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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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La jalousie

31 août 2012 de Idéal Guyane
jalousie

La jalousie est un sentiment, une émotion, une sensation qui  guette tout être humain.

Elle prend naissance  au fond du cœur de l’Homme, on la maitrise difficilement, parfois on ignore que c’est elle qui inspire telle ou telle pensée et action.

Elle ressemble à l’envie. On jalouse quelqu’un par que l’on envie sa situation. En général, c’est parce que, à tort ou à raison, on considère qu’il est mieux loti, mieux servi par la nature, ou les circonstances de la vie. On aurait voulu être à sa place, alors on éprouve de la jalousie.

Ce sont des moments que l’on rencontre dans la famille, dans la cité ou le village, en ville. Il semble que ces sensations soient universelles et que sur toute la planète, dans toutes les cultures, à toutes les époques, la jalousie se manifeste.

La jalousie pourrait être un moteur de la motivation ; à force d’envier le voisin, je me donne les moyens de  le dépasser. Il s’agit d’avantage d’émulation. On transformerait ce sentiment  étrange en une envie de faire mieux. Quitte à éprouver une saine fierté à la réussite du projet. Alors, plein de satisfaction, on pourrait « toiser » le voisin, « sainement ». Ce serait une simple compétition pacifique.

Souvent la jalousie inspire des pensées. On réfléchit sur les faits qui ont provoqué la sensation de jalousie. On se pose des questions, on pèse le pour et le contre puis, ça passe.

IL arrive que l’imagination prenne le relai de la simple réflexion. Alors on se « fait des idées ». On s’interroge à propos de supposées réalités que notre esprit jaloux a inventé, puis ça passe.

Hélas, parfois, ça persiste.

Parce que l’on ne trouve pas les réponses aux interrogations, parce que l’on n’obtient pas l’explication que l’on cherchait à telle situation que l’on a vu ou que l’on nous a rapporté, l’imagination ne s’arrête pas et la réflexion devient carrément de la spéculation, et si, et si, et si… l’humain est déjà malade de jalousie ; si il n’a pas la possibilité de se soigner, seul ou avec l’aide d’autres personnes, alors la jalousie va se manifester non plus dans sa tête mais dans son corps, il ne sait plus contrôler ses mouvements.

On a en mémoire des situations de violence, parfois extrêmes, mues essentiellement par la jalousie. Parfois elle repose sur des faits exacts mais ne  peut quand même pas être justifiée. Parfois ce sont des affabulations, germées dans un esprit malade, qui ont provoqué un geste de folie.

La justice trouve des circonstances atténuantes au drame passionnel. Il s’agit quand même d’un drame.

Alors si la jalousie sommeille chez nous tous, qu’elle se manifeste dans les sentiments et sensations, puis dans les pensées et enfin dans les actes, il faut la connaître et pouvoir l’apprivoiser.

Celui qui dit qu’il n’a jamais été jaloux ou qu’il ne le sera jamais est peut être celui qui ignore qu’elle l’habite déjà. Or il vaut mieux la dénicher là où elle se cache afin de vivre en harmonie avec elle.

L’éliminer de nos sentiments, nos émotions, pour ne plus en avoir affaire … que celui qui peut, essaye. S’il réussit, alors, bravo !

La plupart des hommes et femmes ont comme solution d’apprendre à dominer un sentiment plus fréquent que l’on ne croit et qui se réveille dans des moments parfois insolites.

Chaque individu doit gérer ses sentiments, oui, mais quand ceux-ci inspirent des paroles ou des actes qui se manifestent à l’encontre des autres, de la société, cela devient un problème collectif, dont il faut parler.

Si, après avoir compris les enjeux de notre présence sur la Terre, en Guyane, nous avons choisi de  ne pas subir et de construire, motivés par de grandes idées, faut-il qu’au détour du chemin, la jalousie nous empoigne et nous fasse son esclave, même d’un jour ?

Nous, guyanais, avons tellement de dolos et d’expressions négatives à l’égard de nos congénères. Parce nous respirons la conscience collective de notre pays, nous sommes imprégnés des aspects positifs et négatifs de notre culture, nos mœurs, croyances. Nous baignons dans la psychologie post esclavagiste, fataliste et démoralisante, dans l’assimilation et l’aliénation. Forts des préjugés construits dans cet univers, nous nous exprimons en paroles ou en actions et nos anciens, avertis, nous interpellent : «  jalouzi ka palé ! ».

Mieux vaut que mon voisin échoue, au lieu qu’il me dépasse. Et si un guyanais réussit, c’est qu’il a fait un pacte avec le diable. Si je peux lui « fourrer » un bâton dans les roues, vite fait bien fait, c’est bon, il cessera de crâner. Etc. Et nous voulons construire ensemble …

Alors il faut savoir que parmi nos sentiments, sensations, émotions, il y en a un qui obscurcit le jugement, c’est la jalousie. Il y en un qui, dans un esprit non prévenu, peut stimuler son imagination jusqu’à l’obsession. Il y en a un qui, la raison ayant perdu sa boussole, anime les gestes les plus idiots, les plus fous. C’est la jalousie.

Alors, pour ceux qui ne peuvent l’éliminer, nous en sommes les plus nombreux,  apprenons à la reconnaitre, l’amadouer et la domestiquer.

Maurice PINDARD.

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