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Pillages des ressources du pays

27 mars 2012 de Idéal Guyane
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Maurice PINDARD plusieurs instances du pays viennent d’adopter une motion sur le pillage de la ressource halieutique de la Guyane.
Pouvez-vous nous rappeler ce que c’est qu’une motion et en quoi elle engage ses signataires?

Une motion est une prise de décision commune publique sur un sujet particulier. Elle formule une condamnation ou un souhait, un engagement moral de faire ceci ou cela. La motion a surtout une valeur symbolique. Ce n’est pas une délibération de l’assemblée et n’engage pas légalement l’institution. C’est parfois la seule forme qui permet l’expression publique formelle. Mais la valeur reste symbolique.

Depuis bien des années la Guyane se fait piller de tout part, il y a-t-il vraiment une volonté de l’état et des dirigeants politiques guyanais de taper sur la table afin de faire cesser ce pillage ?

La « Doctrine » de l’état français par rapport à ses colonies c’est que celles-ci ne doivent pas se développer. L‘autorité française ne fait donc rien contre le pillage de nos ressources. Au contraire si cela peut lui rapporter elle organise ce pillage pour ses intérêt de grande puissance. Quant à nos élus, pour la plupart ils sont compromis dans des affaires diverses, financières, économiques ou de moralité. Ils ont pris l’habitude confortable de faire semblant de s’indigner et finalement d’accepter. Un élu, président d’une instance française en Guyane me disait : « j’ai desserré ma ceinture, je n’ai pas baissé mon pantalon » ! Pour la majorité de nos élus, ils n’ont pas les moyens de « gorger », ils ont choisi de cautionner le pillage de nos richesses.

Quelles sont d’après vous, les différentes étapes et actions pour éradiquer ce fléau ?

Il faut une véritable école qui forme aux métiers de la pèche afin de guyaniser la filière d’un bout à l’autre. Un inventaire de la ressource et des règles d’exploitation qui permettent son renouvellement. Il faut enfin un ensemble de textes règlementaires qui donnent le cadre légal de la protection des ressources halieutiques à tout moment de la chaine production-commercialisation.
Nous nous heurtons tout de suite à la règlementation française et européenne. Et, comme les électeurs guyanais ont choisi de rester dans le droit commun de l’article 73, il faudra donc que les assemblées demandent une série de dérogations ou habilitations au parlement français.
On peut en déduire que l’une des premières actions serait précisément de changer le cadre légal de l’intervention publique en Guyane, c’est-à-dire sortir du carcan Français et européen pour la création de normes guyanaises, donc sud-américaine.

Propos recueillis par JOAN Gilles.

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