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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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La contradiction est partout.

2 janvier 2013 de Idéal Guyane
Laglas ké difé

L’étude de la réalité des choses, du monde vivant, des hommes en particulier et de leurs idées  montre un nombre incalculable de contradictions. Une chose et son contraire, une organisation vivante et son contraire, une notion et son opposée.

De plus,  les évènements, les histoires, les processus, notamment vivants, animaux, humains, ou au plan des idées, tout ce qui vit, évolue, est mu par ces forces contraires  qui existent en tout.

« Si le bien existe, le mal aussi »  nous disent les anciens.  Dieu et le diable, couple inséparable de l’imaginaire des premiers hommes.

« Si i gen divan, i gendèyè », on ne peut avoir plus sans moins.  « pran bon pou kouvrimové » parce que le bon et le mauvais vivent  en toute choses.

Partout, deux entités s’opposent dans un même phénomène et de cette opposition nait la vie de l’organisme, de la société, des idées.

La vie et la mort sont ensemble les conditions de l’existence.

Dans la vie il y a la mort et la mort donne la vie !!

L’homme est à la fois homme et femme. La femme est femme et homme. Parce que les principes féminins et masculins, hormones et autres caractéristiques biologiques ou psychologiques sont présents dans  chaque organisme.

L’univers est une contradiction. Il existe sans avoir été créé et il est réputé éternel.

Même dans l’interprétation religieuse du monde, l’on se réfère, en dernière analyse à une entité contradictoire, Dieu, qui n’existe nulle part et partout à la fois, qui crée tout à partir de rien.

Le bébé est déclaré vivant quand il sort du ventre de sa mère. S’il décède au cours de l’accouchement il est mort-né.  C’est donc qu’il vivait avant de naitre… ce qui permet  à la science de déclencher des accouchements prématurés et de sauver des vies avant leur naissance. D’ailleurs très tôt dans le ventre de la mère, la vie agite le futur nouveau-né. Et les milliards de spermatozoïdes du père qui se sont élancés pour que l’un d’entre eux féconde l’ovule de la mère  étaient déjà dotés d’une vitalité débordante. Aussi vrai que toute cellule animale et végétale vit !

A tout moment du développement de chaque individu, végétal ou animal, une partie en lui vit et une autre partie meurt. Et c’est la combinaison de la vie et de la mort qui le fait grandir. Quand il sera déclaré mort, une partie de lui-même vivra encore, cheveux,  barbes, ongles. Et son cadavre décomposé donnera naissance à de multiples autres existences.

« Vitman bon, dousman  bon» disent les anciens pour nous signifier la réalité de la contradiction.

Au niveau de la société, les luttes des hommes pour leur émancipation ont pris la forme d’opposition entre des catégories, des classes sociales et des individus appartenant à des régions ou des pays différents.

Dès que la colonisation a commencé en Guyane, son contraire est apparu, la décolonisation. Des hommes se sont battus pour conquérir et s’établir dans le pays, tandis que d’autres n’ont pas cessé de s’y opposer. Les révoltes amérindiennes et leurs valeureux résistants ne sont pas répertoriés dans les archives. Quoi de plus normal, puisque ce sont les colonisateurs qui en tiennent  les registres.

Dès que le premier esclave a posé les pieds sur le sol de Guyane ont commencé le marronnage et les révoltes.  Parce qu’une contradiction était introduite par la colonisation et la traite négrière parmi les hommes de Guyane, l’esclavage.  Des hommes travaillent pour d’autres hommes qui leur privent de leur existence d’hommes.  Ils produisent avec leur corps et leur esprit, mais ils n’existent pas en tant qu’hommes. Sur cette contradiction dans les faits, surgit une opposition entre  deux groupes sociaux, les esclaves et les maitres d’esclaves, l’état esclavagiste étant créé pour assurer la pérennité de ce  système d’exploitation de l’homme par l’homme.

Contradiction donc entre d’une part une foule d’esclaves noirs et d’autres part une poignée de maitres blancs organisés dans la production et dans l’administration.

Contradiction encore entre la foule des habitants de Guyane et l’état Français qui maintient toujours le pays sous la tutelle de la colonisation.

Contradiction enfin entre l’immense armée internationale des travailleurs du monde qui tous les jours vendent leur force de travail à une poignée de capitalistes, organisés en une poignée de grosses sociétés internationales elles aussi. Minorités d’individus qui s’enrichissent de la sueur de la  majorité qui s’appauvrit tous les jours.

Contradiction opératoire en Guyane aussi, bien sûr, puisque nous faisons partie du monde…

Comment sortir de toutes ces contradictions, en nous-mêmes, et à l’extérieur de nous. Dans les choses et parmi les vivants. Dans la sphère économique, politique  et dans le domaine des idées.

Les hommes ont regardé le monde et ont essayé de le concevoir dans leur esprit. Au fur et à mesure de leur expérience, au cours de longues années, ils  ont compris davantage ce qui se passait autour d’eux et en leur sein. Les grandes découvertes scientifiques ont permis de vérifier et de préciser les idées justes, ou d’éliminer les conceptions fausses. Leurs expériences personnelles et l’étude des expériences des autres leur ont permis de vérifier leur conviction.

Ils ont fini par admettre la contradiction comme un élément constitutif de la nature. Comment est-ce possible que des boules pesant des milliards de tonnes tournent sur elle-même et autour des autres sans moteur ?? Elles s’attirent l’une l’autre et ne se touchent pas ! la masse est liée à la vitesse, la matière se transforme en énergie, la lumière est à la fois matérielle et immatérielle !!

Il y aurait même matière et antimatière, particule et antiparticule…

Admettons alors, , admettons donc et cherchons à adopter la démarche la plus adaptée pour mieux comprendre et avancer dans le chemin de l’Homme pendant le court moment que la mort nous laisse à vivre.

Maurice PINDARD.

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