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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Le congrès sur le pétrole se prépare

26 juin 2013 de Idéal Guyane
Pétrole

Les gérants des pompes à essence de Guyane ont trouvé un accord avec le gouvernement français qui met fin à plusieurs semaines de grève. Les Antilles avaient  quant à eux, après quelques heures de grève, trouvé et signé l’accord que les gérant de Guyane avait refusé. Alors voyons avec Maurice Pindard quels sont les enseignements  que l’on pourrait  en retirer.

Le blog: Un peu plus d’un mois et deux semaines pour régler  ce conflit  entre gérants de Guyane et l’état colonial français où le peuple était le seul à assumer les inconvénients, n’était-ce pas un peu trop long pour  un pays déjà  aux abois ?

MP: Je ne sais pas si il faut poser ainsi la question. Les gérants des stations ont adopté un style de mouvement qui nécessairement aurait duré.

Comment trouvez-vous cet accord ?

MP : Si les gérants sont satisfaits je n’ai rien à redire sur le principe. J’ai trouvé bizarre qu’on leur demande  d’économiser sur leur retraite !

Le blog: Le MEDEF Guyane par l’intermédiaire de son président reprochait au groupement des gérants des stations essences leur attitude   de « va en guerre ». Quel était votre approche sur l’action des gérants et sur les réactions du MEDEF ?

MP:Je n’ai pas compris la violence du propos du MEDEF. Les stations ont opté pour une grève intermittente.  Il n’y a jamais eu coupure générale. Ils annonçaient leur horaire d’ouverture. J’ai trouvé qu’ils avaient une attitude responsable. Le MEDEF, avec à sa tête le fameux patron des patrons, de retour, a toujours fait des déclarations tonitruantes envers les mouvements sociaux de salariés. Il est plus républicain que la république, plus royaliste que le roi.  Là il a condamné la grève des gérants, en brandissant le spectre de la mort de l’économie Guyanaise. Il y a eu de l’excès et les gérants sont restés fermes et corrects.

Le blog: Les prix du carburant flambent en Guyane et pourtant la population ne  semble pas être sensibilisée  comme lors de la dernière mobilisation de 2008, est ce tout simplement une impression ?

MP: La dynamique des mouvements sociaux est complexe. Certains pleurent en déplorant que la population ne se mobilise pas de nouveau malgré le rattrapage de la hausse du carburant au même niveau qu’en 2008. Hélas, ce n’est ni l’exaspération ni un claquement de doigt qui décide d’un mouvement de lutte populaire. Il faut des conditions objectives, en plus des causes réelles. Et ce n’est pas parce que le mouvement ne se produit pas qu’il faut en déduire que la population est résignée ou qu’elle ne sortira pas de nouveau dans les rues.

Le blog: Madame Prévot Madère a fait une déclaration fracassante au journal TV, en disant qu’elle ne prendrait plus la parole en public. Comprenez-vous sa décision ?

MP: Je crois qu’il est normal et souhaitable qu’à un moment donné  elle cesse de « jouer le jeu »  et dise publiquement qu’on se moque de nous. Elle a demandé aux grands élus d’interpeller fermement le gouvernement et elle a appelé à la mobilisation. C’est bien, c’est courageux, c’est juste.

Le blog: Le Conseil Général a commencé un cycle de conférences sur le pétrole avant le congrès des Élus. Il  a fallu du temps tout de même aux politiques avant de débuter la  manœuvre ?

MP: Je dois rappeler que  depuis un an le MDES a sillonné les communes pour alerter l’opinion publique sur le paradoxe guyanais, pays dans lequel on trouve du pétrole et où les jeunes se suicident.  Nous avons clairement indiqué qu’il est tout à fait possible de s’approvisionner en carburant dans notre zone géographique, Surinam, Trinidad, Venezuela et qu’en cas de commercialisation du pétrole guyanais il faudrait soit construire une raffinerie sur place soit mutualiser les moyens avec nos voisins immédiats.

Le blog: Vous nous rappeliez très justement que le MDES avait débuté depuis quelques mois des conférences partout en Guyane sur le pétrole,  alors qu’apportera de particulier ce cycle de conférences du Conseil Général ?

MP: Cette fois ci ils ont invité notamment des trinidadiens qui répondront aux questions de la population guyanaise et donneront à nos élus leur expertise. Pour Trinidad c’est 100 années d’expériences !! J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’assister à la première conférence de ces invités à Saint Laurent du Maroni ce lundi 24 juin. L’exposé de l’entreprise majoritaire Shell, hollandaise, est classique ; ils promettent de respecter l’environnement, leur objectif est Zéro accident, ils souhaitent un environnement administratif et fiscal « stable et équitable » ! L’intervention du professeur de France était un peu « spéciale ». il n’apporte aucune réponse précise si ce n’est de rappeler que le pétrole trouvé en Guyane est d’abord le pétrole de la France et de l’Europe. Par contre la représentante du ministère trinidadien a mis les guyanais face à leurs responsabilités : le peuple a des droits, le pétrole appartient à la Guyane, il doit servir au développement de l’économie productive du pays. De ce point de vue-là, l’initiative du Conseil Général de tenir des conférences itinérantes dans le pays est à saluer, même si, comme d’habitude, la communication au public a été mauvaise et que peu de personnes ont été informées de la tenue de la conférence.

Le blog: Que peut-on espérer du congrès qui suivra le cycle de conférences du Conseil général ?

MP: Hélas, pas grand-chose. J’ai souvent répété que le cadre juridique de cette instance est verrouillé et que la marge des élus guyanais y est infime. Concernant les ressources naturelles  du pays, par exemple le pétrole,  le représentant du Conseil général à la conférence de saint Laurent a avoué, impuissant, que ce ne sont pas les élus guyanais qui négocient avec les pétroliers, ils n’ont aucun pouvoir, c’est l’état français qui décide, ils sont assis « derrière ». Moi, j’ajouterai : « sur un petit banc ».

Il est quand même bon d’en parler, y compris en Congrès, surtout à la lumière de l’expertise trinidadienne, afin d’informer les élus et la population et de pouvoir « opposer » aux industriels du pétrole et à l’état français un argumentaire circonstancié. C’est comme un entrainement à la responsabilité  politique que nous n’avons pas encore !

Propos recueillis par JOAN Gilles.

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