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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Une méthode

17 février 2013 de Idéal Guyane
Maurice PINDARD

Ceux qui, avant nous, ont observé le monde et ont essayé de faire avancer la cause humaine  ont aussi construit des outils pour mieux comprendre la complexité de la tâche.

Ainsi, chaque génération teste les instruments mis au point dans l’époque précédente et enrichit, à son tour, la connaissance que l’homme a des moyens qui peuvent l’aider à transformer la société.

Parmi les méthodes qui ont parcouru les siècles, il y en a une qui retient  l’attention de nombreux partisans « d’un autre monde est possible ».

Elle porte un nom, il s’agit de la dialectique.

Aux élèves et étudiants on apprend que les philosophes grecs ont inventé une méthode de discussion qui consiste à dépasser les contradictions qui existent par une troisième voie qui vise à améliorer la situation. La dialectique serait l’art de trouver la troisième voie. IL y aurait une dialectique dans chaque chose, c’est-à-dire les deux termes de la contradiction et surtout les éléments d’une solution troisième qui les transcende.

Nous nous intéressons,  ici, aux lois et principes mis en évidence par ceux qui se sont engagés dans le changement social  depuis plusieurs siècles et qui s’appliquent aux réalités les plus diverses.

Le premier  principe est que tout bouge, tout est en mouvement, rien n’est inerte, tout a une histoire, tout ce qui a commencé se termine un jour.  Ce principe observé dans la nature est aussi en œuvre dans les relations socio-économiques et politiques des hommes. Une société apparait, puis disparait et une autre s’installe, ainsi de suite depuis les premières civilisations.

Le deuxième principe est que tout est lié, rien n’existe ou ne vit isolément. Tout est relié. Et chaque chose agit sur toutes les autres. C’est une constatation valable pour tous les éléments de notre univers, et aussi pour les hommes dans leur évolution sociétale. Une réforme, une invention ou un changement dans tel pays agit à des milliers de km dans un autre pays, réciproquement et dans toutes les directions.

 La troisième loi est celle de l’existence et du fonctionnement des contradictions. Comme nous l’avons vu précédemment « la contradiction est partout » ; dans les sociétés humaines aussi ; en Guyane aussi. Contradiction entre les intérêts de la France et ceux de la Guyane, entre le peuple guyanais et l’état français, entre les objectifs des propriétaires d’entreprises et ceux des ouvriers, des employés etc. Les contradictions existent aussi au niveau international, entre les grandes puissances, entre elles et les pays émergents, entre les grands monopoles transnationaux et les territoires dont ils exploitent les richesses naturelles etc.

La quatrième loi est celle du changement par bond. Les conditions internes aux phénomènes murissent lentement. Les 2 termes des contradictions sont en lutte permanente.  Après une accumulation quantitative prolongée qui provoque la maturation de l’évènement, il se produit un changement qualitatif, brusque, et violent. Le phénomène, l’évènement, change de nature. Dans le cas des sociétés humaines où l’homme est le principal moteur des avancées sociales et politiques, les changements prennent la forme de révoltes et de révolutions. Elles ont couvées pendant de longues années, en accumulant des forces, en s’étendant à de nombreux secteurs sociaux. Elles  éclatent violemment. Une autre ère s’ouvre avec ses propres contradictions.

La méthode s’enrichit d’autres principes qu’il convient aussi d’examiner par l’étude, la formation, en d’autres lieux. Par exemple, l’opinion populaire est convaincue que l’histoire se répète. Oui, mais jamais de la même façon ! Car le temps n’attend pas, les conditions ont changées, le contexte et les forces en présence. En général, la situation se complique, la contestation s’étend, l’expérience s’accumule, le moment de la rupture s’approche toujours davantage. C’est une évolution en spirale qui donne l’impression de revenir au même point alors que le cercle est plus large et que le niveau est plus haut.

L’application de ces principes ou lois de la nature nous guide dans l’observation et la transformation des réalités sociales qui nous embrassent. Nous comprenons mieux quelles forces agissent, dans quel sens. Nous savons comment va évoluer une situation donnée. Nous prévoyons les tumultes indispensables à la maturation des phénomènes en mouvement. Nous les voyons en relation avec les autres remous sociaux du pays, du continent  et du monde. Nous envisageons leur histoire et nous prévoyons les degrés d’évolution inévitables. Nous partageons la conviction, basée sur la pratique accumulée de nos prédécesseurs et vérifiée par la nôtre, la conviction que le changement murit lentement mais sûrement. Nous nous  activons à alimenter l’avènement du saut qualitatif qui nécessairement suivra.

Il y a de la place pour le découragement, les états d’âmes ou les émotions. Mais quand ils interviennent, ils ne sont que les éléments subjectifs passagers de notre nature humaine entière et complexe. Une fois passés, c’est l’espoir qui s’ancre encore davantage dans les progrès du changement que le militant constate en observant les phénomènes selon ces quelques lois et principes.

C’est à la lumière de la dialectique que la pratique dépasse la contradiction.

 Maurice PINDARD.

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