Un blog pour quoi faire ?

Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

Facebook

Le prix du carburant de Rodolphe et le P.L.U de Léon font débat.

10 octobre 2012 de Idéal Guyane
Maurice PINDARD.

Cette semaine notre entretien avec Maurice Pindard sera consacré au débat sur le prix du carburant qui  avait animé l’assemblée régionale et sur le P.L.U (Plan Local d’Urbanisation) de la mairie de  Saint-Laurent-du-Maroni, qui voit le maire de la commune mis dans l’obligation de s’exprimer une deuxième fois  le 10 Octobre 2012 sur la place  publique.

1) Maurice PINDARD pouvez-vous nous rappeler l’enjeu de la question sur le prix des carburants en Guyane qui avait mobilisé le peuple en 2008.

Pour être au fait du sujet et répondre valablement à cette question je me suis rapproché des conseillers régionaux du MDES, notamment Marc Monthieux.

Je peux donc avancer qu’en premier lieu, Il faut garder à l’esprit que le carburant représente un poste important dans le budget des familles guyanaises vue l’insuffisance en matière de transports public. De plus il impacte fortement les prix des autres marchandises à cause des distances.

Deuxièmement, depuis 2004, un système a été mis en place afin de contraindre la Guyane à s’approvisionner uniquement par le biais de la SARA, structure dans laquelle se sont regroupées les principales sociétés pétrolières.

Enfin, le prix payé par les consommateurs est fixé par arrêté préfectoral selon une règle qui se base sur le principe de garantir à la SARA, un résultat bénéficiaire  de 8 % sur les capitaux investis pour le raffinage et 12 % pour le stockage.

En 2008 la population de Guyane avait bloqué tout le pays pour réclamer et obtenir une baisse de 50 centimes.Un montage financier (collectivités et Etat) avait permis de satisfaire la revendication populaire. Mais le dispositif Sara n’a pas été modifié. Et les hausse successives du pétrole répercutées sur le prix de l’essence nous ont pratiquement ramené à la même situation de 2008.

La SARA garde son monopole et les marges de ses profits, elle qui de plus n’est même pas en mesure (sous capacité) de produire toute les quantités qu’elle vend et ne fait souvent qu’acheter et revendre des produits finis.

C’est dans ce contexte que la préfecture demande encore aux collectivités, notamment à la région de rogner sur les taxes qu’elle prélève sur le carburant.

Or ces revenus financiers procurés par l’Octroi de Mer (Taxe à l’importation née du système colonial) sont redistribués à toutes les collectivités locales de Guyane, notamment les communes afin de réaliser le service public et les investissements nécessaires au développement du pays.

2°) Quels  constats faites-vous sur les décisions prises ?

Il faut préciser qu’au début du mois de septembre, le préfet a pris un arrêté bloquant le prix à la pompe. Cette mesure a permis d’éviter une hausse brutale puisque le prix n’a progressé que de 1 centime.Cette mesure a aussi été prise en France et dans les 3 autres pays appelés DOM.

Pour que ce soit la Région qui finance cette « stabilisation » des prix des carburants, le Préfet demande à l’Assemblée Régionale de prendre une délibération visant à  diminuer son taux d’octroi de mer sur le carburant. En l’absence d’une telle délibération, l’Etat serait obligé de prendre en charge, avec la Sara, le coût financier de cette opération.

Nous sommes donc, encore une fois, devant le manque de courage politique des décideurs politiques de Guyane. En effet la majorité du conseil régional, maintenant sa posture d’allégeance vis-à-vis de l’autorité française, a voté favorablement pour la réduction du taux de d’octroi de mer.

Par cette décision, c’est plus de 800.000 euros dont la Région a accepté de se départir, alors que rien ne l’y obligeait. Quand on voit l’état du pays, l’absence chronique d’infrastructures, les difficultés grandissantes que connaissent bon nombre de collectivités et d’acteurs économiques, on peut dire que cette décision relève de l’irresponsabilité politique.

3°) Quelles propositions auriez-vous défendu si vous étiez dans l’assemblée ?

J’ai constaté que les 3 élus du MDES siégeant au Conseil Régional, rejoints en cela par le conseiller de Guyane Ecologie et la conseillère de l’AGEG ont adopté la posture que j’aurais prôné : défendre les intérêts des habitants de notre pays et voter contre cette délibération.

Ils ont au préalable clairement exprimé les raisons indiscutables de leur positionnement en faisant remarquer par exemple qu’à la REUNION, le Président du Conseil Régional avait catégoriquement refusé ce marché de dupe, laissant à l’Etat le soin de financer sa mesure.

Il y a d’autres dossiers aussi importants qui sont actuellement à l’étude (mise en place de la collectivité unique, exploitation pétrolière, Schéma d’Aménagement Régional, Schéma Départemental d’orientation Minière, etc…), il convient de rester vigilant et d’encourager les prises de positions responsables même si elles ne correspondent pas aux demandes de la préfecture.

4°)  A Saint-Laurent-du-Maroni, une grande partie de la population agricole se mobilise depuis quelques mois afin de protester contre le Plan Local d’urbanisation, comment un plan peut à ce point déplaire à autant de personnes ?

Là aussi, afin de répondre de façon pertinente j’ai pris l’attache du conseiller municipal MDES de la ville de St Laurent, Alain Panelle.

Au départ, la majorité du conseil municipal veut organiser le territoire communal en faisant des prévisions devant tenir compte des différentes activités nécessaires pour une  ville en mutation.

Ce sont bien sûr des cabinets d’études extérieurs au pays, payés bien chers, qui livrent leurs conclusions et recommandations que suit le maire.

Mais, la réflexion politique prospective endogène, des propres résidents guyanais n’apparait pas. Les élus majoritaires disent qu’ils sont passés informer les habitants et semblent découvrir les problèmes. C’est pour calmer les esprits que le maire organise une concertation populaire au Marché.

De façon générale, il apparait que le plan voté a deux principaux défauts. Il place d’immenses zones forestières potentiellement agricoles en «zone naturelle » dans laquelle aucune activité n’est autorisée. Il ne tient pas compte des personnes déjà installées dont l’activité, notamment agricole, nécessite des aménagements ou des extensions. De plus il y a des erreurs sur les documents de la mairie.

5°) Que faire ?

Les habitants des zones concernés ont été nombreux à participer à la première réunion place du marché ; Ils ont exposé les multiples problèmes nés de ce nouveau zonage. Ils se sont organisés en association et font valoir leurs arguments. C’est la voie juste. Si la mairie s’obstine, ils seront obligés de faire front, c’est aussi ce qu’il faut faire.

Propos recueillis par JOAN Gilles.

Réagir

Post a Comment

Your email is never published or shared. Required fields are marked *

  1.