Un blog pour quoi faire ?

Après 20 années de secrétariat général au MDES, j’ai l’opportunité de pouvoir exprimer un point de vue personnel relativement pertinent sur le monde, notamment sur notre pays la Guyane. la suite...

Facebook

CTG: le carnaval hors saison de nos élus politiques.

7 octobre 2015 de Idéal Guyane
CTG

Nous nous rapprochons de la CTG qui sera mise en place après les élections de décembre 2015.
Les candidats attendus se déclarent pour tenter de gérer et faire prospérer le « péyi » avec un outil inadéquat. Si l’outil n’est déjà pas adapté à la situation de la Guyane qu’en sera-t-il avec les positions prises par nos soi-disant élites politiques qui changent de position comme on change de vêtements.

Maurice Pindard ne croyez vous pas qu’il sera compliqué pour la guyanaise ou le guyanais de se retrouver dans ce « carnaval politique hors saison » avec des personnalités politiques perdues dans leur positionnement ?

C’est une question difficile.

En premier lieu il faut distinguer parmi les guyanais ceux qui ont le droit de voter ! Cela peut paraître simple, à première vue, mais pourtant non. Ainsi ils sont nombreux, d’origines diverses, guyanais de souche, d’adoption ou de cœur, qui ne possèdent pas la nationalité française et donc ne peuvent pas voter. Il faut noter la proportion des inscrits par rapport à la population 80 000 sur 250 000 soit 32 %. Alors que la proportion est inversée dans la plupart des pays du monde ! En France par exemple il y a près de 40 Millions d’inscrits sur une population de 65 millions soit plus de 60% !! Nous sommes en Guyane dans une situation de non démocratie ! Où le nombre d’inscrits ne représentent pas la majorité de la population, loin s’en faut !! C’est bien sûr la première chose à corriger de la part d’une instance guyanaise souveraine : faire que la majorité des citoyens guyanais soient électeurs.
En deuxième lieu il faut considérer que certains guyanais ont déjà fait leur choix, quelle que soit l’élection. Ce sont les abstentionnistes. Ils sont inscrits sur les listes électorales et ne votent pas. C’est près de 50% à chaque élection de proximité. Une partie d’entre eux agissent par conviction religieuse, confessionnelle ou philosophique. Une autre partie pense que cela ne sert à rien, que tous les hommes politiques sont les mêmes, que rien ne changera etc.

Ce sont donc les autres guyanais électeurs qui auront à faire leur choix, avec une partie des abstentionnistes qui peuvent franchir le pas au fur et à mesure de la campagne.

Sera-t-il compliqué pour eux de choisir un candidat ?

La encore, il faut distinguer plusieurs catégories d’électeurs.
En effet, au fil des différentes élections, les partis traditionnels de notre pays ont instauré en Guyane un système dans lequel seul compte l’avantage personnel, ou pour sa famille, que l’on retirera de l’élection d’un tel ou d’un tel. En d’autres termes, une bonne partie des Guyanais dont tu parles n’auront aucune difficulté à se retrouver. Ils regardent celui qui peut leur donner à aux mêmes ou à leur famille : argent, travail, responsabilité, avantages divers etc… Ils connaissent le truc, ils participent et en ont déjà bénéficié. Ils ont donc trois choix à chaque élection : le candidat de la droite ou de la gauche traditionnelle ainsi que celui du gouvernement français. Comme la droite semble mal partie, il leur reste Mme Berthelot de l’AGEG et du PSG ou Rodolphe Alexandre du pouvoir français.

Certains d’entre eux vont hésiter pour Tien Liong, jusqu’à la dernière minute et leur choix ne sera guidé que par les considérations que j’ai indiqué plus haut : Quel est celui qui a le plus de chance d’être élu pour que, l’ayant soutenu, j’en retire un avantage légitime.

Voici comment raisonne une bonne partie des électeurs guyanais sur tout le territoire. Non seulement des citoyens, mais aussi des élus, maires, conseillers municipaux, actuels conseillers généraux et régionaux qui cherchent à retrouver un poste et les avantages qui vont avec.

Nos lecteurs voient donc qu’il n’y a là aucune approche réellement politique, aucune analyse de programme des candidats, de ce qu’ils ont fait ou feront de bien ou de mal. C’est vraiment de l’opportunisme électoral le plus bas. Malheureusement très courant dans toutes les communes…

Une autre partie des électeurs ne se posent pas non plus de questions. Ils votent pour leur famille, c’est à dire pour le cousin qui est sur telle liste, point !! ou le frère, la sœur, l’ami pour lequel ils ont une dette. Ou encore parce qu’ils aiment la personne ! J’aime bien untel donc je vais voter pour lui. On n’a pas besoin d’autres arguments.

Dans le même ordre d’idée il y a les électeurs qui suivent les directives du chef de famille ou de village qui dicte la liste pour laquelle il faudra voter. On n’a donc pas besoin de se poser la question de qui choisir.

