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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Les réactions de Maurice Pindard.

19 septembre 2012 de Idéal Guyane
Drapeau Guyane arton181

Aujourd’hui,  Maurice PINDARD est questionné sur plusieurs événements, allant du tour cycliste de la Guyane à la fermeture des portes de la chambre d’agriculture, en passant par le moratoire des pêcheurs de notre pays.  Lors de notre dernière rencontre il avait  argumenté l’intérêt pour le MDES  de créer son propre groupe à l’assemblée régionale.

 1°) Tout d’abord Maurice Pindard, est-ce que vous  été entendu par l’exécutif du MDES et nous en dire un peu plus sur le calendrier et l’organisation de ce groupe ?

Comme vous le dites l’exécutif du MDES décide, en temps et heure. Je pense que le Parti examine sérieusement cette option sous ses différents angles. Nul doute qu’il fera son choix de façon éclairée. Et c’est en tant que parti qu’il s’exprimera officiellement.

 2°) Les pêcheurs de Guyane demandent un moratoire à la société SHELL  sur le Pétrole. Comment interprétez-vous ce geste ?

La position des pêcheurs de Guyane doit nous interpeller. Ils ne représentent pas les lobbies écologistes. Ils vont à contre-courant de l’opinion générale qui accompagne le développement pétrolier en prenant en compte les risques sur l’environnement qu’il faut contrôler. Ils pèsent le développement du pays avec la balance du développement soutenable. Ils voient dans la durée, à la mesure des forces vives du pays et selon ses diverses ressources, notamment en nourriture.

Suite à leur prise de position plusieurs idées m’envahissent : Et si ils avaient mis le doigt sur quelque chose que beaucoup d’entre nous n’avaient pas vu, su ou voulu voir … Et si la position juste était , pour aujourd’hui en tout cas : «  non au pétrole ! », sans que ce soit une revendication écologiste … Cherchons bien..

Parce que, pour l’or, entreprise séculaire, c’est déjà un échec lamentable, minable, scélérat de la part de la France et de ses administrations locales en Guyane. Comment espérer que dans le même système politico économique, pour des enjeux financiers et stratégiques d’une tout autre dimension, la même France fera mieux, pour le Guyanais…

De plus, en toute lucidité, avons-nous les reins assez solides…

Ou encore, le mirage du pétrole au large n’agit-il pas comme une lueur éblouissante qui nous empêche de concevoir ce qui serait en définitive à portée de batée …

3°) La chambre d’agriculture avait les portes closes pendant quelques jours ; la cause étant un conflit administratif entre l’état et le président de la chambre. Aujourd’hui la chambre a rouvert ses portes, mais est-ce que pour autant les agriculteurs et l’agriculture Guyanaise ont fait un pas en avant, donnez votre sentiment?

L’agriculture guyanaise, familiale, est abandonnée depuis longtemps par les pouvoirs publics. La Chambre d’agriculture a tenté de résister au Plan Vert, dans les années 70-80, elle n’était pas de taille. Elle a maintenant un rôle marginal, sans plan de développement et sans finance. Les gesticulations du président rappellent le dolo : «  anvan poul mouri a pou li bat so zèl ». C’est bien, oui, mais ça change quoi ? Rien du tout. La politique agricole en Guyane n’a pas pour objectif de développer l’agriculture guyanaise, je parle des techniques et spéculations agricoles capables de nourrir le pays.Tout ce qui se fait de sérieux, est fait par des résistants et résistantes  auxquels il faut rendre hommage.

4°) En quelques mots pouvez nous rappeler quel était le but  de ce projet : « Plan Vert » ?

C’est une affaire qui mérite plus que quelques lignes. Il s’agissait pour le gouvernement français de répondre à la revendication indépendantiste qui gonflait dans le pays, dans toutes les couches de la population, avec des organisations politiques en pointe et des mouvements de masse notamment à Cayenne. A la suite du complot de noël et de l’arrestation de 8 militants anticolonialistes déporté à la cours de sûreté de l’Etat dans la prison de frênes, en décembre 1974, le gouvernement français a imposé un plan de colonisation de la Guyane sur une base agricole. Il a fait de la publicité en France pour inviter chômeurs et jeunes en quête d’aventure à venir prendre de la terre en Guyane pour pratiquer l’élevage bovin et l’arboriculture fruitière sur grandes surfaces, plusieurs centaines d’ha par colons. Il a de plus imposé un volet « hmong » pour aider ces populations du sud Est asiatique dont beaucoup s’étaient alliés aux français pour faire la guerre aux cambodgiens, laotiens qui luttaient pour leur indépendance. L’agriculture familiale guyanaise était tout simplement niée et la pauvre chambre d’agriculture n’avait pas les moyens de contre carrer ce projet de peuplement agricole.

 5°) Maurice Pindard vous vous intéressez aussi au sport, que pensez de la performance de DE NAYS CANDAU sur le tour de GUYANE ?

Il y aura toujours des individualités qui brilleront. Respect pour elles. Sur le fond, que reste-t-il ? Une belle course internationale, bien sponsorisée et bien couverte par le média officiel avec de gros moyens. OUI, et après ?? Combien de compétitions régionales sont organisées, avec nos voisins immédiats ? Zéro, une, deux ? A part les tours de Martinique et de Guadeloupe, de temps en temps, quels déplacements font nos cyclistes à l’extérieur ? Y-a-t-il une école du cyclisme chez nous, un pôle scolaire, un club dans chaque commune ?

Patrice De Nays Candeau  et les autres champions sont les arbres qui cachent le désert du cyclisme guyanais.

Propos recueillis par JOAN Gilles.

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