Un blog pour quoi faire ?

Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

Facebook

Guyane : le prix du carburant champion du monde.

30 mars 2014 de Idéal Guyane
Maurice PINDARD.

« Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ».

En effet après des grèves qui avaient énormément gêné l’économie et la population de Guyane durant  les fêtes de fin d’année 2014, nous avons aujourd’hui l’impression ou peut-être à tort que le problème semble avoir été réglé puisque personne ne parle plus du prix du carburant qui pénalise encore la Guyane. Ce prix de carburant à la pompe en Guyane qui bat des records du monde. Maurice Pindard qui a suivi de près ce conflit comme il le fait pour tous les autres conflits d’ailleurs revient sur le déroulement de cette entourloupette.

1) Le blog : Maurice Pindard, dans cette grève, qui ont été encore une fois les grands perdants et les grands gagnants de ce vrai faux conflit entre l’état, les gérants et les pétroliers qui desservent notre pays en carburant ?

Le perdant c’est encore le consommateur guyanais qui doit payer un prix qui ne correspond pas à l’environnement géographique dans lequel il se trouve. Les gagnants sont les firmes multinationales du pétrole,  Total, Rubis, Esso, Texaco qui , avec Shell et sous d’autres noms, Sol, Vito,  monopolisent la chaine du carburant, de l’extraction dans les pays producteurs à la distribution à la pompe en passant par le raffinage et le transport.

2) Le blog : A un moment donné dans ce conflit certains dans leur propos se servaient des pompistes comme bouclier, puis vers la fin du conflit ces mêmes pompistes semblent avoir été oubliés des pourparlers.  Comment se fait il que les pompistes n’ont pas saisi l’occasion de faire valoir eux aussi leur revendication salariale ?

Les gérants de stations ont revendiqué une part plus importante de la manne pétrolière en argumentant sur le rôle qu’ils jouent en tant que pourvoyeur d’emplois. Mais pour que les pompistes eux-mêmes revendiquent il faut qu’ils soient organisés, regroupés et affiliés à une centrale syndicale forte parce que leur emploi est précaire, et au moindre mouvement ils risquent le licenciement.

3) Le blog : Notre population n’est-elle pas très peu réactive par rapport à ce problème du carburant ?

Les conditions sont-elles mûres maintenant ? En décembre 2008 elles l’étaient. La mobilisation était exemplaire et les Antilles ont suivi après. Aujourd’hui, en plus du facteur objectif qui est une vraie inflation du prix du carburant, il  manque le facteur subjectif, c’est à dire l’organisation et la mobilisation des consommateurs

4) Le blog : Qu’aurait pu faire la Guyane si elle avait choisi l’article 74. Et puis croyez-vous qu’en ce moment, à part les bonnes intentions de notre élite politique, des démarches, des préparations en vue d’une prochaine livraison chez nos amis Sud-Américains soient entamées ?

Si nous avions choisi l’article 74, il aurait été beaucoup plus facile de faire admettre à la France que la Guyane décide de s’approvisionner chez ses voisins et demande toutes les dérogations nécessaires relatives aux normes des carburants.

C’est ce levier réglementaire qui aurait permis de joindre l’acte à la parole. Pour l’instant nos élus gesticulent et c’est Paris qui décide, selon le régime législatif que nous avons choisi lors du referendum de 2010 : l’assimilation, article 73. Toutes les lois qui sont votées en France s’appliquent à la Guyane sauf demandes « d’habilitations », examinées, au coup par coup, par les députés français.

5) Le blog : Méthodologiquement comment organiseriez-vous cette préparation ?

Si l’on ne parle que de ce dossier des carburants, il faut que les élus adoptent un dispositif. Par exemple pour s’approvisionner à Trinidad comme avant ou au Surinam.  Ensuite il faut que la population de Guyane valide ce choix, soit par référendum d’initiative populaire que les élus pourraient organiser, soit par des rassemblements avec vote par acclamations, soit par une grande marche.

Ensuite, selon les réponses ou non-réponse de l’état, appliquer ou bloquer.

Propos recueillis par le Blog.

 

Réagir

Post a Comment

Your email is never published or shared. Required fields are marked *

  1.