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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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La Paix

30 juin 2012 de Idéal Guyane
calumet

La Paix est un moment passager entre deux situations de conflits plus ou moins violents. Cela voudrait dire que la Paix est un instant qui par définition ne dure pas. Ce serait comme un intermède dans une série de guerres à répétition.

La Paix est devenue aussi une aspiration, une théorie, un combat, un souhait, un « état de grâce » que recherche le simple mortel ainsi que l’institution la plus haute du pays ou du monde.

La vie est faite de compétitions entre les vivants. Pour défendre leurs intérêts ou leur survie les hommes  passent beaucoup de temps en rivalités jalonnées de confrontations armées.  L’Histoire des Hommes est quasiment l’histoire de leurs guerres.

Dans le village, dans la ville, dans le pays, les querelles entre habitants sombrent souvent dans la  violence et des instances sont créées pour arbitrer les conflits afin qu’ils ne dégénèrent pas. Il y avait des « juges de paix », puis l’arsenal judiciaire s’est démultiplié et enrichi de codes, procédures et instances pour garantir la tranquillité, la paix dans le pays.

Au niveau mondial, les hommes construisent des instruments de paix. Des accords verbaux puis écrits et signés. Des traités avec différentes mesures pour la garantir ; des  institutions nationales et internationales clament la paix et œuvrent dans ce sens. Des associations, des regroupements militent pour la paix dans le monde.

Mais dans le monde actuel, les armes parlent souvent à la place de la voix de l’homme. Même si la Paix semble s’être installée depuis un temps certain dans beaucoup de régions.

Car pour assoir leur contrôle sur les ressources naturelles, minérales ou énergétiques qui sont censées garantir leur indépendance ou leur suprématie, les grandes puissances n’hésitent pas à provoquer ou encourager des conflits armées.

D’ailleurs depuis le temps que cela dure, on en est pas encore au « désarmement » et les grands de ce monde continuent de produire de l’armement sous les formes les plus destructrices et sophistiquées. Il y aurait des armes conventionnelles et non conventionnelles, c’est-à-dire autorisées ou non. Des armes de destructions massives qui seraient réprouvées mais cependant produites, vendues et utilisée. Il y a l’arme nucléaire que les pays dits démocratiques possèdent à des fins de « dissuasion », pour décourager l’autre de les attaquer. Arme que celui-ci, l’autre, ne doit posséder sous aucun prétexte.

Et ces grands pays-là se réunissent pour gérer le monde selon leurs intérêts  tout en faisant la promotion de la paix sur la planètey compris par les armes.

Cependant, l’aspiration naturelle moderne de l’Homme est l’évitement du conflit et l’instauration de situation de paix durable. Il est vrai que c’est au cours de ces moments que l’on prend plaisir à vivre, à construire la vie. On s’acharne à ralentir le temps en le comblant de nos activités diverses tout en se ménageant des espaces pour savourer la paix.

Nous, guyanais, nous sommes comme tous les vivants. Confrontés à nos rivalités multiples et à nos conflits internes et avec l’autre. Nous dénonçons la violence qui s’installe dans la rue et pénètre l’école.  Nous argumentons et travaillons pour la paix.

Mais comme tous les humains aussi, nous assumons les périodes de confrontations qui sont porteuses d’un meilleur lendemain. Lors de grèves, de manifestations. La recherche de la Justice, du bon droit, nous conduit, nous aussi en Guyane, à mettre en œuvre la violence pour aboutir à des accords de paix sociale avec  les avancées et modalités nécessaires à la  garantir. On dit « protocole d’accord », « relevé de décision » etc.

Nous aussi, notre histoire est faite de violence, de conflits et de morts. Au temps anciens des rivalités entre nations autochtones, au moment de la conquête et de la colonisation de notre pays, pendant les siècles qu’a duré l’univers concentrationnaire de l’esclavage des indiens et des nègres. Nos ancêtres ont subi la guerre et ils l’ont assumé aussi pour leur survie. Il y a eu des accords de paix, verbaux ou signés, avec les amérindiens, les BuchiNenge. Il y a eu des déclarations, des proclamations, des écrits mettant formellement fin à l’esclavage des nègres des plantations.

Mais nos anciens nous disent que les autorités ont signé l’abolition mais qu’elles n’ont pas donné la liberté !

Defait, l’histoire politique et sociale contemporaine de notre pays est celle des luttes sociales et politiques de notre peuple pour son émancipation sociale et politique.

Ainsi la Paix, l’idéal de paix nous anime comme tous les humains de ce siècle.  Nous aspirons à une situation sociale apaisée, des rapports apaisés avec l’autre. Mais comme tous les peuples du monde, à la recherche de cet « état de grâce », nous assumons les conflits et les confrontations qui sont grosses de ces « lendemains qui chantent ».

Maurice PINDARD

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