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A koté nou jenn-yan ka alé ?

29 mars 2012 de Idéal Guyane
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Suicides, meurtres, braquages, drogues, maladies mortelles, sur les routes, sur l’eau, dans la forêt, « fanmkouwonm », un grave désastre touche notre jeunesse aux quatre coins de notre pays; une grande partie de notre jeunesse ne voit plus la porte de sortie.

Maurice PINDARD avez-vous une explication sur cette calamité que j’appellerais le hurlement du désespoir de notre jeunesse?

Il y a plusieurs causes à ce malaise généralisé de notre jeunesse. Je pense d’abord à la famille qui pour des raisons sociales et sociétales est de plus en plus déstructurée, je pense à l’école qui faillit dans sa mission d’éducation, aux médias qui façonnent l’esprit des jeunes et enfin je crois que l’absence de perspectives économiques, travail, logement, salaire, ne permet pas aux jeunes adultes d’envisager leur avenir sereinement. Sans parler du laisser- aller généralisé des instances chargée de protéger la jeunesse des fléaux tels que les drogues et l’alcool.

Est-ce que tout est fait en Guyane pour dans un premier temps déceler et puis par la suite prévenir ce genre de fléau ?

Quelle instance politique réfléchit sur l’état actuel et l’avenir de la société Guyanaise, notamment de sa jeunesse ? Les assemblées locales sont bloquées par les compétences légales que l’état français leur a transférées sans leur en donner les moyens financiers. La politique du RSA consiste à verser le RSA ; la politique des centres de santé consiste à traiter les patients qui y viennent. On traite les affaires courantes. De son côté, La préfecture applique les politiques décrétées de Paris, inadaptées par principes et inopérantes en France même.
Des constats partiels sont faits, ici ou là avec des réactions au coup par coup. Des semaines de prévention de ceci ou de cela.
Mais il n’y pas de réflexion politique générale, il n’y a pas de plan avec des axes de travail, des mesures précises, un calendrier, une évaluation.
Il se peut que dans des associations ou partis politiques le sujet soit abordé, mais en tout cas il n’y a pas de pilote dans l’avion Guyane.

Trouvez-vous que la priorité, pour répondre à cette catastrophe soit donnée sur le terrain politique ?
Sur la question des suicides par exemple ou des meurtres entre jeunes gens, avons-nous entendu une instance qui propose un plan d’urgence ? Tout simplement parce qu’il n’y pas de gouvernement guyanais et pas de majorité politique éclairée qui aurait les moyens de sa politique.

Avez-vous un message pour notre jeunesse ?
Le seul message que je peux délivrer est le message de la responsabilité, de la formation et de l’organisation. La responsabilité veut dire qu’une fois adulte il faut réagir en adulte et prendre ses responsabilités d’adulte. La formation se fait aussi hors de l’école, hors des centres de formation. L’accès à la culture et à l’information est beaucoup plus facile maintenant, les jeunes peuvent y trouver des éléments de reconstruction. L’organisation c’est se prendre en charge, réclamer, mettre en œuvre, ensemble, dans des comités ou des associations. C’est aussi rejoindre les partis politiques qui se battent pour changer fondamentalement la situation générale du pays et leur donner la possibilité d’accéder au pouvoir en votant pour eux.

Propos recueillis par JOAN Gilles

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