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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Idéal Guyane était à Awala Yalimapo

5 septembre 2019 de Maurice Pindard
ayawande awala3

La deuxième conférence de notre tournée commencée avec Iracoubo le mois dernier s’est tenue à la salle polyvalente de la mairie d’Awala-Yalimapo le 22 août.

Ce sont les femmes du groupe Ayawandu qui ont ouvert la séance vers 18h30 au son du Sampula. Ensuite l’association Nou Parépou présentait ses activités ainsi que l’entreprise Pindjoko qui produit les agendas Guyane et Takari.
Ensuite le modérateur Rodrik Goffick donnait la parole à Maurice Pindard pour une demie-heure sur le thème : de l’Idéal au Rêve, du Rêve à l’Objectif, Kisa Pou Nou Fè.
Devant plus d’une vingtaine de personnes venues principalement de Saint-Laurent du Maroni et de Mana, le conférencier exposa les idées du Blog puis le débat s’installa, au début timide puis rapidement plus animé.
C’est ainsi que l’assistance a pu partager les rêves, les souhaits et les réflexions des uns et des autres.

« Je suis venu parce que j’ait entendu que c’était un débat philosophique. Avoir un idéal, combattre la jalousie et la méchanceté. Régler ça pour pouvoir avancer. Je retiens l’image du soleil levant vers lequel il faut regarder pour aller de l’avant.

Moi, mon rêve c’est qu’un jour les habitants de Guyane gouvernent la Guyane.

Je formule le souhait que nos enfants puissent étudier l’histoire de leur pays à l’école afin qu’ils soient plus fort pour le construire.

Je rêve du jour où les guyanais pourront consommer les produits du pays sans avoir besoin d’acheter les poulets « laglas ».

Moi, je voudrais pourvoir me soigner correctement dans mon pays sans avoir peur à chaque fois que je rentre à l’hôpital. 

Je rêve d’une Guyane métisse, Lagwiyann péy noutout, avec l’homme au centre, l’être humain.

Que les étudiants puissent faire leurs études en Guyane ».

Différents points de vue ont été mis à la discussion. Par exemple sur la définition de ce qu’est le guyanais pour avancer dans le même sens, nous sentir solidaires, nous tous, dans le pays.
Sur la question économique qui devrait être centrale, avec création d’entreprises par les gens d’ici. Sur le développement qui doit être adapté à notre réalité, à notre population pour que le pays se développe différemment.

Une participante a souhaité que les différentes communautés de Guyane se connaissement mieux, qu’il y ait respect et tolérance entre elles afin que tous se sentent guyanais. Que les uns puissent danser au son et rythme de la musique des autres.

Nous en tant que société d’origine africaine, nous devons dépasser la question de l’esclavage et, sans oublier le passé, regarder vers l’avenir sans cette vision passéiste de l’esclavage qui nous empêche d’avancer.

Les gens doivent se parler et être en capacité de se dire les choses même si elles dérangent. Notion de respect et d’estime de soi, d’amour aussi, « faire des enfants ensemble », construire ensemble, se désenclaver mentalement, par le métissage, avec un sentiment fort d’appartenance au territoire, au sentiment guyanais.

Le Rêve et La réalité ont été mis en question : pouvons nous rêver tout en restant connecté à la réalité ? Oui, prendre de temps de rêver mais ne pas rêver tout le temps. Analyser oui, mais avancer surtout et passer à l’action.

L’association Nou parépou a donné l’exemple des actions concrètes qu’elle organise, Aider à la reconstruction de maisons, construction de pistes agricoles, mayouri pour planter et produire.

Il a été souligné l’importance pour les colonisés d’oser rêver, alors que l’on nous a habitué à ne pas avoir de rêves. Oser rêver, ne pas en avoir peur, oser s’organiser pour réaliser ses rêves. Oser croire en ses rêves. Exemple des footballeurs professionnels qui en ont rêvé quand ils étaient jeunes. Nous sommes conditionnés pour ne pas rêver. Il y a des jeunes qui croient en l’agriculture, mêmes s’ils n’ont pas de formation, même s’ils se forment sur le tas, leur rêve c’est de planter pour donner à manger à la Guyane.

Un intervenant précise qu’on coupe nos rêves avec l’argent facile, les logements « cage à poule », parqués sur le littoral. Nous ne connaissons pas nos capacités.

Le vivre ensemble a été réaffirmé, voir l’intérêt général et bannir définitivement le dolo « béf divan bwè bon dlo », c’est à dire le « chacun pour soi ». Les communautés de Guyane vivent encore côte à côte et ne se connaissent pas bien. Il y a nécessité que les guyanais circulent dans tout le pays en allant à la rencontre des uns et des autres, y compris et surtout dans l’intérieur du pays. Nous avons encore des barrières mentales qui nous empêchent encore d’avancer.

Pour terminer, les dames du groupe culturel ont tenu à faire danser l’assemblée au rythme du Sampula. Les chaises ont été retirées et tous les participants à la conférence ont honoré l’invitation dans une ambiance chaude et conviviale.

La troisième rencontre se tiendra à Grand Santi, le 21 Septembre 2019.

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