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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Le blog de « Moris » : piti piti li ka vansé.

2 avril 2013 de Idéal Guyane
Maurice PINDARD.

L’actualité mondiale est économique et la Guyane n’y échappe pas.  Si les choses semblent s’arranger pour le conseil général de Tien Long qui pourra construire les collèges, ne devons nous pas nous préparer à une pluie de « pikan wara » sur notre dos avec la crise qui sévit en Europe que nous faisons semblant de ne pas voir ni comprendre ? Alors bien sûr nous interrogerons Maurice Pindard afin qu’il nous livre son analyse politique. Et puis il y a aussi l’anniversaire du « Blog de Maurice… ».

 Le blog : le blog « Idéal Guyane » fête sa première année sur le web, comment vivez-vous cette étape ?

Maurice Pindard : Je suis particulièrement content du travail que nous faisons avec Gilles Joan depuis le 13 mars 2012. Nous postons en moyenne un article par semaine, alternativement un sujet de fond et une réaction sur l’actualité. Le nombre de  lecteurs augmente. Le moment présent, en cette fin mars 2013, marque une étape dans le chemin proposé par le Blog parce que dès la semaine prochaine je proposerai une synthèse générale de tous les thèmes philosophiques et je proposerai aux bloggeurs et aux amis de nous rencontrer pour en parler. Après cet échange de vive voix, nous entreprendrons, avec ceux qui le voudront une autre étape du blog.

 Le blog : Alain Tien Long a obtenu apparemment l’assurance de l’état français du versement de plusieurs millions  dus qui lui  permettront  de construire les collèges prévus , et donc de voter son budget en équilibre. Les choses étaient déjà compliquées avant mais le semblent encore de plus en plus  aujourd’hui pour l’état français qui risque de ne plus assurer ses plus simples engagements envers la Guyane. Qu’est ce qui nous attend demain?

Maurice Pindard : Comme je l’avais dit plus tôt, l’état donne une bouffée d’oxygène pour calmer le jeu. Mais il est sûr que nous sommes en période de restriction et l’état, déjà en carence, continuera de s’absenter sur de plus en plus de sujets. Je pense que c’est une bonne chose parce que cela pousse davantage de secteurs économiques et sociaux à prendre position en réaction à cette situation extravagante.

Le blog : Avec des moyens qui ne cessent de se réduire, comment voyez-vous  la nouvelle collectivité  de 2015? Êtes-vous tout de même optimiste pour le pays?  

Quel est l’aspect positif de la nouvelle collectivé ? Pour moi, c’est tout simplement le fait que ce sera une Nouvelle Collectivité. C’est-à-dire, un changement, aussi petit qu’il soit, dans une ambiance  départementaliste qui dure depuis 1946. Mais, sur le fond, elle est régie par l’article 73, il faudra procéder par des demandes de dérogations continuelles que l’on appelle « habilitation ». Ce n’est vraiment pas une solution pour la Guyane.

Je suis optimiste pour le pays parce que je pense et je vois que le peuple guyanais a les moyens de construire un pays, un vrai pays. Chacun fait un bout du chemin, de son côté. Le moment venu, tout le monde convergera vers un seul but, j’en suis convaincu.

 Le blog : il y a quelques jours les yeux des Guyanais et Guyanaises étaient braqués sur  Maripasoula et sur le centre Hospitalier de Cayenne à cause de ces morts de « Garimperos » qui restaient inexpliqués. Sur le moment qu’elle a été votre réaction ?

Maurice Pindard : Plus rien ne m’étonne. La France vit son mythe de pays des droits de l’homme, pays civilisateur, pays expansionniste. Sur toute la  Terre, l’état français et ses ressortissants, dispensent « la civilisation » aux peuples « arriérés ». Ils envoient leur hélico du SAMU sur un site illégal pour soigner des garimpeiros qui volent l’or de la Guyane que l’état français ne veut pas que les guyanais exploitent !!!

Ils réquisitionnent un gymnase pour soigner en pleine ville de Maripasoula des individus atteint d’une maladie alors inconnue !!

Du n’importe quoi, du mépris insultant en pleine lumière et en pleine figure !!!

Le blog : Comment jugez la réaction de notre classe politique ?

Maurice Pindard : Ils réagissent comme d’habitude : ils font des protestations convenues. C’est-à-dire qu’ils « jouent le jeu », ils donnent de la voix,  l’état argumente et eux ils coupent la poire en deux.

Ce sont les habitants de Maripasoula qui ont bien réagit, ils ont interdit l’accès du Gymnase. La réaction du jeune conseiller général, Djani, n’était pas mal aussi, il a recommandé au préfet de mettre les garimpeiros sous les tentes de l’armée sur la place de Grenoble (place qui est devant la préfecture).

 Le blog : Est-ce que des choses  sont faites dans le « péyi » sans l’avis des Guyanais ?

Maurice Pindard : Tout ce qui est stratégique, important, est fait dans le dos des guyanais et de leurs élus qui sont mis devant le fait accompli et apprennent la nouvelle dans le journal ! Quand ils consultent les élus c’est du cinéma pour les distraire. Il faut dire, encore une fois, que la plupart de nos représentants acceptent ce rôle de bwa-bwa.

Le blog : Avec la crise en Europe la Guyane ne risque-t-elle pas de recevoir une grappe de coco sur la tête sans y être et surtout en ne faisant pas l’effort de se préparer ?

Maurice Pindard : Vaux mieux dire un (1) coco, comme cela nous ne risquons que la fracture crânienne, parce que s’il s’agit d’une grappe, nous sommes morts !!

Je pense que la France a encore les moyens, et elle y a intérêt, de sponsoriser, à dose réduite certes, l’économie et le social de Guyane pendant quelques années encore. Elle a aussi une panoplie de moyens juridico administratifs pour jongler avec nous. Il nous reste à profiter de la récession pour faire augmenter la prise de conscience de notre peuple.

 Le blog : Le GIP tout comme « Vaval » renait de ses cendres. Comment l’expliquez-vous ? Est-ce qu’il y a encore de l’espoir pour une université de plein exercice en Guyane ?

Maurice Pindard : On a du mal à les croire !! Quand il fallait prendre la décision politique de créer l’université de la Guyane, la majorité UMP-PSG de 2000 avait préféré créer un GIP sur les recommandations du professeur Blamont qu’ils étaient allés chercher  en France. Ils avaient juré que c’était une transition pour une université de plein exercice en 2006. On entend que le GIP est en perte de vitesse, qu’il faut le refaire vivre et on nous ressort la promesse de l’échéance de l’université de plein exercice, cette fois ci en 2020 ! On aura perdu 20 ans !! Comment les croire ??? Je pense que nous n’aurons l’université de Guyane  que lorsque les étudiants de Guyane seront informés, unis et mobilisés

Propos recueillis par JOAN Gilles.

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