Un blog pour quoi faire ?

Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Tout bagaj lyé.

24 février 2013 de Idéal Guyane
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Après plusieurs jours et une forte mobilisation du secteur minier et  celui de la pêche; la crise qui guettait a été évitée de justesse, mais pour combien de temps encore ? Pendant ce temps Albéric Benth, arrivé deuxième se prépare à lier des alliances afin de prendre la tête de la chambre d’agriculture alors que les résultats prévoyaient une victoire pour la liste d’Albert Siong. Et puis au niveau international il y a le retour d’Hugo Chavez au Venezuela et la large victoire dès le premier tour  du président Victor Corréa en Equateur. Le blog vous propose l’analyse de Maurice Pindard.

Le blog : Maurice Pindard que pensez-vous de ce remue-ménage dans le monde agricole guyanais?

Le principal problème de la candidature de d’Albert Siong est qu’il est téléguidé depuis Paris. Epailly et Benth auraient pu s’allier au premier tour, parce que, vraiment,  où est leur différence ? Vont-ils le faire après coup, et quel est l’intérêt pour la Guyane. De toute façon aucun des trois ne remet en cause le sous  rôle qui est assigné à cette instance par la préfecture. Les effets de voix d’Epailly sont des « granwach », il est au stade de choisir entre le préfet et le trésorier payeur général (TPG). Quant à Benth, il est à la tête de ce fameux parti, l’AGEG, où l’on peut avoir une deuxième carte d’adhérent, celle du parti de Hollande !!

Le blog : Quelque soit le prochain président de la chambre vous ne croyez pas  à un développement sérieux et durable de l’agriculture Guyanaise ?

Pour que le développement agricole soit durable il faut qu’il s’appuie sur l’agriculture familiale guyanaise et il faut que celle-ci ait les moyens de se reproduire et d’évoluer en autonomie. C’est-à-dire qu’il faut une véritable politique agricole d’encadrement et d’installation d’agriculteurs guyanais dans le but d’assurer l’autosuffisance alimentaire du pays. Les productions et les techniques à promouvoir doivent être, en priorité, celles dont nos agriculteurs sont dépositaires, depuis des siècles. L’innovation et la modernisation doivent y puiser leur source.

Or, c’est le contraire que veut et fait la France en Guyane, relayée, docilement, par la chambre d’agriculture.

Le blog : Maurice Pindard, revenons aux conflits des orpailleurs et des pêcheurs. Tout d’abord l’accord trouvé par les pêcheurs peut-il assurer l’avenir du secteur ? Faites nous une analyse de ce document signé avec l’état français.

C’est un document en 14 points contenant trois annexes. Sur la question principale de l’éradication du pillage des ressources halieutiques, «  l’état va mettre en place dans les plus brefs délais un plan de lutte effectif », sans date, ni moyens. Sur le redémarrage de l’activité les pêcheurs obtiennent un fonds de près de 2 millions d’euros auquel participe l’état, la région, le CNES, l’Europe et la Shell. Sur les actions structurantes l’état « les soutiendra en collaboration avec les professionnels ».  La question des dettes sociales, fiscales et parafiscales sera traitée «  de manière spécifique », avec un « examen au cas par cas » et  « des modalités de remise ou d’étalement des dettes ». Les fonds seront gérés par l’Etat et le CRPMEM (organisme guyanais de la pèche) par l’intermédiaire de l’AFD (Agence Française de Développement).

Comme toujours l’état français s’en sort en débloquant des fonds, ce qu’il aurait pu faire avant la grève. Comme d’habitude, son « engagement » est un trompe l’œil et les questions  des dettes  sociales et fiscales sont examinée au cas par cas, ce qui est déjà la règle, ou devrait l’être en temps normal.

L’état français a donc désamorcé le conflit qui le gênait diplomatiquement en jetant une bouffée d’oxygène dans une profession que lui-même asphyxie. Les pêcheurs ne sont pas dupes, ils ont dénoncé le double langage de l’état dans leur dernier communiqué mentionnant le nombre de bateaux clandestins qui pillaient encore la ressource dans la zone où soi-disant, l’état s’est « engagé » !!

Faites-vous la même analyse pour l’accord des orpailleurs ?

J’attends de voir si sur la revendication de fond concernant l’installation d’orpailleurs guyanais légaux à la place des garimpeiros, il y aura une suite réelle. Je pense que c’est encore un leurre. Dans ce secteur les choses sont plus «sérieuses », il y a de l’or en jeu !! Les petits orpailleurs risquent de faire les frais d’arrangements entre les gros, les politiciens notamment de la Région (l’un des plus gros orpailleurs est vice-présidente…) et l’état français qui bénéficie finalement du détournement de l’or guyanais.

Le blog : Maurice Pindard il est nul besoin d’être expert pour se rendre compte que la situation se dégrade en Europe, donc en France aussi, quelles sont les conséquences pour la Guyane ?

Elles sont surtout psychologiques pour l’instant. On sait que le robinet social est en train de se fermer. Les élus s’accrochent à Bruxelles, les professionnels sont forcés d’y croire encore, mais la situation de crise permet d’argumenter sur la  pertinence d’un système départemental artificiel maintenu à coup d’allocations et de subventions. Alors que le dynamisme économique de nos voisins nous saute aux yeux !

Le blog : Rémy Louis Budoc de l’UMP locale préconise un nouveau statut pour la Guyane, marche-t-il sur la tête ?

Ces politiciens n’ont pas de scrupules. De gauche ou de droite.  Quand ils sont dans l’opposition ils sont « révolutionnaires ». Ce n’est pas la première « sortie » de Budoc ! Il suffit qu’ils soient dans la majorité, ils redeviennent ce qu’ils sont, des collaborateurs sans conscience d’un système colonial qui les fait exister.

Le blog : Tout juste à une longueur de bras de chez  nous, au Venezuela,  il y a Hugo Chavez qui est rentré à la maison après des soins à Cuba, votre réaction.

Fidel Castro avait dit qu’ils ne le laisserait pas mourir, il a tenu parole. Félicitation pour la médecine cubaine, pour l’amour que ces hommes d’exception portent à leur peuple, pour la conviction sans faille dont ils font preuve et pour la lucidité «  de fer » qu’ils démontrent en déjouant, quotidiennement, les pièges tendus par les milieux financiers, leur opposition nationale et  les Etats-Unis notamment. J’attends impatiemment le discours d’investiture de Chavez. Bravo aux peuples cubain et vénézuélien !

Le blog : Toujours sur notre continent, il y a Victor Corréa qui a été très largement réélu en Equateur, deux mots.

Vayan ! Le score est sans appel. L’Amérique du Sud nous donne des raisons d’espérer.

Le blog : En quoi la politique de ces deux leaders se rapproche-t-elle de la politique que souhaite mener le MDES en Guyane.

 On peut en extraire deux éléments, la politique du partage des bénéfices voire de la nationalisation  des groupes industriels et financiers qui exploitent les richesses naturelles du pays. Ainsi que la politique sociale, travail, logement, santé que permet l’utilisation des revenus des richesses du pays.

Propos recueillis par JOAN Gilles.

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