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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Guyane : l’insécurité routière tue, le PLU peut tuer l’agriculture.

18 octobre 2012 de Idéal Guyane
DSC01164 Non au PLU

Cette semaine en Guyane,  il était beaucoup questions de PLU, d’insécurité et changement des noms des rues portant des noms des criminels de l’humanité ; alors avec Maurice PINDARD nous avons fait un tour de cette actualité.

1°) Maurice Pindard suite à l’accident malencontreux et tragique d’un enfant en bas-âge, l’actualité prioritaire  était la formation et l’information autour  de  la sécurité routière. Donnez-nous votre avis sur la question sécuritaire dans le pays ?

Aujourd’hui même nous déplorons la mort de deux lycéens sur la route de Mana, Il est donc clair qu’il y a beaucoup trop de morts sur nos routes. Pourtant il y a aussi beaucoup de campagne d’information sur la sécurité routière.

Sur cette question délicate, il faut procéder par ordre et selon les responsabilités  de chacun. Vérifions d’abord si toutes les voies de circulation sont correctement réalisées et équipées, de trottoirs pour les piétons, de pistes cyclables pour les deux roues. Les trous sont-ils éliminés ? Les panneaux règlementaires sont-ils positionnés ? C’est le premier point à vérifier, et l’on sait qu’on est loin du compte or ce sont  des services officiels de l’état ou des collectivités qui gèrent les infrastructures routières.

D’autre part il faut interroger les contrôles. Sont-ils réguliers, ciblés ?et les moyens sont-ils suffisants pour assurer la mission de sécurités des usagers. On sait que là aussi le bât blesse !

Ensuite il faut examiner la société guyanaise et ses dérives admises par elle-même. La sur consommation d’alcool par exemple, et les multiples occasions de boire qui sont promotionnées.

Puis les fléaux comme la drogue généralisée, on la vend aux abords des établissements scolaires  ou comme le chômage qui trône à 30%, 40% dans l’ouest qui provoque le bizness et la débrouille généralisée, sans respect des règles, de sa vie et de celle du voisin.

La société guyanaise est une société malade, profondément malade et le médecin généraliste qui devrait l’ausculter n’est pas à la barre. Les  remèdes administrés ne sont que tisanes et « dité » pour soulager  et non pour guérir.

2°) Quel serait votre méthode de lutte  pour combattre cette insécurité sur les routes de Guyane ?

Comme dit plus haut, ce sont d’abord les voies qu’il faut correctement équiper, y compris par des dos d’ânes quand elles traversent des hameaux. D’autre part c’est l’éducation, notamment des parents au plus près des foyers, dans les quartiers et villages. Enfin c’est la lutte résolue contre les fléaux sociaux et les dérives qui en découlent avec les décisions stratégiques qui s’imposent. Le problème est que certaines décisions importantes relèvent de l’autorité de tutelle qui refuse l’autonomie guyanaise même pour sa sécurité. Les ministres des colonies successifs  avaient répondus à la délégation guyanaise, lors des négociations de 1999-2003 que « ces compétences » n’étaient ni transférables ni partageables !! Zafè kò nèg ké endjen ka mouri asou larout !!

3°) Les agriculteurs ont manifesté vendredi matin pour  une première fois contre le P.L.U dans les rues de Saint-Laurent, Bertrand absent leur a promis un rendez-vous ?  Ne pensez-vous pas qu’il y a un risque d’étincelle qui pourrait  enflammer  la poudrière s’il n’y a pas un vrai dialogue  entre les deux parties afin de trouver un accord pouvant contenter tout le monde.

Les risques d’embrasement existent mais les conditions nécessaires sont-elles réunies ?? Les réseaux de monsieur le maire sont actifs et le désamorçage est permanent. D’autant que parmi les manifestants il y a des anciens alliés qui se sont rebellés et à qui le maire ne veut pas faire la part belle. Je parle de son adjointe à qui il a retiré ses délégations et qui, conseillère régionale, roule pour Alexandre. Il y aussi une grande disparité parmi les protestataires  dont les intérêts des uns, les gros agriculteurs, ne correspondent pas à la revendication fondamentale pour la terre de la majorité des petits cultivateurs et des pluri actifs.

Le dialogue sera donc difficile.

4°) Le MIR propose de remplacer les noms des rues de criminels contre l’humanité, je suppose que vous soutenez cette action mais les responsables politiques à la tête de différentes collectivités municipales qui ont validé ces noms de rue sont-ils amnésiques ou incultes ?

En 2000 le MDES avait rebaptisé le boulevard Jubelin de Cayenne du nom de Gabriel, chef marron de Roura, amérindien, qui commandait un groupe de rebelles marrons mixte, amérindiens et noirs. Ce « quilombo » résista pendant plus de 30 ans. Nous avions apposé des plaques sur toutes les anciennes à tous les coins du boulevard, nous avions érigé une statue et balisé l’emplacement. Après trois jours, la municipalité socialiste, PSG, a fait retirer les plaques et la statue pour des raisons de « sécurité » ! Nos conseillers municipaux ont fait des propositions à la commission que le maire avait fini par créer, rien n’a été fait.

Le MIR recommence avec la rue Christophe Colomb, c’est bien. Mais la mairesse a déjà répondu que «  ce n’est pas comme ça », il faut qu’il formule des propositions dans une commission qui fera des propositions au conseil municipal qui délibèrera.

Les élus sont,  pour la plupart,  téléguidés par la préfecture. Ils se moulent dans le cadre officiel. Ils sont mesquins parce qu’ils refusent, à priori, toutes propositions qui provient d’un autre groupe que le leur. Ils n’ont pas le courage politique d’affronter la Doctrine coloniale officielle et, sous des prétextes intellectuels de mauvaise foi, ils font comme ci « il y a plus important que changer les noms des rues »

5°) Il y a quelques temps, vous aviez laissé entendre que le MDES pourrait créer son groupe au sein de l’assemblée régionale, pour quand ?

Je crois que l’affaire avance, comme je vous l’ai dit, le MDES annoncera publiquement la constitution de son groupe.

Propos recueillis par JOAN Gilles.

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