Un blog pour quoi faire ?

Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

Facebook

La compétition entre les vivants

11 avril 2012 de Idéal Guyane
Predateur3-

Lorsque l’on observe les animaux ou les plantes on constate que ce qui guide leur comportement est la recherche des conditions adaptées à leur survie et à leur reproduction.

Sans pitié les végétaux aux larges feuilles étouffent ceux qui ne peuvent recevoir assez de lumière, les plantes parasites colonisent des arbres sains et vivent à leur dépend jusqu’à les tuer parfois.

Les animaux se divisent en chasseurs et chassés. Chacun développe ses capacités à vivre et à se défendre. La règle générale c’est que la vie de l’un dépend de la mort de l’autre dans une chaine où l’homme se retrouve être le plus grand prédateur.

Quand apparaissent les sociétés humaines la compétition entre les individus existe à l’intérieur de la communauté comme dans les groupes de mammifères, entre mâles pour la conquête des femelles, entre les plus forts et les plus chétifs, les plus malins et les moins doués.

La rivalité apparait aussi entre les groupes humains qui n’ont pas les mêmes ressources. On se fait la guerre pour un territoire plus riche, pour des denrées alimentaires, pour des richesses de toutes natures. Ceux qui en possèdent en veulent davantage, ceux qui n’ont en pas se battent pour en avoir.

Comme les animaux, les hommes agissent principalement en fonction de leurs intérêts individuels ou collectifs. IL semble que les individus et les groupes humains soient surtout motivés par leur survie, leur développement et la reproduction de la famille, du clan, du village,de la ville, du pays ou de la région.

Au fur et à mesure du développement des sciences et techniques, des différences apparaissent entre des catégories d’individus du même groupe. Les producteurs, les commerçants, ceux qui travaillent à leur compte car propriétaires de biens et ceux qui travaillent pour eux. Les rapports marchands se généralisent, tout se vend, tout s’achète.

Dans une même société humaine certains membres vivent du travail des autres, des catégories sociales, des classes sociales apparaissent. Les intérêts des uns deviennent opposés aux intérêts des autres parce que l’un vit du travail de l’autre et en tire bénéfice.

L’exploitation de l’un par l’autre est érigée en système avec des lois et un état garant de la pérennité de l’ordre social établi. Sociétés esclavagistes puis féodales en Afrique, Asie, Europe et plus tard la généralisation de l’esclavage au continent américain sur des bases raciales à une envergure jamais égalée.

Les catégories sociales exploitées se dressent contre les catégories sociales exploiteuses puis contre l’état lui-même qui, de fait, est chargé de maintenir l’exploitation de l’homme sur l’homme.

La notion d’intérêt de classe apparait et s’amplifie avec le système capitaliste par lequel d’énormes profits sont concentrés dans les mains d’une minorité sociale qui est propriétaire des moyens de production, des moyens financiers et qui gère l’état.

Les révoltes sociales éclatent par lesquelles l’une des parties défend sa vie, sa survie et sa reproduction tandis que l’autre cherche à échapper à sa condition sociale d’exploitée.

Dans la société en mouvement les différents acteurs se positionnent en fonction de l’intérêt qu’ils ont à tel ou tel changement.

Dans la société capitaliste mondialisée, les catégories sociales diverses agissent, parfois l’une contre l’autre, de grèves en révoltes. Parallèlement différents courants politiques, issues des différentes classes ou catégories sociales proposent des voies de changement. L’idée du renversement d’une société pour en construire une autre se forme et la révolution sociale se met en marche.

Aujourd’hui on peut déjà faire le bilan des grands changements sociaux intervenus dans plusieurs pays de tous les continents.

A chaque fois, les conflits et leur résolutions se cristallisent sur les intérêts des uns, richesses, ressources, pouvoir par rapport aux intérêts des autres qui essayent de construire un autre ordre social. Tant au niveau d’un pays donné qu’entre différents pays.

En Guyane aussi, nos anciens nous disent que les amérindiens se sont battus pour défendre leurs terres pourvoyeuses de vie puis se sont enfuis dans la forêt pour survivre. Nos anciens nous disent que les esclaves africains déportés en Guyane se sont toujours opposés à l’ordre esclavagiste et n’ont jamais cessé de marronner pour fuir l’exploitation et s’organiser pour la défense de leurs intérêts tandis que les colons aidés par l’état les pourchassaient pour qu’ils reviennent travailler dans leurs plantations ou leurs ateliers à leur profit.
Les travailleurs de Guyane ont rejoint la lutte générale des travailleurs du monde dans une perspective de changement social. Par la lutte sociale et politique ils mettent en avant leurs intérêts de classe contre ceux des propriétaires des usines ou machines.

Parallèlement, dans la société coloniale, apparait la notion de Guyanais ainsi que l’opposition d’intérêt entre la métropole et sa colonie. Cette notion est plus large que la revendication de classe et rassemble tous ceux qui pensent qu’ils ont intérêt à évoluer dans un pays sous autogestion, sous statut spécial, autonome ou indépendant. Le changement statutaire est maintenant officiellement réclamé. L’étape du 74-73 en témoigne.

Ainsi, selon notre réalité de terrien, pendant le temps passé sur la planète, nous devons choisir ou renoncer en pleine conscience, individuelle et collective, selon nos intérêts individuels et collectifs dans la perspective du changement ou du maintien de l’ordre social existant.

Certes, d’autres considérations pourraient éclairer notre choix…

Maurice PINDARD.

Réagir

Post a Comment

Your email is never published or shared. Required fields are marked *

  1.