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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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la force du rêve

18 septembre 2013 de Maurice Pindard
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La force du rêve

Le rêve est une réalité parce que même si l’on ne s’en souvient pas au réveil, il s’est quand même exprimé pendant notre sommeil paradoxal. Nous avons vu que le cerveau humain est fait de telle façon qu’il « raconte » une histoire au dormeur, avec son et lumière, alors que l’activité motrice est paralysée. L’individu s’entend et se voit parler, courir, se battre, faire l’amour, voyager, pendant que son corps se repose paisiblement.

Le rêve exprime quelque chose et les humains découvrent une partie de son sens. Les Chamans, prêtes et autres initiés décodent les messages reçus au cours de la nuit. Le simple mortel veut recevoir des indications sur sa vie future, des solutions aux difficultés qu’il rencontre, alors il se met en conditions pour rêver. Des préparations sont mises au point pendant ce que l’on appelle la phase d’incubation pour que dans son sommeil il capte le message souhaité qui sera interprété.

Pendant que nous sommes éveillés, il nous arrive fréquemment de rêver. Ces aspirations profondes sont une réalité pour chaque individu. Ce serait dans la nature humaine de se projeter au-delà du vécu à la force de son cerveau, son imagination, sa mémoire, son inconscient qui agissent avec ou sans son consentement.
Lorsque l’être humain peut formuler ses rêves, il pose devant lui l’image d’un futur. Il peut conserver cette vision en tant que telle et savourer le plaisir qu’elle procure. Il peut aussi se poser la question du«comment faire » pour réaliser ce qu’il a vu en songe.

Si l’individu est un bénévole convaincu du sens de son implication, un militant engagé dans la transformation sociale, il est préparé à rêver de ce que pourrait être demain, comme dans la phase d’incubation. Il peut voir « devant ses yeux » l’image d’un futur. Il a déjà des éléments de réponse à la question « comment faire » grâce à sa pratique sur le terrain. Il peut alors prendre la résolution d’entreprendre le chemin de la réalisation de ses rêves.
Quand il s’agit d’une vision commune, la marche des partisans semble invincible, comme si la perspective entrevue par l’ensemble prenait forme de réalité. Et chaque pas vers le rêve est une pierre scellée de l’édifice à construire.

Lors de la commémoration à Cuba, en juillet 2013, de l’attaque de la caserne de la Moncada en 1953 par une poignée de révolutionnaires Cubain, le président de l’Uruguay fit un discours très applaudi. Il faut rappeler que ce fait d’armes avait été un échec et que Fidel Castro et les siens se sont retrouvés en prison ! Cependant le président José Mujica indiqua que « … les jeunes qui attaquèrent rêvaient que cela était plus simple, plus facile, et, sûrement, si dans le monde il n’y avait pas de rêveurs nous en serions toujours à errer en cache sexe dans les forêts… », Il ajouta «… le monde change et bouge seulement parce qu’il ya des gens engagés et capables de faire des rêves comme ceux de ces cubains-là… ».

Dans notre pays aussi, les hommes engagés ont eu des rêves. Que ce soit au début de la colonisation afin de réunir toutes les nations autochtones et résister sur les plages de Rémire. Pour marronner dans l’immense forêt inconnue et bâtir des villages libres sur la « tête » des criques. Pour inlassablement concevoir, rédiger, adopter et défiler pour, manifestes et projets d’autonomie d’une entité guyanaise historiquement constituée.

Aujourd’hui encore, malgré les échecs et les désillusions, malgré l’ambiance de résignation devant l’horizon cadenassé de notre avenir, il y en a encore qui rêvent. Ils sont plusieurs, éparpillés dans le pays, mais en connexion par l’idée, l’idéal, le rêve.
Leur imagination s’envole au-dessus des mers et des terres. Ils naviguent plus loin. Ils songent et ont la vision d’au-delà la ligne imaginaire. Ils frôlent l’utopie et n’en ont pas peur. Leur esprit rencontre celui des autres êtres humains animés eux aussi par la réalisation des mêmes rêves. Ensemble, ils « voient » demain et y travaillent.
Chaque pas dans le chemin de la réalisation de leur rêve est une pierre scellée pour l’édifice à construire…

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