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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Aktwa Lagwiyann ké Moris.

27 septembre 2012 de Idéal Guyane
Maurice PINDARD.

Comme à son habitude Maurice Pindard  répond à l’actualité dans notre pays. Il y a eu bien sûr la visite de Victorin Lurel,  mais il y a eu surtout des faits graves survenus dans la commune de Roura et cette  violence récurrente à Kourou.

1°) Maurice Pindard, Victorin Lurel vient  d’effectuer un séjour en Guyane afin de présenter plusieurs plans qui seront mis en œuvre par le gouvernement. Pouvez-vous nous donner votre avis sur ces promesses ?

Je n’ai  pas suivi en détail le déplacement du nouveau ministre des colonies. Je sais qu’il a annoncé des mesurettes ici et là. La France à une tradition, ses ministres et présidents, quand ils se déplacent, ont toujours dans leur hotte des cadeaux divers, ils sont comme des papas Noël de voyage. On sait aussi que sur le fond rien ne change. Victorin Lurel à l’art du verbe, mais que ce soit sur la sécurité, l’orpaillage ou le pétrole il n’a rien dit de significatif !

Il aurait pu annoncer la création d’un commissariat dans les villes de plus de 20 000 habitants comme l’exige la loi française !

Il aurait pu annoncer les noms des 10 premiers orpailleurs guyanais qui seraient installés sur les sites auparavant occupés par les garimpeiros !

IL aurait pu donner raison aux pêcheurs guyanais et profiter de leurs propositions pour contraindre les financiers et industriels de pétrole à fournir, en préalable, un recensement de la ressource halieutique,  une étude d’impact acceptable et une liste de solutions adéquates !

Quant au dossier de la nouvelle collectivité, notamment sur sa gouvernance, il s’est livré à un exercice de langue de bois, magistral.

Sakré milat !!!

2°) Parmi les plans de Victorin Lurel, il y en avait un pour la ville de Kourou afin de lutter contre la violence juvénile.  Quelles sont les raisons qui font que la violence dans la ville de Kourou persiste autant alors qu’elle possède plusieurs services de sécurité français afin de  « sécuriser » leur fusée ?

Les français sécurisent leurs intérêts, donc leur base, pas les habitants de Guyane.  Comme dit plus haut, il faut un commissariat à Kourou, St Laurent, Rémire Monjoly et Matoury, c’est la loi française qui le permet. Cela favorise l’emploi local et met en face des malfrats des hommes et femmes qui les connaissent et qui sont motivés à agir pour défendre leurs concitoyens guyanais.

La violence juvénile est un fait de société, l’école pourrait jouer un rôle dans la prise en mains des jeunes scolarisés, encore faut-il que cette école soit guyanaise dans sa constitution, ses programmes et ses acteurs principaux !!!

L’emploi est un élément capital pour prévenir la violence, la délinquance. Nous avons 30% de chômeurs, 40% dans l’ouest ! L’exil en France est redevenu une échappatoire pour une jeunesse qui a marre de tourner en rond.

Et puis, à Kourou, il y les ingénieurs européens et russes aux salaires exorbitants d’un côté et les habitants, les jeunes, en marge de l’école, sans emplois, victimes de la drogue, de l’autre côté ! C’est un cocktail social explosif.

Quant aux zones de sécurité prioritaires de Lurel, tous les élus interrogés ont dénoncé le fait que l’on ne leur ait même pas demandé leurs avis !!!

3°) Il y a quelques jours, des agents de l’ONF  détruisaient des biens de personnes sur des parcelles sur  la commune de Roura alors que certaines d’entre elles sont en cours de régularisation comme l’affirmait le maire de la commune. Vous devez avoir le sang qui bout ?

Les services français de l’environnement agissent bêtement et méchamment. Comme si force revenait non pas à la loi mais à celui qui se trouve du bon côté du fusil. Dans un pays où l’installation des populations sur les terres devraient être d’utilité publique, les soldats de l’ONF, majoritairement venus du froid, « coupent et hachent », tronçonnent des canots, confisquent des objets d’arts, mettent en garde à vue des artisans traditionnels, menacent la population d’Awala  pour quelques plumes d’oiseaux et, summum de bêtise brutale, détruisent des carbets en cours de régularisation.

Ce n’est pas mon sang qui devrait bouillir, mais celui de ceux qui en sont les victimes, parce qu’ils en ont aussi, du sang …

4°) Dans l’actualité, il était question de la qualité des hôpitaux du pays. Quel est votre avis sur la santé de ce service en Guyane  et en particulier sur les soins qui y sont apportés ? Répondent-ils l’attente de toute la Guyane ?

J’avais écrit dans un éditorial de Rot Kozé que le pays était «  pyé pou tèt » et « tchòkanblòk ». C’est-à-dire à l’envers et en désordre.

Le nombre d’infirmières est insuffisant et l’école d’infirmières n’offre pas assez de place alors que des jeunes de Guyane sont obligés d’aller faire leurs études ou leur formation ailleurs. Graduellement, à force de manifestation des différents corps et des syndicats, les hôpitaux s’équipent petit à petit. Alors nous nous satisfaisons de l’arrivée d’un scanner, d’un mammographe à St Laurent, etc… comme si ce n’étaient pas des équipements de base, dans un pays qui envoie des fusées.

Il manque de tout ! Médecins, spécialistes, médicaments, matériel, véhicules, locaux !!

Les rapports des usagers sur la qualité des soins sont tellement alarmants que, même pour une consultation, ceux qui en ont les moyens préfèrent aller en France ou aux Antilles !!

Quelle est la politique de l’hôpital public, des services de l’état français, des collectivités. Tout le monde pare au plus pressé dans une logique de restriction budgétaire.

Tant pis pour les sud-américains de Guyane …

Propos recueillis par JOAN Gilles.

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