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Université: A Sen Loran aussi c’est leur affaire.

4 novembre 2013 de Idéal Guyane
Mobilizasyon

Le vendredi 18 octobre 2013, la mobilisation des lycéens et lycéennes de Sen Loran en soutien du combat mené pour une université performante en Guyane a surpris tout le monde même les organisateurs qui la veille au soir craignaient une bien moindre mobilisation. Maurice Pindard, dès 1996, était déjà au combat aux côtés des étudiants pour le rectorat. En 2013 il est dans les rues à SenLoran avec les lycéens et lycéennes pour défendre une université de plein exercice.

Maurice Pindard avec qui et comment avez-vous préparé cette mobilisation ?

Nous avons rencontré des lycéens, des étudiants en BTS et en licence. Nous avons tenu une réunion de préparation avec les responsables de l’Union Locale UTG de St Laurent.

Vous vous attendiez à une telle mobilisation ? Avez-vous été un peu dépassé par le mouvement ?

La participation des lycéens est nécessaire, les terminales et BTS sont concernés au premier plan, mais on ne peut pas empêcher les autres niveaux, première et seconde, d’y prendre part. Les portes des établissements sont restées ouvertes à ceux qui voulaient aller en cours. Les autres, très nombreux, ont exprimé leur solidarité. C’était près de 500 élèves des lycées Sophie et Juminer.  Par précaution nous avons tenu à ce que les responsables UTG ont encadrent la manifestation.

Est-ce qu’il y a eu des débordements ?

Tout s’est très bien passé. Les étudiants et lycéens se sont montrés responsables. Une délégation a remis un cahier de doléance à l’antenne du Rectorat à Saint Laurent. La création d’un Pole Universitaire du Nord Ouest Guyanais au sein d’une université de plein exercice a été réclamée.  Les lycéens avaient ajouté des revendications qui leur étaient propres : pour  une amélioration de l’installation électrique au lycée Lulmina Sophie, pour un développement des structures d’accueil des étudiants de l’Ouest qui se rendent  sur Cayenne, pour plus d’information post bac adaptés aux besoins du pays, l’amélioration des accès à internet, le manque de bus à la sortie des classes, la surveillance des mineurs ne pouvant rentrer chez eux entre 12h30 et 13h30, pour déjeuners pas trop chers, etc.

 Comment faire aboutir ces demandes ?

C’est à Cayenne que la délégation de la communauté universitaire  discute de ces réclamations avec les instances concernées. Un étudiant originaire de St Laurent siège dans le collectif étudiant.

Quels  sont les échos entendus près des élèves après la manifestation ?

Les étudiants et lycéens de St Laurent étaient fiers d’avoir participé à la mobilisation générale. Ils ont remercié les adultes qui avaient encadré la manifestation.

Quel message faut-il tirer de cette forte mobilisation ?

Quand les élèves ont l’information, ils sont capables d’avoir un jugement et de le traduire en action.  Ils ont pris leur responsabilité, ils ont fait confiance aux adultes engagés et l’expression lycéenne de St Laurent a été exemplaire.

Le corps enseignant s’est fait remarquer par son absence, il y a-t-il une raison ?

Les enseignants sont corporatistes. Ils se mobilisent d’abord pour leurs problèmes personnels, salaire, carrière, retraite. Ils sont rarement solidaires des problèmes des autres corporations. De plus, il y a un fort nombre de professeurs extérieurs à la Guyane, ces personnes se bouchent les yeux quand il s’agit de revendications locales. Enfin, à part le STEG-UTG, les autres organisations syndicales de lycées n’avaient pas appelé à la grève. Leurs ressortissants sont donc allés travailler.  Nous avions une petite dizaine de professeurs principalement affiliés au STEG. Avec les autres sections de l’Union Locale ils ont bien géré la manifestation. Il ne faut pas oublier que la plupart des enfants manifestaient dans la rue pour la première fois. Les adultes avaient le devoir de leur apprendre ce geste citoyen.

Si une deuxième manifestation devait avoir lieu, comment feriez-vous pour mobiliser les parents  qui n’étaient pas très nombreux aux cotés de nos jeunes?

Nous sommes en train d’y travailler. Ce n’est pas facile. Les associations ne sont pas actives. Par l’intermédiaire des syndicats UTG de Saint Laurent nous touchons une partie des parents d’élèves. Au sein des lycées, pour les parents, la grève de l’université c’est à Cayenne !  Il faut dire qu’il y a très peu d’étudiants à St Laurent. L’université n’y dispense que le DAUE option littéraire, diplôme donnant l’équivalent Bac aux élèves qui ne l’ont pas.

Ce samedi 2 novembre 2013 un meeting était organisé à Sen Loran, est-ce que la population  de l’Ouest se sent concernée ?

En fait il s’agissait plus d’un point information sur la grève. Un étudiant à Cayenne avait fait le déplacement pour expliquer les difficultés à l’université et pourquoi ils s’étaient mis en grève. Des étudiants en licence (par correspondance!) à St Laurent ont exprimé leur inquiétude et leur revendication d’un Pole Universitaire du Nord Ouest Guyanais (PUNOG) au sein d’une université de plein exercice. Un étudiant en BTS au lycée L. Sophie a donné la réalité de cet enseignement, un professeur au Lp Juminer a conclu la prise de parole qui dura une heure.  Quelques jeunes écoutaient, des Sms les avaient conviés. Quelques adultes aussi.

Propos recueillis par JOAN Gilles.

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