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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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L’égoïsme

3 octobre 2012 de Idéal Guyane
L'égoïste

L’égoïsme est un trait de caractère, une manière d’être à un moment donné ou de façon régulière. Il semble qu’il soit inséparable de la nature humaine.

On l’a considéré comme un défaut, souvent du point de vue de la morale et d’autres ont cependant revendiqué le fait d’être égoïste comme étant la manifestation première de la défense du « moi ».

Il faudrait d’abord être égoïste, et ensuite penser aux autres. Il le faudrait même nécessairement afin d’être efficace dans la relation avec l’autre.

D’une certaine manière, sans tomber dans l’égoïsme, plusieurs doctrines relationnelles recommandent d’ailleurs, de se soigner d’abord. Prendre soin de soi, développer l’estime de soi et encourager ses capacités personnelles.

Allons plus avant.

Il est clair que l’individu doit croire en ses potentialités et les développer. Aimer son corps et le préserver ; animer son égo jusqu’à la fierté. Soit. Mais alors, à quel moment bascule-t-il dans l’égoïsme ?? ET  est-ce grave ?

L’égoïsme guette l’Homme quand celui-ci « oublie » qu’il vit en société et que ses paroles et ses actes ont des conséquences sur les cohabitants de sa maison, son quartier, sa ville, son pays, son continent, Notre Planète !

En effet, à partir du moment où l’autre n’est pas pris en compte dans notre perspective individuelle, nous sommes déjà dans l’égoïsme.

IL faudrait donc, d’une part prendre soin de soi et d’autre part prendre soin des autres. Un peu comme le recommande la sécurité routière : «  être prudent pour deux ».

Certes,  nous n’avons pas mission, chacun, de veiller sur l’autre. Il serait suffisant juste d’en tenir compte, pour ne pas l’écraser, au sens propre et figuré. Car, enfin, si tout le monde fait sa part, se  débrouille, le monde pourrait tourner, assez bien, et moi m’épanouir, conscience tranquille.

Hélas, la réalité de la vie, quand elle ne nous accable pas et nous laisse le temps d’y réfléchir, nous conduit à réexaminer l’égoïsme avec un autre prisme.

Il est vrai que nos anciens nous disent que notre corps est le bien le plus précieux que la vie nous a légué et qu’il faut le préserver.

Il  est vrai que ce n’est qu’en pleine possession de ses capacités physiques, mentales et psychologiques que l’homme est efficace, y compris dans sa relation à l’autre et donc qu’il n’a pas tort de « se faire du bien ».

Mais il est vrai aussi que l’Homme apparait en tant qu’animal social, en relation avec ses congénères, dans toutes les sphères de la vie et dans tous les espaces de la terre.

Et c’est parce que cette assertion est vraie, que nous le voulions ou non, qu’elle s’impose aux Hommes.

OUI ! Nous partageons la vie, entre hommes et femmes, depuis la nuit des temps, elle nous appartient en commun, définitivement.

Alors, qu’en est –il de ce sentiment, trait de caractère, défaut, qualité, qui s’appellerait égoïsme et peut-on le banaliser…

Hé bien, après avoir recadré l’action individuelle dans la société humaine, il semble bien qu’il ne faille pas sous-estimer les dégâts de l’égoïsme.

En effet, parce qu’il est la surestimation de l’égo vital, il confine à l’individualisme, il nie la réalité sociale de la vie et rend l’Homme asocial !

Quand  l’homme est égoïste alors il a oublié qu’il vit en société. Or c’est la vérité !

Quand  l’homme revendique l’égoïsme  alors il oublie toutes ses interactions quotidiennes avec ses frères humains. Interrections qui le happent, tous les jours…

Si nous sur dimensionnons l’estime du moi, si nous dépassons le poids de la part individuelle dans l’action commune  alors nous buttons contre la réalité de vie pour laquelle toute implication d’une partie influence le tout. Ou alors, c’est volontairement que j’écrase le voisin en refusant de le voir !

Car célébrer l’égoïsme c’est flatter la cécité de l’homme  qui se croit seul dans le canot de la vie.

Minimiser l’égoïsme c’est encourager l’aveuglement individualiste, déconnecté de la réalité sociale ou sociétale.

Pardonner à l’égoïsme c’est compatir avec l’apprenti bûcheron qui abat son arbre, le sien, au milieu des autres travailleurs de la forêt, sans en tenir compte !

En tant que guyanais, nous aussi nous sommes confrontés à l’égoïsme. Chez les autres ou chez soi.

Dans l’arène politique il semble bien que les comportements égoïstes ne soient pas absents. Arrivistes et carriéristes, sauteurs de corde et retourneurs de vestes, motivés par la soif du pouvoir pour eux et les leurs.

Certains ont dit et écrit que le guyanais est individualiste, en quelque sorte égoïste, par nature !

On cite la  période esclavagiste avec de petits planteurs et de faibles effectifs d’esclaves. On évoque l’abolition et la prétendue fuite des esclaves devant le travail en commun, se dispersant sur un territoire,  à chacun son abattis, individualiste. Puis le rush aurifère et le chacun pour soi des orpailleurs, égoïstes…

On cite les nombreux dolos, proverbes, qui témoigneraient de notre égoïsme constitutif.

Pourtant, en tant que guyanais, nous sommes aussi, comme tous les terriens, imbriqués dans l’action collective. Il n’en est pas autrement. Et de nombreux dolo, proverbes, témoignent aussi de notre esprit de solidarité l’un pour l’autre.

Roun lanmen lavé rot…. Grenn douri ka plen sak douri… dis endjen patajé roun pat krab…a ban kourt ki fè gogo kontré…

Ainsi, finalement, une fois la lumière faite sur les choix que nous pourrions faire en commun pour la construction guyanaise, vient le moment de la décision individuelle pour y participer et dans ce Mayouri providentiel à venir, il n’y a pas de place pour les égoïstes !!

Il faut donc s’engager à guérir de l’égoïsme.

Certains s’en sont prémunis déjà. Félicitation.

Pour les autres, dans l’intimité des sentiments personnels, dans la solitude de l’esprit, il nous faut décider de baisser la flamme de l’égoïsme pour qu’elle n’éclaire que la part vitale nécessaire de l’engagement individuel à l’action collective.

Maurice Pindard.

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