Quelle part d’électeurs reste- t- il alors qui auraient du mal à se retrouver dans le carnaval politique hors saison ????
Je ne sais pas, sont-ils sont la majorité ? !! En tous cas eux, ils auront des difficultés, c’est sûr !!

En effet, les positionnements des personnalités et des forces politiques de Guyane ne répondent généralement pas à une logique politique, ce sont essentiellement des positionnements de circonstances relevant de l’opportunisme politique ou de la confusion idéologique. L’électeur qui cherche à comprendre est donc perdu.

Quels sont les fondamentaux pour le « péyi » dans cette élection ?

Il faut d’abord donner le sens de cette élection. Contrairement à ce qui pourrait se dire, la tenue de l’élection à la CTG ne découle pas, à l’origine, d’une volonté de la France. Cette élection est le résultat des luttes du peuple guyanais. Bien sûr personne ne le dit ! Comme personne ne dit que les véritables acteurs de la création de l’université de Guyane sont les étudiants, professeurs et populations qui ont manifesté pendant plusieurs semaines !

J’entends dire que la France voulait une réforme pour ses territoires alors elle l’a étendue en Guyane et en Martinique, c’est tout !!

Non ! Si il n’y avait pas eu Novembre 96 il n’y aurait pas eu d’états Généraux en 98, de Pacte de développement en 99, de projet Guyanais en 2001, de consultation avortée en 2003, de reprise de flambeau par les instances guyanaises élus en 2004-2006, de consultation populaire effective en 2010 et d’élection à la CTG en décembre 2015 !!

Il convient d’ajouter aussi que c’est dans la rue, sous l’impulsion du KPNDL ( Komité Pou Nou Démaré Lagwiyann) qu’ont eu lieu les avancées décisives, notamment les premières négociations guyano françaises de notre histoire sur la base de documents politiques élaborés et votés en congrès des élus guyanais ( 1999-2003).

c’est pourquoi tous les citoyens qui militent d’une manière ou d’une autre pour l’émancipation de notre peuple doivent considérer ce vote de décembre comme le premier pas, minime soit-il, dans le long chemin vers la Responsabilité Guyanaise Entière.

Ce qui implique bien sûr d’accorder une attention particulière, cette-fois ci, à l’équipe qu’il faudra mettre en place, afin qu’elle utilise la dynamique de la CTG dans le sens de l’histoire.

Il n’y aura plus qu’une seule instance Guyanaise. Elle pourra concentrer et rendre plus efficaces les moyens des deux anciennes collectivités, Région et Département, dans une seule volonté politique, vers le développement, en faisant toutes les demandes d’habilitations et d’adaptations législatives d’un seul bloc et en restant ferme et unie face aux tentatives de sabordage de la préfecture.

Il faut donc des candidats sérieux, qui ne « zinzolent » pas !!

Comment aider un jeune qui se rendra pour la première fois dans l’isoloir à faire un choix correct ?

C’est effectivement la question essentielle que je traduis ainsi : comment aider un jeune, ou un moins jeune, à choisir des candidats à la hauteur de l’événement. Des Candidats qui ne « zinzolent » pas. Le terme créole « zinzoler » voulant dire « changer de position selon le vent, bref l’opportunisme politique ».

Tout d’abord il y a les considérations générales de fond, ensuite l’analyse des alliances et groupements de circonstances ainsi que leurs leaders, toujours dans le but d’éliminer les « zinzoleurs ».
Enfin, le jeune doit faire l’effort d’interroger la situation du pays et ses convictions personnelles pour son évolution.
Il choisira alors la liste et les candidats les meilleurs pour notre peuple.

En premier lieu donc, les quatre critères suivants : que dit le candidat, que fait le candidat, qu’a-t-il déjà fait ou dit, qui représente-t-il en fait.

On aura compris, d’abord analyser les programmes, les professions de foi, les tracts et déclarations. Bref, quels sont les discours, les thèses, des uns et des autres candidats à l’élection. Je parle bien sur des têtes de listes et des leaders des partis. Ainsi on pourra distinguer celui qui propose de créer une centrale nucléaire ou d’éradiquer les papillons cendres de celui qui propose la réfection de la route Bélison -Saul et de son prolongement jusqu’à Maripasoula.

Il s’agit ensuite d’interroger la pratique du candidat. Plus précisément sa pratique sociale. C’est -à dire que l’électeur doit chercher à savoir ce que fait le candidat en direction ou en faveur de son peuple. Est-il un bénévole d’association caritative, œuvre-t-il dans le sport, est-il un militant politique engagé, quelle cause défend-t-il, comment. Est-un syndicaliste ? Vit- il de la politique ? Quels sont ses mandats actuels. Etc. Ces observations permettront à l’électeur de distinguer le candidat qui cherche à servir son peuple par rapport à celui qui cherche à se servir d’abord. S’il il s’agit de quelqu’un qui a déjà eu l’occasion de diriger une collectivité, il faut chercher à savoir ce qu’il a fait pour le développement réel du pays. Par exemple combien de lycées a-t-il construit pendant sa mandature ? Où comment a évolué la courbe du chômage sous son règne. On pourra ainsi éliminer les « parleurs » et les « prometteurs ».

