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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Le pharaon MADIBA est parti.

19 décembre 2013 de Idéal Guyane
Mandela

Nelson Mandela est un nom qui a marqué et qui marquera notre monde pour longtemps. Ce pharaon des temps modernes a laissé une empreinte dans la lignée de celle de Martin Luther King. Ou de Gandhi.  L’onde de choc de sa disparition a traversé notre planète de toute part et bien sûr la Guyane n’y a pas échappé.

idéal Guyane : Maurice Pindard que représentait Mandela pour vous ?

J’ai suivi, étant étudiant et militant à l’UEG (Union des Étudiants Guyanais) en France, les campagnes de boycott des oranges importées d’Afrique du Sud. Mandela était le prisonnier politique le plus connu. Les prises de positions et les actions des organisations du cône sud de l’Afrique étaient célèbres. De l’Angola au Mozambique, de la Namibie au Zimbabwe  (ex Rhodésie raciste) et en Afrique du Sud proprement dite. Je connaissais les organisations anti apartheid, l’ANC, le Parti communiste, la grande centrale syndicale. J’ai regardé les films tournés sur ces luttes avec passion. En tant que syndicaliste à l’UTG jusqu’aux années 90, j’ai participé aux meetings de soutien à ces camarades. L’assassinat du syndicaliste Steve Biko m’a révolté. J’ai vibré à la libération de Mandela en 1990, puis lors de son élection en 1994. En tant que militant politique au MDES j’ai continué à suivre les événements dans ces pays, et notamment en Afrique du Sud. J’ai beaucoup lu aussi. Un jour, ma belle-mère revient de France et m’offre « Un long chemin vers la liberté » qui raconte la vie de Nelson Mandela. Je l’ai dévoré. Un de mes fils me fait cadeau de « Conversation avec moi-même » qui rapporte des lettres de Mandela à ses proches. Lors des séances de formation au MDES, il m’arrive de citer ces ouvrages ou de raconter des épisodes de la vie de ce grand militant.

Idéal Guyane : Que retenez-vous de l’attitude de ce militant panafricain à ses débuts qui termine son long combat en étant un humaniste ?

Il y a l’homme et puis il y a les événements, c’est la combinaison de ces multiples trajectoires qui fait l’histoire du combattant. Il a prôné la non-violence. Il a dirigé la branche armée de l’ANC, ce qui lui a valu la prison à vie. Mais la lutte a continué, multiforme, parce que ce sont les organisations qui ont la capacité de faire avancer la lutte, pas à pas et gagner, conquête après conquête, jusqu’à la victoire finale. Incarcéré, il prend des initiatives en tant que leader politique reconnu par ses pairs et les en tient informés. Ils valident ses choix et, lui, il assume son rôle. Il ajoute  un ingrédient nécessaire à la réussite du projet, la dimension humaine. Bien que refusant les propositions du pouvoir blanc de libération sous conditions, il continue d’en rencontrer les leaders et il devient la seule alternative non-violente que ceux-ci commenceront à envisager. La pression internationale prenant le relais des luttes intérieures, l’icône MANDELA prisonnier gène le pouvoir, il faut le libérer. Le militant devait mener à terme le combat y compris après sa libération. Il ne dévie pas de la ligne, avec détermination et rigueur, il déploie « à l’air libre » l’objectif d’une Afrique du Sud multiraciale sans discrimination raciale. Il a pu, grâce à la lucidité des organisations patriotiques, arriver jusqu’au jour de son élection. En tant que président il a continué avec constance à appliquer la ligne de l’ANC à l’intérieur comme à l’extérieur en mettant son charisme au service de son peuple et des autres peuples du monde. Si la dimension humaniste de son combat a marqué les esprits, au  point que beaucoup de gens pensent que ce n’est que l’apanage de Mandela, il faut rappeler que nombreux sont les militants et cadres des partis et syndicats patriotiques qui ont porté et portent en eux cette expérience humaine et en tirent les leçons pour la construction de l’avenir commune à tous les Sud-africains.

Idéal Guyane : Que pouvons-nous appliquer à notre propre pays de l’approche idéologique de Mandela  envers ses ennemis ?

L’homme n’est pas mauvais  au départ, il obéit à un système. Si l’on veut construire avec son ennemi, il faut qu’il devienne un associé. Mandela a fait ce qu’il fallait dans le contexte de son pays. Nous ne pouvons pas copier. Mais il est clair que la dimension humaine doit faire partie de notre combat.

Idéal Guyane : Faut-il un leader dans un mouvement de lutte pour l’émancipation ?

La question du leader est souvent posée dans le sens d’un chef qui seul donne la direction et dont le peuple aurait besoin pour croire en l’avenir. Il faut donc veiller à toutes les déviations qu’entraine le suivisme à l’égard des leaders. Dans le même temps il faut dire que dans tous les pays, dans toutes les organisations de lutte, il y a des hommes qui émergent. Puis ce sont les conditions de la lutte qui font qu’ils seront ou pas des leaders.

 Propos recueillis par JOAN Gilles

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