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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Guyane: L’abstention gagne les législatives 2012.

28 juin 2012 de Idéal Guyane
Drapeau Guyane arton181

Depuis le 17 juin 2012 au soir, la Guyane connaît le nom de ses représentants à l’assemblée nationale française. Mais le grand gagnant reste l’abstention tant sur la première que sur la seconde circonscription. Alors les candidats élus, le sont-ils par défaut ? Maurice PINDARD qui baigne depuis des années dans  la politique du pays tente de nous répondre.

Mais tout d’abord votre réaction après l’élection de Berthelot et Serville ?

Il fallait faire perdre Bertrand qui n’a eu aucun respect pour les électeurs et pour la morale. Les électeurs ont fait le bon choix.

L’inconvénient de Serville est son appartenance à un Parti qui cautionne tellement de pratiques contestables qu’il était difficile de donner une consigne de vote face à une dame qui malgré sa filiation politique incertaine a su se démarquer clairement pour son pays dans des moments difficiles.

Quelles sont les raisons pour lesquelles la population guyanaise  ne répond plus à l’appel des urnes ?

Enfoncée dans le quotidien, sans perspective, sans projet pour le pays, ne croyant pas aux élus, soumise aux allocations diverses et ayant recours à tous les bizness pour survivre. Désabusée, adepte du chacun pour soi et de la débrouillardise. S’en remettant à l’Eternel, le seul crédible sur une terre en perdition morale.  Bref, autant de raisons, il y en a d’autre sûrement, qui motivent le désintérêt pour la voie des urnes. Il faut dire aussi que les électeurs participent davantage pour les élections municipales, cantonales ou régionales.

Quel syndrome touche la Guyane ?

Deux problèmes sont inscrits dans notre paysage. Le pourcentage d’inscrits sur les listes par rapport au nombre d’habitants,  80000 sur 250000, soit moins du tiers, alors que c’est deux tiers dans les autres pays. Tout  simplement parce qu’il y a une forte proportion d’habitants qui n’ont pas  la nationalité française. Il y a même des guyanais qui n’ont pas de papiers français ! La Guyane aurait la possibilité légale d’y remédier que ce serait la première urgence par rapport aux consultations électorales.

Le pourcentage de participation quant à lui est inférieur à 35%.  Or de nombreux jeunes sont inscrits sur les listes électorales automatiquement. Il y a donc une crise de crédibilité de la chose politique. Il y a aussi une situation d’irresponsabilité généralisée entretenue par un système juridico administratif officiel inadapté à nos réalités. Personne ne se sent responsable de rien, à commencer par certains élus. L’exemple de Bertrand est flagrant, dans l’attente de son procès pour corruption, lui ancien législateur et ministre, il demande aux électeurs de voter pour lui !! quel exemple pour la jeunesse de Guyane …

Le fossé entre la politique et le peuple de la Guyane n’était-il pas déjà trop grand ?

Cela dépend de quoi l’on parle. De 1996 à 2003 la population de Guyane  a participé en nombre aux manifestations pour « le Pacte de développement » et le « projet Guyanais ». La France a refusé de consulter les électeurs de Guyane  en décembre 2007 contrairement aux Antilles. Qu’elle aurait été la participation ? Qu’el aurait été le résultat ?

En 2010 ou 2012 les électeurs ont été sollicités  mais dans une consultation piégée par deux questions   à 15 jours d’intervalle. La participation a été nécessairement faible !

Nous sommes vraiment dans un « bengnengnen » politique qui ne favorise pas l’engagement des habitants et des électeurs.

L’attitude des partis politiques et des hommes qui font de la politique en Guyane est-elle en cause ?

Fondamentalement non. C’est davantage un système d’exclusion d’une part importante des habitants. Les politiciens sont un élément du système, ils jouent leur rôle de « bwabwa » et participent à l’irresponsabilité générale. Par contre, quand ils veulent se faire élire eux-mêmes, ils sont capables de promettre la lune et de faire les pires alliances.

Que faut-il revoir ?

Le pays est à l’envers, «  pyé pou tèt », et tout y est en désordre, « tchòkanblòk » !

Il faut changer notre façon de voir et de faire en général, d’abord les militants et leurs organisations. Puis patiemment et sans relâche faire le travail d’éducation politique de notre population tout en démontrant les limites et contradictions d’un système qu’il faut remettre en cause. IL faut aussi, parallèlement, s’entrainer à s’opposer à ce qui ne nous convient pas.

Propos recueillis par JOAN Gilles

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