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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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La Guyane piquée à vif.

28 avril 2013 de Idéal Guyane
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Les hôpitaux de Guyane se montrent incapables d’endiguer  la dengue qui tue. L’on parle du mauvais accueil dans les Hôpitaux du « péyi ». On dit qu’il y a des médecins leucodermes à Kourou et des médecins mélanodermes  de bas de gamme  pour Cayenne. Il y avait aussi l’affaire  des garimpeiros de Maripasoula et puis celle de la petite patiente qui n’avait pas droit à une opération assez pointue, etc…  Vient s‘ajouter à ces mauvaises nouvelles ressenties ou vraies, le comportement douteux des élus de la majorité de l’assemblée Régionale Guyanaise sans parler du fameux parc que tout le monde repousse aujourd’hui. Vous voulez connaître le regard de Maurice Pindard sur l’actualité Guyanaise, le blog vous propose son analyse.

Le blog : Le Guyanais est capable dans des moments bien précis d’analyser la mauvaise santé du pays et de manifester sa colère. Mais pourquoi, lorsqu’on lui donne  la possibilité de prendre son avenir en main, il refuse ?

Maurice Pindard : C’est  la question de fond qu’il faut poser à l’électeur guyanais et à ceux qui devraient être inscrits sur les listes électorales. Le système de colonisation français crée une dépendance économique et financière à la « métropole » et les habitants de Guyane ont peur de perdre leur petit « byèbyè » qui les aide à survivre.

D’autre part, nous avons des leaders politiques qui sont des relais de la politique d’assimilation et de dépendance. C’est le rôle qu’ont joué Rodolphe Alexandre et Léon Bertrand qui ont demandé aux électeurs de janvier 2010 de voter pour l’assimilation législative de l’article 73. Ce sont les premiers coupables.

Notre rôle à nous est, à chaque instant, de montrer aux guyanais qui ont suivi leur conseil qu’ils les ont trompés et que eux-mêmes se sont trompés.

D’ailleurs on entend Bertrand et Alexandre dire, sans le dire, que finalement c’est l’article 74 qui convient le mieux au pays. Remy Budoc , responsable UMP, confesse la même chose maintenant.

Le blog : Et quelles sont les actions en cours ou que vous allez bientôt mener vous,  Maurice Pindard ou alors  le MDES, pour justement émanciper notre peuple s’il ne l’est ou pas encore assez ?

Maurice Pindard :le MDES continue ses conférences publiques sur le pétrole et le suicide des jeunes. La section de Rémire Montjoly organise un débat le 7 mai au sujet d’un film sur la « Françafrique ».   La section de Cayenne crée très prochainement sa page Facebook et commence des visites de quartiers. Celle de St Laurent avait déjà commencé par des causeries sur les addictions et les grossesses précoces. Les communiqués et conférences de presse informent l’opinion publique guyanaise. Tout le monde a vu que c’est un élus du MDES qui a révélé la faute de l’exécutif régional relative à l’attribution abusive d’une subvention. On a vu la réaction de notre mouvement à propos du Parc Amazonien, notre soutien aux Maires qui ont démissionné de son conseil d’administration et notre proposition que les zones à protéger soient incluses dans le Parc Naturel Régional, sous maitrise guyanaise. Nos élus ont interpellé les présidents des collectivités pour la tenue de deux congrès, l’un sur le pétrole, l’autre sur la collectivité unique. Le premier se tient au début de mois de mai.

Quant au Blog, nos lecteurs savent que nous préparons la première rencontre d’échange qui doit conclure le volet «idéal » et ouvrir «le rêve ».

Le blog : Avec cette affaire Michèle Montlouis  DEVA qui malgré son renoncement à la subvention de l’équipe d’Alexandre marque encore l’esprit  dans le pays ; nous avons l’impression d’avoir retrouvé le MDES des années 2000.  Est ce le fait d’avoir retrouvé un groupe au sein de l’assemblée régionale qui a revigoré le mouvement de décolonisation et d’Émancipation ?

