Un blog pour quoi faire ?

Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

Facebook

Idéal Guyane à Roura, Fin du premier Cycle de Conférence de l’année 2019

30 octobre 2019 de Maurice Pindard
IMG-20191021-WA0036


Devant une petite centaine de personnes, la modératrice ouvrait la séance en présentant les deux associations qui nous ont accompagnés pendant cette première série de conférences de l’année 2019. Il s’agit de « Nou Parépou », qui organise les citoyens pour qu’ils s’engagent dans des actions de résistances économiques et culturelles et de « ESPAL » qui forme des formateurs sur les savoirs populaires et l’apprentissage des langues.

Ensuite l’artiste invité, Lova Dja, originaire de Roura, interprétait trois de ses compositions que le public reprenait en choeur au milieu d’applaudissements nourris.

Enfin le conférencier, Maurice Pindard, exposait le thème en rappelant que l’échange de ce soir concluait une série de 4 conférences tenues successivement à Iracoubo en Juillet, Awala-Yalimapo en Aout, Grand Santi en Septembre et Roura en Octobre. Il précisait que sa démarche consiste à «  planter une parole », dans tout le pays, pour qu’elle parvienne à nos oreilles, fleurisse dans nos coeurs et nous anime sur le chemin de l’émancipation, vers le soleil levant.

Il détailla le sujet de l’Idéal en suggérant que nous agissions pendant le temps passé sur terre au lieu de subir. Il soulignait que nous sommes à l’égal de tous les Hommes, capables de faire bien et mal ; Qu’il ne fallait pas avoir peur de « faire » et de rectifier si nécéssaire, à l’image de tous ceux qui « font » aussi, de part le monde.

Il insista sur la réalité du Rêve, son sens, sa force et donna plusieurs exemples de contributions d’internautes sur ce point.

Il ajouta qu’il s’agissait maintenant « d’ouvrir les yeux » afin de définir nos objectifs après avoir partagé nos rêves de Guyane.

Plusieurs habitants de la commune s’étaient déplacés et au moment de l’échange, ils ont fait part de leur Réve pour Roura et la Guyane. D’autres citoyens avaient fait le déplacement depuis Cayenne et ses environs. Chacun prit la parole « sans barrières ni complexes ».

Rêver que ses petits enfants parlent tous créole, envie de voir plus de résidents à Roura, que les jeunes ne soient plus oisifs aux abord des commerces de proximité, qu’ils trouvent du travail, pratiquent l’abattis ; Que tout le monde se mette ensemble pour réaliser le rêve de Guyane.

Que Roura reprenne vie et que les natifs partis s’installer ailleurs reviennent . Que dans le bourg, la cordialité et le bon voisinage se refasse et se consolide. Envie que Roura s’ouvre de nouveau. Que l’on remette le pont «  anba dégra ». Que l’on s’asseye ensemble, comme par le passé, échanger et réaliser notre rêve commun. Se retrouver, échanger, refaire vivre des espaces où l’on puisse se rencontrer et se parler. Parler de l’évolution de notre commune. En parler à nos enfants qui doivent transmettre cette vision à leur progéniture afin que le rêve se réalise.

Que tout le monde parle les langues du pays, que nous apprenions auprès des anciens. Doyennes et doyen qui ne doivent pas cacher leur savoir.

« Je demande l’unité, ce qui manque en Guyane » s’est exclamé un participant. Il cita une anecdote personnelle, quand il était en France et que certains l’appelaient : « mon frère guyanais », alors que de retour en Guyane les mêmes le désignaient : « endjen -an ». Il concluait en souhaitant que nous soyons uni pour que la Guyane marche debout avec tous les enfants de Guyane.

Une dame fit part d’un rêve qu’elle avait fait après les grandes marches de Mars-Avril 2017. Les habitants de toutes les communes avaient réussi à se relier mains en mains en faisant le tour de la Guyane pour arriver à la CTG ; Ils étaient dans l’air, sur le sol, sur l’eau et leur ronde symbolisait l’unité de notre peuple.

Elle avait rêvé aussi d’un énorme gâteau, découpé en plusieurs morceaux, dont une minuscule part revenait aux guyanais. Elle en conclut qu’il nous fallait inverser les rôles pour bénéficier enfin de la quasi totalité du gâteau.

Une habitante du bourg indiqua que bien qu’elle ne soit pas originaire de Guyane, cela faisait 29 ans qu’elle vivait à Roura et qu’elle exprimait le voeux que les habitants de Roura puissent faire toutes leurs formalités administratives et autres sur place, services publics, pharmacie, médecin, bureau de poste, etc.
Une autre Rouranaise demanda que l’on remettre en place le Dispensaire, qu’il y ait une PMI. Elle dénonce les « Cités Brik à brak ». En Mars-Avril 17, elle a espéré, on nous a trompé dit-elle, cependant elle est prêtre à se mobiliser de nouveau, qu’on lui fasse signe le moment venu.

