Un blog pour quoi faire ?

Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Synthèse finale du thème « idéal ».

13 avril 2013 de Idéal Guyane
Maurice Pindard 05-06-2011

 Ami blogueur,

Depuis un an, j’anime le blog « idealguyane »  en compagnie de Gilles Joan qui réalise les interviews sur l’actualité.

En exergue, une phrase expose l’idée de cet espace virtuel : « De l’idéal au rêve, du rêve à l’objectif, de l’objectif à la réalité ». Il y donc l’intention de parcourir plusieurs étapes, au moins quatre.

Lorsque l’on ouvre un article, une autre phrase parait : « planter une parole pour qu’elle germe dans notre esprit, fleurisse dans notre cœur et nous anime sur le chemin ». Il y a donc l’intention de cultiver une parole pour qu’elle vive continuellement en nous pendant que marchons vers demain.

Nous avons abordé 16 sujets regroupés en 4 volets.

Dans un premier temps il fallait situer l’Homme guyanais que nous sommes et le placer  au niveau et à la dimension qu’il occupe dans la vie sur notre planète la Terre. C’est-à-dire au même niveau et à la même dimension que n’importe quel être humain sur n’importe quel continent. Nous sommes, nous aussi, une merveille de la nature, apparue après la formation de la Terre, l’apparition de la vie, les animaux et les mammifères dont nous faisons partie.

Merveille de la nature, dotée d’une pensée structurée et d’un langage articulé. Dotées de formidables capacités  qui ne cessent de se développer. Nous avons colonisé la terre entière, domestiqué les plantes et les animaux.

Au niveau individuel, à un moment de notre vie, nous nous rendons compte que nous existons et que nous allons mourir. Nous réalisons que nous avons un court moment à passer sur terre et que, pendant ce temps-là, si les conditions le permettent, nous pouvons choisir de ne pas subir, donner un sens à notre vie. Nous aiguisons ainsi notre conscience individuelle tout en constatant que nous sommes imprégnés depuis la naissance de la conscience collective de notre famille, notre clan, notre village, ville, pays, continent. Finalement nous partageons avec les milliers puis milliards d’habitants de notre planète, dès le début de l’aventure humaine, une même conscience  de terrien.

Épopée de l’être dit supérieur qui, en toute animalité, se livre à une compétition meurtrière, l’un contre l’autre, depuis la nuit des temps. Celui qui possède en veut davantage et affute ses armes, celui qui n’en a pas assez a déjà sorti les siennes. Guerres et massacres jalonnent l’histoire de l’homme. IL semble que cela soit naturel et inéluctable. Alors que parallèlement, la pensée, la parole et l’écriture révèlent les besoins et l’instinct, puis le désir et les idéaux que l’espèce humaine à ressenti et proclame.

Idéal de Vérité dans un univers de mensonges. Nous voulons savoir, nous en avons le droit imprescriptible. Nous sentons et disons que La Vérité est une clé du progrès humain, du progrès guyanais aussi, naturellement. Nous voulons l’approcher, la dévoiler, la découvrir, la célébrer. Nous réalisons que la Vérité évolue au cours du temps, qu’elle n’est pas une divinité que l’on adore, qu’elle est relative et que finalement c’est la vérité de chacun qui compose la vérité de tous. Même si, parce que les instruments de l’homme lui permettent de l’affirmer, il y a des vérités qui se sont établies.

Idéal de Justice. Encore une « essence » que l’on voudrait divine pour qu’elle s’impose à tous et soit acceptée par chacun.  Hélas,  dans la mythologie pharaonique négro-africaine ce sont les dieux qui actionnent la balance de la justice pour peser le cœur de ceux qui rejoignent l’au-delà, mais, dans la vie de l’homme, ce sont eux-mêmes qui  la manœuvrent. Ainsi, bien qu’elle soit réputée impartiale, elle règle l’ordre dans la société, elle garantit donc le maintien des systèmes en place, au bénéfice de ceux qui ont instauré l’ordre établi. C’est ce qui conduit les peuples du monde à relativiser la justice, à en découvrir les travers et à lutter contre les injustices que la justice, officielle, admet.

Idéal de paix. Certes on souhaiterait ne pas avoir à se battre et l’on voudrait que les conflits cessent. Que la paix ne soit pas qu’un simple intermède entre deux guerres. On ressent que si  la paix devient une exigence alors l’homme peut se consacrer à la production des biens qui l’émancipent, que ce soit les équipements  de santé ou d’éducation, de production de logement ou de nourriture. Mais la réalité de la compétition entre les vivants s’impose souvent. Les grands de ce monde ont décidé que la menace d’un conflit armé ou la guerre en elle-même sont une solution pour la paix tandis que ceux qui refusent de subir consentent à passer par les armes et la mort pour gagner le droit de vivre en paix. Elle reste cependant une aspiration profonde et universelle, des accords la scellent, des institutions la protègent, et l’homme la réclame.

Idéal de bonheur, puisque la paix le promet. Au-delà des conditions matérielles d’existence, permettre à La Vérité de s’exprimer au mieux, à La Justice  de mieux peser, afin que l’Homme, merveille de la nature, puisse développer toutes les capacités dont il est porteur. Dans le but de jouir de la vie, avec bonheur, y compris en Guyane, bien sûr. Instants fugaces et simples de joie intense, moments plus longs où l’humain savoure «  un état de grâce » qui le comble. Et, même si, rattrapé par les péripéties douloureuses de la vie, le Bonheur ne serait fait que de ces  passages plus ou moins long, l’homme s’acharne à s’en rapprocher quitte à ne jamais l’atteindre. En tant qu’idéal, tout justement.

