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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Le PSG accepte, encore une fois.

14 juillet 2012 de Idéal Guyane
Maurice PINDARD.

Depuis quelques semaines, les élus à la députation 2012 de Guyane  se sont installés dans les différents groupes politiques qui composent l’assemblée nationale française. Une surprise lors de cette installation, celle de l’élu du PSG qui durant sa compagne sur la première circonscription, défendait bec et ongle le projet politique de François Hollande. Alors tentant de comprendre avec Maurice Pindard le fin fond de cette  affaire.

Maurice Pindard quelles sont d’après vous les raisons qui  font que le PSG et Gabrielle Serville se retrouvent  aujourd’hui  dans le groupe du front de gauche au sein de l’assemblée nationale française avec des anticolonialistes après avoir défendu corps et âme le programme de Hollande?

Cette situation montre une fois de plus les contradictions profondes de ce parti politique guyanais. Leur rapport avec la gauche française est un rapport d’assujettissement. Je l’ai constaté plusieurs fois notamment au cours des années 97-2003, notamment quand la gauche française est au pouvoir. On dirait qu’ils ont des accords secrets qui conduisent le PSG à prendre des positions anti guyanaises. Déjà Catayee avait fait chavirer le « Non » guyanais au referendum de 1958. Puis, après l’épisode de la sous-section PSG indépendantiste avec Michel Kapel et André Lecante, brisée avec le « complot de Noel » de 1974, ils se rallient à Mitterrand en 81 et  « jouent le jeu » de la décentralisation. Malgré leur chartre qui préconisait « l’autonomie comme étape vers l’état guyanais », ils font comme Césaire, un moratoire sur l’autonomie, sans le dire publiquement.

Il faut dire que la création du PS français en Guyane a été aussi une faute politique du PSG qui a accepté, dans un premier temps,  la mise en place de la section de Kourou de ce parti puis, finalement,  l’établissement en grand du PS en Guyane en dépit des soi-disant accords qu’ils avaient avec leur parti frère de France.

C’est surtout avec le KPNDL, Komité Pou Nou Démaré Lagwiyann et la lutte pour le Pacte de Développement  que le PSG a démontré à quel point sa contradiction principale était forte. Dès 1999, la gauche étant au gouvernement, ils ont eu un double jeu, affirmant sans complexe « qu’ils ne se fâcheront jamais avec le PS ». De fait, lorsqu’il fallait durcir la position en 2000-2001, ils ont plaidé pour que Bertrand et l’UMP intègrent la Délégation Guyanaise, sous prétexte de consensus, et dénoncé les forces actives du Komité, dont le MDES, par la déclaration fracassante de leur Secrétaire générale «  nous avons pactisé avec le diable ».

Aussi, je ne suis pas étonné de ces téléguidages successifs du PSG par le PS français. Pour contrôler le front de gauche en l’aidant à avoir un groupe parlementaire, ils ont demandé à G. Serville d’intégrer ce groupe et le PSG a accepté, encore une fois, dirons-nous !

Au moment où les électeurs boudent les urnes, n’est-ce pas là encore une erreur  qui pourrait accentuer la peur de l’isoloir  en Guyane?

Bien sûr.  On ne comprend pas que ce soit le PS français qui commande l’appartenance parlementaire du candidat PSG. On ne comprend pas qu’après avoir soutenu le programme de François hollande le député PSG  ne siège pas au sein du groupe PS au parlement. Et on admet qu’en définitive ce soit Papa Paris qui ait le dernier mot. Alors, à quoi bon voter, se disent les électeurs !

Maurice PINDARD l’orpaillage clandestin a  encore fait des morts dans la forêt guyanaise quels sont les conseils que vous pourriez donner au gouvernement français pour résoudre le problème ?

Le gouvernement français ne veut pas régler la question du pillage de l’or en Guyane. Jamais ils n’auraient admis que cela se passe sur leur territoire national. C’est parce que

Cela se passe dans la colonie Guyane que cela est possible.

Si le pays était désenclavé, les guyanais pourraient circuler partout et ils n’y auraient pas de zones où personne ne passe.

Si le pays était développé il y aurait de la production de toute sorte à faire circuler d’un point à un autre en passant par l’intérieur du territoire

Si les orpailleurs guyanais qui occupaient le territoire il y a 2o ans  avaient été régularisés, encouragés et maintenu sur les sites ils n’y aurait pas autant de clandestins organisés.

Depuis le temps que le CASOG et les orpailleurs guyanais d’aujourd’hui le demandent : c’est maintenant que le préfet fait mine d’abonder dans ce sens sans vraiment donner suite à la revendication des mineurs guyanais.

En conclusion, cela ne sert à rien de leur donner des conseils, les autorités françaises s’accommodent fort bien de l’orpaillage clandestin.

Je rappelle que cela correspond à leur Doctrine, la Guyane ne doit pas se développer sinon ils la perdront.

Que devient le peuple autochtone de l’intérieur dans tout cela ?

QUEL  peuple autochtone ? Cela n’existe pas au regard de la loi française !  nous avons voté en 2o1o pour que les lois françaises soient appliquées intégralement, article 73 ! Selon la constitution française, le peuple français est un et indivisible. Les peuples autochtones n’existent pas. Le peuple guyanais n’existe pas. Nous n’avons donc pas de droits particuliers à faire valoir.

En Nouvelle Calédonie, article 77 et en Polynésie, article 74 le statut particulier de ces territoires permet de prendre en compte les populations autochtones et le droit coutumier. Mais pas en Guyane article 73.

Si nous voulons que les peuples autochtones et que le peuple guyanais soient reconnus il faut changer de régime juridique, c’est simple.

Alors, une fois de plus, préparons-nous  à choisir le bon bulletin lors de la prochaine consultation populaire qui aura lieu dans les prochaines années, inévitablement.

Propos recueillis par JOAN Gilles.

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