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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Une démarche.

22 mars 2013 de Idéal Guyane
Maya1

La recherche de la vérité nous impose une démarche. On pourrait dire une démarche scientifique mais le terme pourrait gêner ceux qui pensent, à raison, que la science ne détient pas forcément la vérité.

Nous savons que la connaissance de l’homme est aussi illimitée que l’est l’univers de connaissance qu’il doit connaitre.

Que cela soit prouvé ou non, on a le sentiment que «  sa nou pa konnèt gran pasé nou », que l’on ne peut pas tout savoir, qu’il y aura toujours des choses qui nous dépasseront, qu’il est vain d’essayer de connaitre.

Pourtant, aussi petit que soit l’homme devant l’immensité du savoir inconnu, cet être, apparu après tous les autres sur terre, n’a jamais cessé d’étendre le champ de son savoir.

Nous sommes donc embarqués dans le canot de l’aventure humaine, celui-ci suit le fil du temps, sans jamais faire demi-tour, en découvrant toujours d’autres et d’autres territoires de la réalité physique et non physique qui nous entoure et nous étreint.

Parce qu’il s’agit d’une épopée humaine, elle est aussi celle des sociétés et de leur évolution.

Ainsi, action individuelle imbriquée dans action collective, l’homme est engagé dans la transformation de la nature et de la société.

Il a mis au point des instruments pour mieux connaitre la réalité. Il a conçu  des démarches, des façons de faire, afin que l’outil soit son prolongement et son intermédiaire dans son dialogue avec cette réalité qu’il s’acharne  à transformer.

L’une des démarches qui nous est parvenue, reprise par tant de militants de la grande cause humaine, est celle qui consiste à mettre  consciemment en relation l’esprit et la matière dans un va et vient continu.

Ce que nous appelons matière ici c’est ce qui existe indépendamment de nous, à l’extérieur de notre corps. C’est la réalité complexe dans laquelle nous vivons et que nous percevons grâce à nos sens.

Ce que nous appelons esprit ce sont les idées qui se forment dans notre cerveau, notamment à propos de la réalité complexe dont nous parlons.

On est tenté dire que c’est ce que nous faisons tous les jours, que c’est élémentaire et que finalement si il s’agit d’une démarche, c’est la démarche naturelle de tous les hommes vis à vis de leur environnement.

Et pourtant !!

Souvent, pour parler de ce que l’on ne connait pas, on se sert de ce que d’autres ont dit, à un moment donné, sur le sujet. Par exemple, que se passe-t-il à Kourou , pourquoi une telle violence des jeunes ?

Convenons que la plupart des gens se contentent de ce que disent les médias ou les hommes politiques, ou les experts, pour se faire une opinion. Ils ne sont donc pas allés en contact avec la réalité de Kourou, ils n’ont pas vu, entendu, marché, discuté, notamment avec les jeunes. Ils n’ont pas mis leurs sens au contact de la complexité de cette ville en ce début d’année 2013.

Et ce déficit de connaissance de la réalité est vrai tous les jours dans tous les domaines. On va rarement à la découverte de la vérité, on se contente de répéter ce que d’autres ont dit, qui ne sont peut-être-mêmes pas allés non plus !!

Donc, il n’est pas inutile de préciser les points importants de la démarche qui permet d’approcher le vrai.

Rappelons- le : la première chose à faire, c’est de se mette au contact de la vérité qui existe dans la matière de la réalité afin de se faire une idée, des idées et se forger une opinion.

Il y en a une deuxième.

En effet, tout bouge, rien n’est figé. La réalité que nous voulons connaitre est déjà en train d’évoluer. Pour reprendre l’image de Kourou, la ville de 2000 n’est pas celle de 2005, ni celle de 2013. En 2014, elle aura encore changé.

Le second point de la démarche est donc que le mouvement de l’esprit vers la matière doit être continu. C’est dans la répétition de l’acte de connaissance que nous nous rapprochons de la vérité. Celui qui croit qu’il connait définitivement ne sait pas. Il parle de ce qu’il a vu, à un moment donné, sans savoir que, les choses ayant changé, il est en train de se tromper et de tromper ceux qui l’écoutent.

A ce moment de l’exposé se pose une question ?? Dans quel but voulons-nous connaitre la réalité des choses. En tant que chercheur en sciences sociales, politologue etc.

La réponse est non, la démarche s’adresse au militant, au bénévole, à celui qui a choisi de s’engager dans la transformation sociale parce qu’il a compris que pendant le court moment passé sur terre, il a le choix de ne pas subir.

Il faut alors  rajouter à la démarche un troisième terme, l’expérimentation, l’expérience.

En effet, comment savoir si l’idée que je me suis faite de la réalité que j’ai étudiée est juste ?? Une seule solution, l’éprouver.

C’est-à-dire que je dois mettre l’esprit à l’épreuve de la matière. Je dois essayer d’agir, de transformer «  la chose ».  Si nous reprenons l’exemple de la violence à Kourou, une fois que l’on s’est fait  une opinion dans la confrontation avec la réalité, il faut mettre  cette opinion, ces propositions, en œuvre pour vérifier  si elles étaient bonnes ou fausses.

Ce n’est que lorsque l’on essaie que l’on peut savoir. Sinon, nous sommes dans les discours inutiles.

Il est possible que les solutions proposées ne fonctionnent pas, ou pas correctement. Alors l’expérience le dira et l’on pourra formuler d’autres hypothèses à mettre en œuvre.

Résumons nous, c’est dans le va et vient incessant de l’esprit vers la matière et de l’expérimentation sur la matière par l’esprit que l’on s’approche au plus près de la connaissance.

Cette démarche qui permet de refléter dans notre esprit la réalité qui nous entoure et de vérifier dans la réalité la justesse de nos idées est la démarche matérialiste.

Bien sûr il ne s’agit pas de matérialisme dans le sens des biens matériels que l’on accumule ou parce que l’on rejette le spirituel.

Il s’agit d’une démarche à caractère philosophique qui conduit à puiser la source de l’esprit, nos idées,  dans la matière, la réalité, dans un aller-retour continuel tout en expérimentant la valeur de ces idées, la théorie, dans l’action de transformation de la matière, la réalité sociale.

Maurice PINDARD.

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