Maurice Pindard : Le fait d’avoir un groupe permet une liberté d’expression publique que nos élus régionaux n’avaient pas complétement. Mais c’est surtout le travail de fond dans le parti qui montre ses résultats. Les décisions de notre VIIIème congrès de janvier 2012 commencent à porter leurs fruits.

Le blog : Depuis que Rodolphe Alexandre, l’homme de Sarkozy est à la tête de la Région, connaissez-vous d’autres affaires douteuses ?

Maurice Pindard : Ce n’est pas la première fois que des élus du conseil régional bénéficient des aides régionales pour leur entreprise ! Ils prennent le soin de se retirer des débats au moment du vote et disent que c’est légal. Mais ce n’est pas moral, surtout dans un petit pays où seule une minorité informée se sert.

On peut signaler aussi des problèmes liés à l’embauche des jeunes diplômés à la Région. Ce sont notamment des chefs de service, soutenus par copinage, qui harcellent nos jeunes jusqu’à les dégouter.

Le blog:Le maire de Camopi qui démissionne du conseil d’administration du parc régional  pour manifester son opposition au projet et aussitôt après le projet de parc est validé. Qu’attendez-vous pour mener le combat Maurice Pindard.

Maurice Pindard : La question mérite d’être posée. Et la réponse est complexe. Il faut deux choses, d’une part que la prise de conscience guyanaise soit à un certain niveau et que les organisations de lutte soient prêtes. Il faut aussi que ceux qui dirigent le pays, français ou guyanais, soient en crise. Bref que les conditions soient mûres.

Le changement politique ne dépend pas de la volonté d’un homme ou de quelques militants. C’est plus difficile que cela. Mais il faut se préparer à être prêts au bon moment. C’est ce à quoi nous nous employons. Ce Blog y participe.

Le blog : « Nous ne sommes pas prêts » vous dites ?

Maurice Pindard : Si il s’agit de réagir sur la question du Parc ou tout autre sujet, les guyanais montrent leur capacité.  S’il s’agit de gérer la nouvelle collectivité au mieux, c’est possible.

S’il s’agit d’entamer, de façon organisée, des actions d’opposition aux politiques menées en Guyane, il y a encore du travail.

Quant à la mobilisation générale contemporaine pour la longue marche de l’émancipation…

Le blog : Avec le positionnement rapide et clair de certains leadeurs autochtones de la Guyane, le MDES ne semble t-il pas un peu à la traine ?

Maurice Pindard : Il est bon que sur certaines questions de fond, délicates, le MDES apparaisse en retrait. Pourquoi ? Cela montre à l’opinion publique guyanaise que les positions de notre mouvement sont reprises par de nombreux secteurs de la vie du pays. Cela « dé diabolise », ces positionnements et les popularisent. C’est une bonne chose.

D’autre part, il faut que les individus ou personnalités diverses prennent position, affirment leur opposition. Cela élargit le Front du Changement Guyanais.

Il nous suffit simplement de rappeler que le MDES défend ces idées-là depuis sa création en 1991 !

Le blog: « il n’y a plus de pétrole en Guyane ou plutôt  prenons plus de risques environnementaux en fouillant plus profondément » se dit SHELL. Encore des mensonges ?

Maurice Pindard : Nous ne connaissons pas le fin mot. Les sociétés multinationales et le gouvernement français nous disent ce qu’ils veulent. J’avais indiqué que pendant ce temps-là, la vraie richesse, l’or, est pillée par des milliers de clandestins que la France soigne gratuitement.

Le Blog : Le cours de l’or connaît une sacrée dégringolade. Est-ce une bonne ou mauvaise chose pour la Guyane ?

Maurice Pindard : Nous constatons la baisse du cours de l’or. Cela met en relief le fait que nous devons maitriser l’utilisation de nos ressources afin de nous adapter aux prix du marché. Pour l’instant nous subissons la volonté française qui nous exclut du processus. Bons prix ou mauvais prix, la Guyane est perdante.

Propos recueillis par JOAN Gilles.

 

 

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