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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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5 morts !

16 juin 2020 de Maurice Pindard
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Maurice Pindard les choses ne vont pas bien du tout dans notre péyi la Guyane qui est dévasté par le Virus COVID19-20.
Pourtant tout semblait aller pour le mieux lorsque l’état français après quelques semaines de confinement déclarait la fin de sa guerre par un déconfinement.
Puis un mois après c’est la catastrophe des infections comme pas possible. Beaucoup accusent une mauvaise gestion des représentants de l’état français en Guyane et d’autres pointent du doigt la population qui n’a fait que suivre des directives du colonisateur.
Alors quel regard portez sur la situation actuelle ?

Maurice Pindard
Après avoir beaucoup écouté et lu, je dirai qu’en fin de compte, la société guyanaise dans son ensemble est en train de subir le mauvais management exclusif de l’état français.
Les autorités guyanaises sont institutionellement incompétentes.
Les élus sont réduits à quémander des réunions de mise au point, écrire des lettres de demandes ou de protestations, faire des vidéos de SOS à l’ARS, comme le maire de Montsinnéry, profiter des émissions radio et télé pour interpeller le préfet et l’ARS ou pour simplement réclamer des informations sur la circulation de la maladie dans leur commune.
Nous sommes sous tutelle y compris pour notre santé !
La société civile s’est organisée, il y a même deux regroupements, Un comité de plusieurs personnalités et un Mayouri de plusieurs organisations, associations, syndicats, partis politiques.
Leur action est une réaction face à la progression de l’épidémie mais elle consiste à dire à la préfecture et à l’ARS de donner les informations, cesser de mentir, tenir compte de leur propositions et agir dans l’intérêt des populations
La société civile s’est organisée aussi pour produire des masques en tissus et en distribuer, dans la limite des moyens des bénévoles.
Le président de la CTG a même réuni un conseil scientifique local à ses côtés, mais ils ne donnent qu’un avis, c’est le préfet et l’ARS qui décident.
Mais malgré tout la préfecture et l’ARS pointe du doigt l’incivisme et la responsabilité de la population.
Alors notre peuple répond
A di nou fot si Kovid-a ka sirkilé bokou konsa ?
A nou ki alé sasé Kovid-a a so koté ?
A nou ki désidé lésé aréopòr-a lovri ?
A nou ki désidé pa fronmen frontyèr-ya ?
A nou ki désidé pa gen roun bon sistenm Santé isi-a?
A nou ki té ka di ki mas-ya té initil ?
A nou ki fè si moun ka fè lacho Lapòs ké Lapréfektir annan mové kondisyon ?
Autant de questions qui pointent la responsabilité des autorités françaises dans la gestion de la crise.
Nous sommes donc obligés de constater que leur management en Guyane n’est pas le bon. Malgré deux mois de confinement, c’est quand ils déconfinent, selon l’ordre de Paris, que le virus se met à circuler activement et que le nombre de cas dépasse le millier en moins d’un mois. Une soixantaine de personnes à l’hôpital et le service de réanimation en situation de débordement ( 11 cas sur les dix lits prévus normalement).
La directrice de l’ARS vient de participer ce lundi 15 juin à un forum sur Radio Pays et pour la première fois elle ne riait pas, la situation est grave, il y aura d’autres morts, on va évacuer des patients aux Antilles ou en France, par précaution. Un deuxième contingent de soignants, infirmiers, médecins va arriver de France dans la semaine. Les équipes en place travaillent à flux tendu. il n’y a pas de traitement pour cette maladie.
Bref, les autorités françaises gèrent la crise sanitaire en Guyane avec la même doctrine et stratégie qu’en France où c’était un échec : 30 000 décès !
Parce qu’il faut dire que les pays européens ont mal géré la crise et que le grand nombre de morts de les gène pas !
De plus dans cette gestion européenne de l’épidémie en Guyane, ils négligent le fait géographique essentiel : nous sommes en Amérique du Sud, nous avons un pays voisin, un géant avec 200 millions habitants qui est en pleine crise du Covid et dans les autres pays du continent la situation n’est pas encore stabilisée.
Dés le début, les autorités françaises n’ont pas fermé la frontière. C’est le Surinam qui a pris l’initiative de bloquer toute intrusion guyanaise sur son territoire. ET le pont sur le brésil a été maintenu ouvert.
Selon la loi française la quarantaine obligatoire dans un lieu dédié n’est pas obligatoire pour les passagers arrivant en Guyane. C’est ainsi que l’on voit certains d’entre eux, se promener, faire leurs courses en propageant le virus sans le savoir. Le port du masque dans les lieux publics n’est pas obligatoire, selon leur loi.
Bref, à l’inverse de tous les pays de notre continent, la France nous impose sa doctrine permissive qui laisse le virus se propager.
Dans aucun pays d’Amérique du sud, d’Asie ou d’Afrique on ne laisse le choix à la population en cas de pandémie avérée. La vie des personnes est le plus important, l’individu est donc obligé de suivre la loi qui est forcément restrictive sur les libertés fondamentales puisqu’il s’agit de sauver des vies !
Quand les gendarmes et policiers laissent les jeunes organiser leurs rencontres sportives et festives, quand chacun peut fait comme il veut, quand on attend que la situation s’aggrave pour prendre quelques mesures, quand de plus on ne traite pas les malades parce qu’il n’y aurait pas de médicament efficace, c’est une gestion tout simplement criminelle.
C’est cette doctrine du pire qui autorise à la directrice de l’ARS à déclarer gravement : il y aura d’autres morts, protégez vous, restez chez vous….
Comme aux temps anciens des épidémies de peste, en plein 21ème siècle, c’est inadmissible.

Alors la réponse à la question est claire : ce n’est pas la population qui est en cause, c’est le mode de gestion à l’européenne, à la française qui est la cause.
Au Surinanm, quand la loi dit non, c’est non ! Reconfinement pour 14 jours, couvre feu, interdiction de rassemblement, un jour de courses par semaine par ordre alphabétique. Quarantaine obligatoire pour tout arrivant. Et personne ne s’avise à transgresser la loi. C’est une question de vie ou de mort, c’est grave, alors on prend les mesures qui s’imposent et l’état se donne les moyens de les faire respecter.
La mort n’est pas une fatalité dans nos pays. Un mort c’est déjà beaucoup, trois, 5 aujourd’hui, c’est trop.
Si l’état français accepte 30 000 morts sans presqu’en parler dans son bilan, c’est leur affaire, ils sont habitués à faire la guerre partout sur la planète comme les autres européens et américains du nord. Ils gèrent la mort sans scrupule, ils sacrifient leurs personnes âgées sans états d’âmes.
C’est leur mode d’existence, ils nous l’imposent sans notre consentement parce que nous sommes sous leur tutelle.
Ils sont responsables et coupables.

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