Le troisième point est très important et demande un certain effort à l’électeur. C’est chercher à connaître un peu de l’histoire politique du candidat à l’élection. ET c’est là que l’on découvre l’opportunisme le plus cynique. C’est à dire que certains candidats n’ont plus de scrupules, de retenue, d honnêteté politique. J’étais de gauche mais je vote à droite, je suis dans un parti mais je suis sur une liste contre lui, hier j’étais avec elle aujourd’hui je la combat. ON découvre aussi les alliances souterraines guidées par on ne sait quel « Ordre » ! Je t’ai aidé à la dernière élection en ne faisant pas campagne contre toi, aujourd’hui tu me rends service. Nous sommes de même obédience et l’un aide l’autre, etc. On découvre que finalement le gouvernement français, de droite ou de gauche, n’a qu’un seul candidat en Guyane, en colonie, c’est celui qui est le plus manipulable ! C’est tout, au mépris de tout affichage politique déclaré !

Enfin il reste un point délicat et pourtant capital. Qui y a t il derrière le candidat ? De qui est il le porte parole ? Qui représente t-il ? On regarde les personnalités qui gravitent autour, celles qui financent, qui s’affichent ou soutiennent en sourdine. C’est cette analyse qui permet de distinguer le candidat des intérêts de la France en Guyane de celui qui parle au nom du peuple guyanais. Ceux qui représentent des lobbies ou groupes d’intérêts par rapport à ceux qui ne sont sous l’influence de personne.

Après cette revue générale, il faut s’arrêter sur les alliances et regroupements à l’occasion de ce scrutin précisément.

La candidate de l’AGEG- PSG n’est soutenue en fait que par une partie du PSG qui éclate en trois morceaux. Ceux de la Secrétaire générale qui appuient Mme Berthelot. Ceux qui soutiennent La Maire de Cayenne, principale soutien du président du Conseil Général et ceux qui ont rejoint le leader de Guyane 73 transformée pour l’occasion en Guyane Rassemblement, dont l’ancienne secrétaire générale du PSG elle-même, Marie Claude Verdan !!
Autour de Guyane Rassemblement, on trouve aussi le sénateur maire de Mana, pourtant apparenté PS en France et traditionnel allié du PSG et notoirement de la députée Berthelot ! Celle-ci n’est pas soutenue par la section PS locale qui prétend qu’elle n’a pas payé ses cotisations alors qu’elle jure qu’elle a sa carte au PS « national » ! Ces messieurs ont rallié le leader 73iste de Guyane Rassemblement, Rodolphe Alexandre, actuel président du Conseil Régional, celui qui vote Sarkozy tout en se prétendant « de Gauche », créateur du slogan victorieux à la consultation populaire de 2010 :« nou panko paré », nous ne sommes pas encore prêts !

Que fera le Sénateur Karam, soutenu au deuxième tour des sénatoriales par Mme Berthelot ?? lui, ancien secrétaire général du PSG, qui ne fit pas campagne, en 2010, pour le candidat de son parti ? Permettant ainsi la victoire d’Alexandre soutenu par Sarkozy !!

Au fur et à mesure que l’on s’approchera de la date du 6 décembre, d’autres surprises sont à venir. Il faudra en tenir compte

Enfin, s’interroger sur la situation du pays, c’est conclure qu’il est plongé dans une crise économique et sociale généralisée au point que ce sont les patrons, leur organisation professionnelle (MEDEF) en tête , qui défilent dans les rues et bloquent les administrations !! Tandis que les intérêts européens en Guyane, la Base spatiale, accumulent succès et profits !!

Alors, et pour ne pas être plus long, je dois dire qu‘être électeur n’est donc pas une tache facile. Si l’on veut que son bulletin pèse de tout son poids. Si l’on veut être responsable de son choix et ne pas choisir aveuglément un ami, le candidat de papa ou du chef coutumier. Si on veut regarder non pas son intérêt égoïste mais celui de son pays. Si l’on refuse de cautionner les « Zinzolements » politiques. Si l’on ne veut pas dire demain « je me suis trompé », le vote n’ayant pas de « marche arrière ».

Il faut prendre son temps et étudier soigneusement les listes en présence. Il y en a, parmi elles, celle-ci ou celle-là, qui se détache des autres et correspond à un choix d’avenir, sachons lui donner sa chance, pour notre pays et ses enfants.

Idéal Guyane.

Réagir

Post a Comment

Your email is never published or shared. Required fields are marked *

  1.