Un professionnel et passionné de Nature partagea le rêve que les guyanais aient des musées divers, des peuples amérindiens, de l’esclavage, du bagne, etc., véritables outils de diffusion du savoir et de la connaissance. Des aquariums, pour observer la multitude d’animaux et l’extraordinaire diversité biologique de Guyane. Il expliqua comment ces outils pouvaient fournir du travail pour construire les bâtiments, les entretenir, les faire fonctionner, accueillir tout public et comment nos enfants pourraient ainsi avoir des références pour se projeter vers leur future activité d’adulte, animateurs, directeurs, ingénieurs et chercheurs guyanais. Il indiqua que 90% de notre patrimoine est géré par des gens de passage qui n’ont pas la culture du pays. Il prit l’ exemple de la Réserve de Kaw qui pour lui ne devait pas être un espace de jeu, de loisir mais un espace à protéger dont les gens de Kaw, qui y chassent et pêchent devraient en être les gardiens.

Rêves de Guyane, avec la nature et la culture, l’agriculture, les mines à échelle humaine avec des retombée qui nous reviennent… Avoir des élevages d’animaux sauvages. En faire des outils d’éducation.
Tradi pharmacie, dans chaque commune, pour fournir les remèdes et faire la formation des jeunes.

Un habitant de la commune voisine de Régina-Kaw assistait aux débats. Il souhaita que ceux de Roura n’aient pas peur de prendre leur responsabilité. Il indiqua que la peur était un stigmate de l’esclavage. Selon lui, tous ensemble sans distinction de bord politique, les habitants devaient se regrouper et mener des actions pour faire ou « faire faire ». Il évoqua un grand marché, avec des vendeurs venus de tout le pays, ainsi que les Hmong de Cacao, avec une vie et un développement maximum du Bourg de Roura.

Des militants pour l’évolution Statuaire étaient venu écouter la conférence. L’un d’entre eux, très connu, doyen en quelque sorte, fit un plaidoyer en faveur des routes, partout dans le pays, pistes en terre, routes bitumées, de solides structures hospitalière, un CHU, des grandes écoles, une université de pointe, des services publics partout sur tout le territoire, avec surtout le développement économique de la Guyane. « Mais il nous faut un autre statut politique ». Il termina par une phrase célèbre : « Quand on rêve seul c’est une utopie, quand on rêve à plusieurs c’est le début de la réalité ». Sous les applaudissements.

Une autre aussi connue, exposa son rêve d’un centre de Thalasso thérapie à Saut Maripa. Et aussi un grand Centre de retraite sur plusieurs hectares, avec des bungalows formant un village où nos ainés pourraient vivre tranquillement, jardins, médecins, infirmiers, masseurs, afin de tourner la page des actuels Epad. Elle rêva d’une Guyane développée et de la route Bélison- Saül. Une circulation des hommes et des biens d’est en ouest, une agriculture développée. Notre Banque avec notre or comme base de départ pour l’économie de la Guyane. « Je rêve à l’union des guyanais pour que le pays avance » avait-elle conclut.

C’est un compositeur instrumentiste et chanteur très connu qui mettait la dernière touche à ces échanges . Devant les progrès réalisés par les jeunes Artistes primés aux Lindor, il exprima son Immense bonheur. Cela voulait dire que « C’est possible ». Il évoqua une émission avec Lova Dja au cours de laquelle il découvrait des jeunes talents de Guyane, jeune de Maripasoula pilote d’avion, diplômés de HEC (Hautes Etudes Commerciales) qui reviennent et s’installent à St Laurent, des jeunes du pays qui réalisent leurs rêves. Alors le sien c’est qu’il y ait un jour en Guyane des dirigeants qui ne soient plus guidés par leur intérêt électoral et qui aient le courage de dire aux habitants que nous allons faire ce qu’il faut faire, et travailler pour ce que cela se fasse.

Les discussions ont continué encore autour du pot de l’amitié. L’assistance était satisfaite d’avoir participé à un de ces moments de partage si rares dans le pays.

C’est ainsi que s’est achevé la première tournée du deuxième cycle de conférences du Blog Idéal Guyane.
Il convient maintenant de faire le bilan des quatre rencontres, d’en tirer les leçons afin de repartir «  plus haut et plus fort » au début de l’année 2020.

Réagir

Post a Comment

Your email is never published or shared. Required fields are marked *

  1.