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Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

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Poser une parole

5 avril 2017 de Maurice Pindard
lever de soleil montjoly 3

J’ai écrit l’article qui suit en septembre 2016.Je prévoyais un deuxième cycle de Conférences publiques dont le thème était  » du Rêve à l’Objectif ». Plusieurs évènements m’ont obligé à prendre du retard. J’espère pouvoir enfin les tenir après le Mouvement Général qui nous secoue aujourd’hui. Je publie l’article maintenant parce qu’il me semble que nous pouvons être beaucoup plus nombreux à le comprendre, maintenant.

Poser une parole.

Un de mes camarades, originaire de la Martinique, avait séjourné avec toute sa famille pendant plusieurs années en Guyane. Il avait enseigné à Maripasoula, Kourou, puis à St Laurent. Il animait une association des « droits humains »et militait au niveau associatif et politique.
Un jour, il me dit qu ‘il faut « poser une parole ». Nous en avons longuement discuté. En prononçant cette courte phase il faisait le geste de déposer quelque chose sur la table. Poser une parole cela signifiait, pour lui, placer cette parole au milieu de tout le monde, publiquement.

Quelle était cette parole ? Il pensait qu’il fallait unir le peuple Guyanais, réunir ses différentes composantes et n’en oublier aucune.

Il pensait qu’il était urgent que quelqu’un, qui aurait une certaine autorité morale, reconnu ou apprécié, ou alors un parti politique ayant des militant crédibles, bref qu’une Voix s’élève et dise à tous les habitant de notre pays que celui-ci est le leur et qu’ils ont chacun les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Il pensait qu’il fallait faire vite parce le discours officiel, de la préfecture, relayé par certaines personnalités ou associations et par les médias, est un discours de division.

Cette parole serait un flambeau levé éclairant le chemin d’une construction Guyanaise commune.

Il avait cherché alors à donner un sens nouveau au drapeau de la Guyane. Il disait que l’étoile rouge pouvait symboliser une personne debout, les bras ouverts, la pointe du haut représentant la tête et donnant la direction Guyane. Puis en tournant vers la gauche, il donnait à chaque branche, plantée dans le socle jaune de la terre et de nos ressources, les lettres A, B, C comme Améridien, BusiNenge et Créole. Il avait apposé la lettre D à la dernière branche de l’étoile. D pour Domicilié, c’est à dire ceux qui ont élu domicile en Guyane.

Il avait composé un chant dans lequel il louait une vision « Guyaniste » que tous les habitants du pays pourrait adopter.

Et puis, rattrapé par les aléas de la vie, il a dû quitter la Guyane pour prendre mieux soin de sa famille.

En l’écoutant parler, je me souvenais qu’il avait œuvré en Martinique à la création d’une association culturelle très active l’AM4 ( Mi Mès Manmay Matinik) qui avait fait un travail de fond au niveau des anciens et avait restauré notamment le Damier, danse de Combat, art « Martial Martiniquais », le Bèlè et autres danses et chants « Négro martiniquais ».

Nous avions des discutions philosophiques interminables et je respectais sa capacité à épouser notre cause, au plus profond.

Plus tard, après avoir conclu 20 ans de mandat de secrétaire général du MDES, quand je me suis posé la question d’entamer un autre challenge par l’intermédiaire des réseaux sociaux, nos discussions me sont revenues.

Je me suis souvenu d’un échange qui nous avions eu à Maripasoula, dans la nuit, près du fleuve. Il me confiait sa conception de la conviction, de la foi. Il était croyant. Je lui faisais part d’une vision plus « matérialiste », qui ancrait ma détermination dans la réalité des avancées de nos luttes multiformes.

Quand j’ai eu à faire la grève de la faim d’octobre-novembre 2003, il m’avait compris et soutenu. A la fin de ce mouvement symbolique de 13 jours, il était passé prendre de mes nouvelles, il me remit un poème qu’il avait composé pour moi, il m’a tenu les mains, formant une cercle avec celles de sa femme et a fredonné un chant.

J’ai donc réfléchi au sens à donner à ce chemin que je pouvais ouvrir sur le Net. Gilles m’ayant convaincu déjà du formidable outil que représentait ce nouveau média. Mars 2012.

C’est ainsi que je repris l’idée de la parole à poser, en choisissant plutôt de la planter pour qu’elle germe dans nos esprits, fleurisse dans nos cœurs et nous anime sur le chemin. Ce serait tout aussi bien la flamme du flambeau qui éclaire nos pas que le feu du foyer intérieur qui donne vie à nos vies engagées dans le layon.

Imaginant une route par étape j’ai proposé de commencer à examiner l’Idéal, se pencher sur le Rève, en déduire notre Objectif et basculer enfin dans la Réalité.

Ayant bien avancé sur le premier thème, j’ai édité un livret reprenant tous les articles relatifs à ce sujet et j’ai organisé des rencontres aux quatre coins du pays afin de « poser la parole », au milieu de tous, de nous.

Tout d’abord, je reprenais une dédicace que j’avais signé en 2012 lors d’une interview télévisée dans l’émission Politic.fr de Guyane première. J’avais écrit :  » Ce pays est à nous tous, aimons le, respectons le, construisons le ensemble ». C’était la première parole que je posais « sur la table ».

Ensuite je détaillais les paroles des cinq couplets ( comme les 5 branches de l’étoile du drapeau !) de l’Hymne à la Communauté de Destin Guyanaise que l’association Guyane Culture Diffusion avait rendu publique en décembre 2011.

Enfin j’expliquais comment l’analyse de « l’idéal » nous permettait à tous de nous libérer de nos peurs, complexes et ressentiments. Pourquoi nous avions la capacité de nous dresser comme n’importe quel être humain sur terre, comment nous avons vocation à créer les plus belles choses et contribuer alors au génie humain.

Je concluais cette parole en la prolongeant sur le thème du « Rève ». Fermer les yeux et laisser monter en nous les songes libérateurs de nos esprits émancipés.
A la fin des échanges chacun pouvait se procurer le livret.

Depuis, plusieurs amis ont écrit sur la toile, alimentant le blog en relayant leurs rêves de Guyane. je me propose d’éditer une brochure reprenant toutes les contributions sur ce thème.

Alors, vite, vite, que ceux qui veulent nous faire partager leur rêve nous l’envoie.

En effet, Amis Blogueurs, nous arrivons au terme du second tronçon du parcours. Il est temps d’aborder la transition vers l’ « Objectif ».

Se rencontrer, se parler, se comprendre. Nous rassembler autour d’un Idéal commun, partager nos rêves et commencer à tracer notre objectif, en ayant, alors, les deux pieds sur terre, notre terre.

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