relié les deux communes par l’intérieur, sur des tracés existants, en franchissant des criques relativement étroites, et donc à faible coût.
La majorité de 1988-2004, cautionne l’accord politique entre le maire de St Laurent de l’époque, Léon Bertrand avec le maire d’Apatou de l’époque Gérard Amayota. Tous deux s’étant mis d’accord sur la route longeant le fleuve. Monsieur Amayota, aussi conseiller général au conseil départemental, ayant donné l’assurance qu’il ferait basculer la majorité de ce Conseil dans le camp de Bertrand. Ce qu’il a fait en 2003, bloquant par son vote l’évolution institutionnelle de la Guyane, selon les plans de Léon Bertrand, alors député et ministre de Chirac.

Bien sûr que cette route a couté plus cher, bien sûr que cela a mis plus de temps puisqu’il a fallut attendre la construction d’un grand pont sur l’embouchure de la crique Sparouine alors que les deux tronçons vers St Laurent et vers Apatou étaient déjà finis !

Et ils veulent remettre ça ! S’entêter à construire une route le long d’une voie de communication, le fleuve Maroni ! La fameuse «  Route du Fleuve » !!

Seules les combines politiques peuvent expliquer ce positionnement illogique sur des projets plus longs et plus chers !!

Alors que la route de l’intérieur est déjà tracée. Vers Saül et même Maripasoula puisque c’est par là que sont passés les gros engins de la mine d’or de Yaou.
Une route que lui-même Rodolphe Alexandre a emprunté il y a deux ans dans une mission fortement médiatisée sur le tronçon Bélizon- Saül. On le voit, sabre à la main, sur le capot d’un Bull pour lui faciliter le passage en coupant des lianes. Le matériel et les engins de chantier pour la réfection de la piste de l’aérodrome sont arrivés à pied d’oeuvre. Le travail a été fait. L’équipe technique est revenue par la route et le président de la CTG a laissé la forêt recouvrir le tout de nouveau. Tout en promettant la liaison Apatou-Papaïchton le long du fleuve.

Alors Oui, ils nous prennent pour des moutons ! et même pour des pigeons parce que c’est avec l’argent de nos impôts qu’ils construisent des projets sans sens, à grand prix, pour satisfaire leurs combines politiques entre magouilleurs de la côte et de l’intérieur.

Il faut préciser que nous ne faisons pas allusion ici aux chemins ou pistes communales qui progressivement se réalisent entre les hameaux.
Nous parlons des grands projets de désenclavent du pays. C’est à ce niveau là que se situe la responsabilité coupable des autorités guyanaises.

IL faut rajouter aussi que dans le même temps ces élus cautionnent les projets fous de la DEAL de dynamiter les rochers des sauts sur les grands fleuves de Guyane. Au lieu de soutenir la proposition des piroguiers et de la population qui consiste à aménager les rives des parties trop dangereuses des sauts. Ce qui permettrait d’avoir un désenclavement sûr par le fleuve en pirogue, un autre par l’intérieur sur route et, en plus, l’avion.

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