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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Idéal Guyane à Grand Santi

10 octobre 2019 de Maurice Pindard
IMG-grand santi

Le 21 septembre 2019? à 20h 30, à cause de la coupure d’eau de 20h, sur la place des fêtes de la commune de Grand Santi, sur le podium, plusieurs chaises étaient mises.

Le groupe Nyu Libi ouvrait la causerie en interprétant quelques danses Awasa.
Ensuite l’association ESPAL qui avait fait le déplacement a présenté ses activités et exposé ses réalisations.
La modératrice donnait alors la parole au conférencier qui exposait les grandes lignes du thème :

« De l’Idéal au Rêve, du Rêve à l’Objectif, Kisa pou nous fè? ».

L’originalité de cette présentation était l’utilisation de plusieurs langues, créole, français, Businenge, afin de permettre à chacun de bien saisir la portée de la démarche et de pouvoir participer pleinement au débat.
Une partie de l’assistance avait accepté d’occuper les places assises et a pu participer au débat. Les autres habitants avaient préféré écouter la conférence tout en restant au pied du podium, ne souhaitant pas intervenir publiquement.
On peut dire que plus d’une cinquantaine de personnes, petits et grands, ont honoré notre déplacement de leur présence. Une petite vingtaine, assise en face du conférencier, a pu partager ses rêves de Guyane.

L’un des participants a souhaité que tous les enfants de Grand Santi puissent aller et réussir à l’école afin d’y revenir et développer la commune. Un autre a évoqué la lecture d’un document statistique qui mentionne que près de 500 enfants de Guyane ne sont pas scolarisés, il a dit que son rêve était que tous les enfants de Guyane aient accès à l’éducation.
Un habitant a souligné que dans le pays chacun a un rêve et qu’après nos différentes rencontres il s’agira de les mettre ensemble pour que tout le monde les partage et qu’ils deviennent « Le Rêve Guyanais ».
Dans une salle de classe, quand on a demandé aux élèves d’imaginer Grand Santi comme une Mégalopole, ils ont demandé au professeur ce que voulait dire ce mot. Il leur a simplement répondu de fermer les yeux et d’imaginer Grand Santi avec tout ce qu’ils souhaiteraient y voir. Les enfants étaient ravis de faire cet exercice.

Le conférencier donna l’exemple du débat à Maripasoula il y a quelques années où on lui demanda instamment d’y revenir pour dire publiquement aux habitants qu’ils ont le droit de rêver.
Une personne a dit son rêve pour la Guyane : que chaque guyanais ait accès à un lopin de terre pour construire sa maison, au lieu de nourrir des frustrations par rapport à ceux qui, par nécessité, squattent sans autorisation. Il raconte la mésaventure qui lui est arrivé quand il est allé demander un terrain au bureau de l’EPAG. On lui a répondu qu’il devait en faire la demande écrite. Il a donc envoyé un courrier. La réponse est arrivé 8 ans après, dans laquelle on lui demande de remplir un dossier de demande !
Quelqu’un a fait part du rêve qu’il a de voir sa Guyane dans le petit écran de sa télé, d’y voir des gens qui lui ressemblent. Et aussi une chaine historique sur l’histoire du pays, un dessin animé sur les héros guyanais, une chaine de télé guyanaise qui raconte notre culture et notre histoire à nos enfants, tous les jours, régulièrement.
A cela une autre personne répondit qu’il ne faut pas attendre que les autres fassent pour nous. Nous avons des choses à raconter, alors montons le projet et faisons-le. Nous ne prenons pas assez d’initiative dans le pays.
Un jeune enseignant nous a fait part de jeux de mots qui avaient cours sur les réseaux sociaux dans son pays, la Guadeloupe. Il nous a dit qu’il fallait utiliser la lettre E, pour Ensemble et non pas E comme Enterrement. Il nous a dit que si l’on met un C devant rêve cela fait Crève, alors que l’on y plaçait un G cela ferait Grève !
Une personne récemment arrivé à Grand Santi exprima le désir que les gens qui dirigent à Cayenne prennent plus souvent la pirogue pour découvrir les réalités du territoire. elle souhaite aussi que les gens de Gran Santi n’aient pas le sentiment d’être dans un petit coin perdu mais qu’ils se fassent connaitre des autres Guyanais. Elle rêve que tous les Guyanais parlent toutes nos langues. Elle même voudrait apprendre à parler la langue.

Un habitant a rêvé qu’il faisait le tour de la Guyane en voiture avec sa famille en partant de Cayenne jusqu’à St Laurent, puis Apatou, Grand Santi, Papaichton, Maripasoula, puis qu’il prenait la transversale pour rejoindre Camopi sur l’Oyapock et qu’il redescendait vers St Georges avant de regagner Cayenne afin de boucler son tour de Guyane par la route. Il rêva aussi d’un TGV qui ferait Cayenne Caracas en passant par St Laurent, Paramaribo au Surinam et Georgetown au Guyana.

Enfin un participant exprima le souhait que les guyanais fassent peuple. Que nous ne soyons pas simplement les uns à coté des autres mais que nous soyons vraiment un peuple, le peuple Guyanais. Pour être fort et réaliser tout ce dont nous venons de parler. Nous l’avons un peu quand même, le sentiment guyanais, sinon nous n’aurions pas pu faire Mars et Avril 2017 ! mais il faut l’arroser un peu encore de temps en temps.

Après ces belles interventions, nous avons prolongé les discussions autour d’un pot de l’amitié auquel se sont joints ceux qui étaient restés à l’écart.

Enfin le groupe Nyu Libi clôturait le moment de partage avec des danses au son du tambour.

Auparavant une habitante que nous avions rencontrée dans les rues de la ville envisageait, comme dans un rêve, la construction d’un pont reliant le bourg à l’île voisine de Stoolman Island.
Lors d’une conversation pendant que nous prenions notre café à la boulangerie, deux jeunes avaient posé la question du rôle des parents dans la transmissions des valeurs aux enfants. L’un deux nous disait qu’il avait réalisé son rêve de revenir travailler à Grand Santi après en être parti pour aller au lycée et avoir obtenu son bac puis son BTS de comptabilité. Il s’efforçait lui aussi de donner à sa progéniture des principes de vie pour qu’ils construisent leur avenir.

L’animateur de la radio locale tenait à faire le bilan de cette visite à Grand Santi avec le conférencier qui lui a précisé qu’il n’avait pas les réponses à toutes les problèmes et interrogations du quotidien des habitants et que le but des échanges étaient que ceux-ci- arrivent à envisager des solutions par eux-mème notamment en se projetant dans leur imaginaire. Nous avons tous le droit de rêver.
Nous avons rappelé aux auditeurs de la radio locale qu’une autre rencontre était programmée pour Roura le 17 Octobre et qu’après, les animateurs du Blog Idéal Guyane feront un premier bilan de cette première série de quatre conférences-débat : Iracoubo, Awala-Yalimapo, Grand Santi et Roura.

Rendez-vous donc à Roura le 17 octobre à 18h.

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