Un blog pour quoi faire ?

Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

Facebook

Le critère de la pratique

19 janvier 2013 de Idéal Guyane
DSCN2090 Constuction d'une pirogue

Celui qui fait quelque chose est confronté à la réalité de la chose. Il peut faire bien ou mal. Il peut butter sur une difficulté et se reprendre à plusieurs fois. Il peut réussir aussi.

Lorsque l’on ne sait pas encore comment faire, on hésite, on a peur de se tromper ou de tout faire échouer.

La tendance naturelle est  donc d’attendre d’avoir le maximum de connaissance du problème ou de la question pour pouvoir y répondre correctement.

On fait le point sur le savoir accumulé par soi-même ou par les autres, dans les livres, ou reportages, ou sur internet. Une fois avoir recueilli assez d’information, on se décide à passer à l’action.

Et l’on risque de réussir ou d’échouer, encore…

Alors pourquoi attendre de connaitre pour entreprendre ? Pourquoi ne pas foncer et, une fois dans le bain, avec volonté, chercher à faire pour le mieux.

On interroge ici la relation entre la pratique et la théorie.

L’on admet assez vite que les deux sont nécessaires ! Qu’elles sont liées l’une à l’autre. Et, on peut déjà conclure, provisoirement, que celui qui veut transformer la réalité, dans la vie de tous les jours ou dans des cas particuliers plus ou moins spécifiques, aurait intérêt d’une part à faire l’état de ses connaissances et d’autre part se lancer dans la pratique afin de vérifier son savoir.

Cependant, il  y a de nombreuses occasions où  l’on n’a pas le temps de réfléchir longtemps, où l’on ne connait pas les expériences des autres et l’on se trouve alors démuni face à la réalité. Et l’on n’a pas la possibilité de  remettre l’action  à plus tard. Alors on se jette courageusement à la mer et l’on essaie de nager.

« A pou mankénéyé pou konnètnajé » nous disent les anciens.

Mais, quand même, Il vaut mieux  ne pas y périr.

On est alors  tenté de rajouter à la première conclusion que si la théorie et la pratique sont liées,   la connaissance du phénomène est primordiale, qu’elle est un préalable à l’action. Un grand homme a dit que « la théorie est un guide pour l’action ».

C’est à ce moment-là  qu’il nous revient une nouvelle interrogation : d’où viennent les connaissances que l’on est sensées recueillir avant l’acte ?

Elles viennent assurément de la pratique accumulée du genre humain, sur le sujet donné.

On en revient ainsi  à la pratique.

Aussi, La solution serait-elle, devant la densité de la forêt vierge  que l’on doit traverser, de tout simplement « entreprendre » de couper le premier layon ! Quitte à se faire « capturer » par les maskili.

« Danbwa ou pakonnèt, ou  ka dronmi a simitchè » prévient la sagesse populaire.

L’incertitude ne peut pas être complètement évacuée. Il y a une part de risque qui subsiste toujours parce que qu’elle que soit la réalité à transformer elle est nouvelle, elle est toujours nouvelle.  Rien ne survient de façon identique. Quelque soient les analogies, même si l’objet à transformer est le même, les circonstances, le temps, l’espace, le contexte sont toujours différents.

Il faut donc admettre qu’il y a une part de connaissances que l’on ne peut avoir, au préalable, et que la pratique se chargera de révéler les éléments qui manquent, lors du processus de transformation.

D’ailleurs, au début de la connaissance humaine c’est la lutte pour la survie qui enseigne et renseigne.

Certes il y a l’instinct qui guide l’animal, l’homme aussi. Mais il y a surtout l’apprentissage de la vie auprès des parents  et l’expérience personnelle qui alimente la connaissance.  C’est-à-dire la pratique sociale.

D’ailleurs, l’apprenti  l’ouvrier apprend beaucoup dans la chaleur de l’atelier. Et puis, en définitive c’est encore la pratique du métier qui forme l’expert, quelle que soit sa formation initiale. C’est en forgeant qu’on devient forgeron. C’est en plaidant qu’on devient avocat !

D’ailleurs, la période de stage, pratique, est quasiment obligatoire dans toutes les disciplines !!

Alors il nous faut admettre que si la théorie et la pratique sont indissociables, si il est préférable de s’assurer de ses connaissances avant d’entamer la transformation de la réalité, celles-ci sont nécessairement incomplètes et c’est dans le processus pratique lui-même que le savoir de l’homme se vérifie et s’enrichit.

Un maitre ouvrier guyanais disait à son élève que la  maitrise du métier est au summum quand, dans l’action, l’ouvrage guide l’outil.

C’est-à-dire que l’ouvrier confirmé doit savoir recevoir de la tâche qu’il exécute les leçons les plus subtiles…

Soyons prêts à généraliser cette sentence.

Maurice PINDARD.

Réagir

Post a Comment

Your email is never published or shared. Required fields are marked *

  1.