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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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L’amour

26 octobre 2012 de Idéal Guyane
luther et ghandi

L’amour est un sentiment dicté par le cœur. Il peut l’être aussi par la raison. Il accélère nos pulsations et nos pulsions. Il nourrit le feu de la foi. Il nous prend aux tripes et décuple l’énergie et la clairvoyance. Il enivre le passionné et souvent le trompe. Il nait parfois d’un regard et parfois mûrit pendant des années. Il est indispensable à la relation animale, notamment humaine. Il peut muer en affection, durer ou s’éteindre. Il peut se transformer en son contraire, la haine.

Dans tous les cercles de la société, l’amour est là, tapi sous ses différentes formes, et la vie se charge de les faire éclore.

Dans la maternité l’amour s’étale et scelle les rapports de la mère à l’enfant. Cependant, dans des situations matérielles difficiles, ce sentiment ne trouve pas assez de place pour s’épanouir. Des périodes de crises peuvent même provoquer l’infanticide, la mère tue sa progéniture. Chez les animaux, et donc chez l’Homme.

Dans le couple et plus largement la famille, l’amour trône en roi. Sous toutes les latitudes et de diverses manières. Entre les différents membres et à des degrés différents.

Dans le quartier ou le village, entre ceux que les circonstances rapprochent.

Dans le pays, le continent ou aux quatre coins du monde, dans notre époque mondialisée, de virtuel l’amour devient physique et les corps se parlent à vif.

Allons plus loin.

L’homme a construit au cours des temps un imaginaire collectif où l’amour s’est codifié selon les cultures. Sur le fond et la forme. Les êtres humains ont aussi rédigé des préceptes qui guident leur relation. Et, que de théories sur l’Amour !!

Avec  la circulation instantanée de la pensée par-delà les mers, il se bâtit un corpus de principes mettant en valeur le bien, le bien-être, le mieux-être, et du point de vue sentimental les paroles et gestes d’amour sont promotionnés. Comme pour palier aussi à la dépersonnalisation et à la déprime des sociétés urbanisées. A la recherche du « câlin ».

Dans les périodes de changements sociaux les hommes se dressent contre les injustices et brisent leurs chaines, ils construisent d’autres modèles. Pratique et théorie se complémentent. Les sentiments s’en mêlent aussi. Souvent la haine de l’oppression et de l’oppresseur, souvent aussi l’amour pour son peuple ou sa patrie. Amour qui peut aller jusqu’au don de soi.

C’est ainsi que certains hommes et femmes peuvent aimer leur peuple et leur pays au point de consacrer leur vie à les servir. Le sacerdoce religieux ne serait pas le seul et la foi ne serait pas que religieuse.

Certes l’engagement du partisan repose d’abord sur l’analyse des conditions réelles d’exploitation ou de spoliation des siens. Il est aussi alimenté par une conception, des idées, un programme.  Une organisation regroupe ceux qui ont « fait vœux » et les encadre.

Pourtant, parce que ce sont des hommes, tout simplement, les sentiments imposent leur présence en leur milieu. Alors il faut composer avec eux. Parmi ceux-ci, l’amour.

Entre deux partisans, tout bêtement. Ou dans le groupe. A des degrés et sous des formes diverses.

Ceux qui le nient, mutilent l’humain. Comme si le combattant serait une espèce différente, dénuée de sentiment, ne leur laissant pas place.

Il arrive souvent que cette  idée de la lutte désincarnée naisse spontanément, parmi les purs, les durs. Pour lesquels la sensibilité est signe de faiblesse. Il arrive aussi que certains constatent, d’eux même, que l’un des carburants de la foi militante est l’Amour. L’on fait appel alors  à la formation ou à l’expérience des autres pour finalement découvrir que si l’on veut libérer son peuple il faut l’aimer d’abord.

Bien sûr, cela vaut pour nous aussi, sur notre terre amazonienne de Guyane.

Nous souhaitons donner naissance à un ordre nouveau, ensemble, parce que nous avons compris et choisi. Parce que nous croyons au soleil levant. Nous nous engageons alors dans les voies étroites, difficiles, dangereuses mais prometteuses du changement.

Sur ce long chemin de la vie, il n’est pas possible de progresser sans amour. Parfois même c’est le seul ressort, nouveau, différent, qui puisse nous pousser, ensemble, vers l’avant.

Et dans les situations extrêmes, quand l’enjeu est décisif, au moment précis où tout est prêt à basculer, que toutes forces de l’esprit et du corps sont bandées telle la corde de l’arc amérindien, quelques-uns  des nôtres ont su puiser dans le sentiment premier l’ultime recours. L’histoire ne les a pas oubliés…

Alors nous devons nous convaincre que l’Amour qui brule dans nos cœurs de parents ou d’amants est de la même essence que celui qui anime les « marcheurs du changement ». Il nous faut donc le cultiver. Contrôler sa croissance pour en éliminer les excès. L’éprouver et le prouver dans les hauts  et les bas. L’écouter battre et y répondre  pour que quotidiennement,  jusqu’à l’arrivée, nous puissions vibrer ensemble, à l’unisson. Saluer et étreindre son son suprême. Déplacer les montagnes et gagner la liberté.

Maurice Pindard.

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