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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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L’expédition artisanale après l’exposition coloniale.

4 juillet 2012 de Idéal Guyane
Ibis Rouge

Du Vendredi 29 juin au dimanche 1er Juillet, c’était la semaine des artisans de l’Ouest. Et à cette occasion, ils étaient nombreux à présenter leur travail sous les chapiteaux installés à proximité du stade B de Saint-Laurent-du-Maroni. Alors que tout se déroulait convenablement depuis le vendredi, voilà que le dimanche la douane française venait se défouler sur des artisans autochtones  coupables à leurs yeux  d’avoir  utiliser des plumes d’oiseaux protégés sur des objets traditionnels.

Nous avons donc demandé à Maurice Pindard de nous donner son regard sur cette affaire.

Au-delà de l’émoi que l’arrestation de l’exposant et la confiscation de ses objets par la gendarmerie a suscité dans la population guyanaise, nous devons, en tant que guyanais justement, nous poser les vraies questions et regarder en face les vrais problèmes.

Arsène Bouyer d’Angoma, grand pédagogue guyanais décédé en janvier 2010, avait coutume de dire qu’en Guyane le pays institutionnel (les lois et règlements) ne se superpose pas exactement sur le pays réel.

C’est-à-dire que la législation française faite pour un pays du Nord, européen, occidental, appliquée chez nous, ne permet pas de prendre en compte la réalité de notre situation équatoriale, amazonienne et sud-américaine.

Tous les pays de notre continent ont mis au point des textes de lois adaptés à notre forêt, nos animaux, notre sous-sol, notre climat, nos populations.

Nous avions l’occasion de faire le choix de l’article 74 afin de défendre « les intérêts propres » de la Guyane.

Trompés par certains, les guyanais ont préféré rester dans le cadre fermé de l’article 73 qui nous règlemente aujourd’hui encore par peur de perdre nos allocations, ce qui était un gros mensonge.

Alors maintenant, pouvons-nous dire à la fois « il faut respecter nos coutumes » et « il faut les mêmes lois qu’en France » ??

Non ! Ce n’est pas possible parce que leurs lois sont adaptées à leurs coutumes à eux ! !

On ne peut pas utiliser une plume d’ibis pour orner un tambour et en même temps demander l’application intégrale de la loi française parce que l’ibis est une espèce interdite par cette loi. C’est pour cela que l’on a interdit aux habitants de Sinnamary de continuer à confectionner des fleurs en plumes d’ibis.

Alors, guyanais, voilà, le problème posé devant nos yeux.

Si nous voulons être français comme les français de France alors il faut accepter que l’ONF, la douane et la gendarmerie appliquent les textes français.

Si nous voulons faire valoir nos différences alors il faut avoir le courage de définir et de demander d’autres textes adaptés à nos réalités. Ce qui revient à voter pour l’article 74 prévus dans ces cas-là par la constitution française elle-même. Il y aura d’autres consultation sur l’avenir du pays, préparons-nous à choisir le bon bulletin.

Propos recueillis par JOAN Gilles.

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