Cependant, ces grandes idées qui honorent le genre humain sont contrariées par la nature humaine elle-même, charnelle, sanguine, irrationnelle, complexe.

Ainsi, nos sentiments troublent notre vision et nos actions.

La jalousie nous habite et nous sommes obligés de vivre avec elle. A l’intérieur de notre cœur elle fait naitre des pensées, des paroles et des gestes. Tant que la raison peut la contrôler, elle peut être un stimulant, mais souvent le bon sens s’affole et d’obsession en élucubration la jalousie nous conduit au pire, jusqu’à la folie. Que ceux qui estiment s’en être débarrassés restent quand même vigilants, quant à nous autres, apprivoisons la, domestiquons la.

A d’autres moments de la vie, sans vouloir l’admettre parfois, nous faisons preuve de méchanceté. On dit ou l’on fait des choses qui font mal, on le sait, on le fait quand même. Calomnier, agresser verbalement ou physiquement pour faire du mal à l’autre dont le seul tort est d’être différent ou avoir réussi. Sur la scène politique la méchanceté est presqu’admise, les tracts orduriers, les lynchages sur les média. C’est une bête féroce qui sommeille chez tous les humains. Certains affirment la tenir en laisse, bravo, qu’ils veillent quand même qu’elle ne casse sa corde. Quant à nous autres,   il ne nous reste qu’une solution, la tuer.

En effet, dans la construction commune que nous avons entamés, bénévoles et militants guyanais, simple partisan ou sympathisant, il n’y a pas de place pour la méchanceté.

Ni pour l’égoïsme. Il est vrai qu’il faut s’occuper de soi. Des principes de vie nous apprennent qu’il faut d’abord penser à son « moi », le soigner et en être fier, pour pouvoir aider les autres. Mais souvent aussi nous dérivons vers l’individualisme. Ce comportement humain qui oublie que l’homme n’existe qu’en société et que toute parole ou action d’un individu agit sur les autres congénères de la communauté humaine. Il n’est pas possible de sortir du grand canot de la vie. Alors s’il est vrai que l’égo doit être cultivé, il faut veiller qu’il ne se transforme pas en égoïsme, qu’il ne déborde et nous conduise à ne pas tenir compte des autres colocataires de la maison, du village ou de la Terre.

L’amour peut nous y aider. Même si il rend aveugle et peut animer les passions les plus folles. Il permet aux humains de construire durablement ensemble. Il persiste dans le cadre familial malgré les difficultés de la vie. Il anime la foi des bénévoles. Il siège au milieu des militants, même si leur cœur de « purs » ou de « durs » peine à s’ouvrir. Il est le recours ultime des marcheurs du changement, qui aux moments les plus tendus, puisent dans leur amour pour leur peuple les moyens de se transcender.

Au-delà de la volonté ou des convictions il nous faut une boussole pour avancer.

Au cours du temps, en observant la nature et la société, on arrive à admettre que la contradiction est partout, en toutes choses. La lutte entre la vie et la mort, entre le plus et le moins, le bon et le mauvais, entre les forces sociales qui aspirent au changement et celles qui s’obstinent à maintenir leur domination. Entre l’entité guyanaise en tant que telle et les projets de l’autorité de tutelle dont les intérêts sont en contradiction avec ceux de la communauté guyanaise.

Pour étudier et comprendre ces contradictions il nous faut pratiquer, c’est-à-dire faire, agir. Il est vrai que l’expérience accumulée des hommes fournit des éléments théoriques qui permettent de connaitre, en gros, les réalités que l’on doit affronter. Mais souvent c’est en se frottant à la difficulté de la tâche que l’on en saisit le sens profond parce que c’est dans la réalité des choses que se niche l’explication. Au point que les anciens nous disent que c’est l’ouvrage qui guide la main du bon ouvrier.

Alors on peut s’armer d’une méthode et appliquer une démarche que ceux qui ont œuvré et continuent d’agir pour « qu’un autre monde soit possible » ont expérimenté.

La méthode dialectique nous enseigne, notamment, que tout évolue et que rien n’est figé, définitif, de même les sociétés humaines. Que tout est relié et en interaction. Que c’est la lutte des termes opposés des  contradictions qui fait la vie et cause le changement. Qu’il y a un temps long au cours duquel les choses murissent et qu’il y un temps court au cours duquel se produit le saut qualitatif de la transformation de la nature du phénomène. Les groupes humains opprimés luttent longtemps pour le changement social qui souvent se produit brusquement, avec force.

La démarche matérialiste nous conduit à mettre en relation l’esprit, les idées et la matière, la réalité, dans un va et vient continu. Avec une ouverture philosophique qui ne donne du sens à la connaissance que si celle-ci se met à l’épreuve de la réalité en mouvement dans le but de la transformer. Car c’est au cours de ces processus répétés que l’homme finit par comprendre « la matière »  de la réalité sociale et qu’il peut énoncer une théorie, des idées, permettant sa transformation.

Nous avons donc parcouru un long périple intellectuel, au plan des idées, et les internautes ont donné  leur avis.

J’avais annoncé qu’à partir d’un certain volume d’idées et de débatteurs, disons de blogueurs, j’inviterai les amis à une rencontre. Le moment est venu.

Dans quelques semaines, le temps de la préparation de l’évènement,  nous pourrons, de vive voix, partager des idéaux communs et je vous proposerai de commencer à  faire ensemble le même rêve pour la Guyane.

De la présence de chacun dépendra la poursuite de cette aventure au cours de laquelle nous dessinerons progressivement les contours et le contenu d’une même aspiration.

Si zòt lé…

Maurice PINDARD.

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