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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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«D.A.L- Bloublou fini » : pression sur les dirigeants.

12 avril 2012 de Idéal Guyane
Maurice PINDARD.

Mardi 03 Avril 2012, devant le mont Baduel, le vice-président de l’association «D.A.L- Bloublou fini », qui défend le Droit Au Logement (DAL), Patrick Marie-Sainte s’était vu passer les menottes par les forces de la police pour avoir voulu défendre une cause humanitaire.

Maurice PINDARD comment interprétez-vous cette arrestation?

L’arrestation d’un dirigeant d’association en lutte est une pratique habituelle du pouvoir en place. Elle a pour but d’intimider les autres responsables de l’association, impressionner les militants et faire peur à la population qui s’oppose. L’arrestation de dirigeant permet aussi à la police de compléter son fichier sur tous ceux qui contestent l’ordre établi. S’agissant d’une action de résistance entamée, l’arrestation des responsables est une tactique pour déstabiliser la direction d’un mouvement en cours.

Les habitants sont installés et donc présents dans cette zone comme dans d’autres lieux depuis des années, à qui revient la faute ?

Cette question est vaste et difficile à répondre.
Vaste par qu’elle concerne la condition humaine au-delà de toutes considérations de lieu ou d’époque. En effet, de tous temps il y a toujours eu des migrations d’une région vers une autre. Des gens sont toujours venus d’ailleurs pour s’installer dans un autre pays. Et s’agissant de catégories de population pauvres, celles-ci sont en général clandestines et leur habitat spontané, donc illégal par rapport aux lois en vigueur dans le pays.
La question est vaste parce qu’en fait elle interroge le droit de ces populations à vivre dans des conditions dites illégales. La réponse des gouvernants diffère selon l’option qu’ils privilégient. On peut capturer ces personnes et les expulser. On peut fermer les yeux tant que les personnes ne revendiquent aucun droit et si elles le font alors on les expulse. Les autorités peuvent décider aussi de régulariser, au niveau des papiers et/ou des constructions de maisons. En tout cas l’installation de personnes en situation précaire ne relève pas de la faute de l’un ou de l’autre, c’est la réalité humaine qui veut ça, sous toutes les latitudes.

Question difficile aussi parce que l’ambiance générale en Guyane n’est pas à la sagesse ou à l’apaisement. Il y a un fond de xénophobie à l’égard des populations étrangères. Ce climat encourage les raccourcis, les préjugés, les solutions radicales et empêche le dialogue et les solutions consensuelles. Dans l’émission de radio qui a suivi ces évènements un auditeur a même apostrophé le président de l’association Dal-Bloublou fini en lui disant de retourner dans son pays. Dans ces cas-là, on ne peut pas discuter, la porte du bon sens et de la compréhension est fermée à clef.

La seule chose que je peux ajouter est que dans aucun pays faisant référence pour ces autorités on écrase la maison des gens qui ne veulent pas évacuer une zone à risque. Même dans le cas de catastrophe avérée, l’individu a le droit de rester, à ses risques et péril bien sûr, l’autorité ayant pris la précaution de respecter les procédures d’évacuation.

Après quelques jours passés à l’hôtel, des habitants déplacés du mont Baduel se retrouvent dans la rue, sans logement. Alors, quels constats faites-vous de cette incapacité de la Guyane à pouvoir loger ses habitant ? D’où vient le malaise ? Quelles seraient vos actions si vous aviez les commandes du pays pour éradiquer le problème ?

J’ai cru comprendre qu’une famille n’était pas relogée et qu’il n’y avait pas de solution pour elle. Il faudrait vérifier parce que cela parait invraisemblable. Il est clair que si l’on déloge des gens pour un risque imminent il faut pourvoir à leur relogement.
En Guyane de nombreuses personnes ne trouvent pas à se loger. Les listes d’attentes sont longues et il n’y a pas assez d’habitations construites. C’est la politique du logement qui est en cause.
Avoir les commandes du pays dans quelles conditions ? S’il s’agit d’un pays, alors il y a gouvernement et législation adaptée à un pays neuf, sous-peuplé et sous développé. Dans ce cas-là, l’une des solutions est la mise à disposition de parcelles de terre avec des aides à la construction individuelle selon un cahier des charges à respecter.

Le «D.A.L- Bloublou fini », s’est installé sur la région du Maroni ; le travail sera tout aussi difficile que sur l’île de Cayenne. Que leur dîtes-vous ?

Il faut absolument travailler avec les personnes concernées en les aidant à s’organiser. Ne pas aller trop vite et insister sur la formation des responsables d’associations. C’est ensuite en développant leur expérience propre que les mal-logés prendront conscience de leur situation et de leur capacité à changer les choses.

Propos recueillis par Joan Gilles.

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